Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewvendredi 16 juillet 2010 à 09h45

"Le gouvernement ne doit pas négliger l'immobilier ancien"


René Pallincourt
René Pallincourt
René Pallincourt (©dr)

René Pallincourt est président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) depuis 2004. Pour LaVieImmo.com, il revient sur la réforme en cours des aides à l’accession à la propriété, insistant à nouveau sur la nécessité de soutenir les transactions dans l’ancien. Il évoque également la question de la fiabilité des statistiques immobilières.

(LaVieImmo.com) - La réforme des aides au logement devrait passer par une suppression du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts, mais un maintien du prêt à taux zéro, dont vous avez à plusieurs reprises demandé le maintien dans l’ancien. Cette perspective vous satisfait-elle ?

René Pallincourt : On lit beaucoup de choses sur cette réforme, mais rien d’officiel ne sera annoncé avant la rentrée de septembre. Est-ce que la déduction des intérêts d’emprunt sera effectivement supprimée ? Personne n’est encore en mesure de le dire… Même s’il n’est pas prolongé après le 31 décembre, le dispositif continuera de fonctionner pour les personnes qui auront acheté leur résidence principale avant cette date, et ce pour une durée totale de cinq ans. Autrement dit, l’Etat est engagé jusqu’à fin 2014, au moins. Il me semble important de le préciser, car cela signifie qu’on ne va pas se retrouver dans une situation de transfert de fonds d’un dispositif supprimé vers un autre, mais avec un dispositif qui continuera à coûter très cher à l’Etat, même s’il n’existe plus pour de nouvelles opérations. Cela ne va pas vraiment dans le sens de la recherche d’économies annoncé par le ministère…

Et concernant le prêt à taux zéro ?

René Pallincourt : Là non plus, on ne dispose encore d’aucun élément précis, même s’il est vraisemblable que le PTZ sera élargi aux secondo-accédants. Une inconnue de taille subsiste : le dispositif sera-t-il maintenu dans l’ancien ou bien limité aux seules opérations en immobilier neuf ? Cette seconde solution serait particulièrement dommageable. Nous avons beaucoup insisté là-dessus récemment mais c’est un point qui nous semble essentiel : le marché a besoin d’un PTZ dans l’ancien. Je répète les chiffres sur lesquels nous avons déjà communiqué : sur les 220 000 prêts à taux zéro accordés l’année dernière, 150 000 se sont faits dans l’ancien, et 80 % de ces prêts là ont permis le financement d’opérations immobilières en zone A, là où les besoins en logements sont les plus importants. Le gouvernement veut-il une France de propriétaires ou non ? Si oui, il doit actionner le levier du marché de l’ancien et mettre en place un PTZ efficace. Si en revanche il se satisfait des 58 % de propriétaires actuels, alors il peut se contenter de soutenir un immobilier neuf dont on sait pertinemment qu’il ne tire son épingle du jeu que grâce à l’investissement locatif et au succès du dispositif Scellier. Il y a très peu de primo-accédants dans le neuf.

Vous avez récemment fait état d’une stabilisation des prix de l’immobilier au premier semestre 2010. Le réseau Century 21, lui, observe une nette progression du marché. Comment expliquez-vous une telle différence ?

René Pallincourt : Je ne me l’explique pas ! Ce n’est pas que je ne veux pas me l’expliquer, j’ai été très surpris par les chiffres de Century 21, et nous avons tous intérêt à comprendre ces différences. J’ai d’ailleurs contacté Laurent Vimont [le président du réseau Century 21, NDLR], avec qui j’ai les meilleures relations, et nous avons prévu de travailler ensemble sur la question. La seule chose que je peux dire pour le moment, c’est que j’ai confiance dans la qualité de notre observatoire, mis en place en 1995 et élaboré par Michel Mouillart, professeur d’économie à l'Université de Paris X et spécialiste en économie du logement. Il totalise un million de références de biens vendus et s'enrichit chaque année d’environ 60 000 nouvelles références, soit un échantillon représentatif de plus de 10 % du marché. Dans le cadre de la réforme des statistiques immobilières entreprise par le gouvernement, nous avons fait auditer notre base de données par le Conseil national de l’information statistique (CNIS), et demandé à ce que notre méthode soit étalonnée. Je suis impatient de connaître les résultats.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 22/07/2010 à 14:34 par FRAN

    Mr "LEREALISTE" devrait revoir son orthographe et sa grammaire .....

  • 0 Reco 19/07/2010 à 08:12 par LEREALISTE

    IMMOBILIER ANCIEN ??EN FRANCE DES VILLAGES ENTIER ABANDONER???QUI POURISSE??ALOR QUIL SUFIRAIS DE RETAPER LES MAISONS ET DE LES LOUER??DES MAISONS EN PIERRRES DE TAILLE??LAISSER A LABANDON FAUTE DE D'ERITIER????DONC LETAT POURAIS REPERTORIER CE CAPITAL ET LE FAIRE FRUCTIFIER??CET TOUT BENEFF???PUISQUE PAS DERITIER???AU LIEUX DE CELA TOUT ET LAISSER A LABANDON???JAI COMPTER PLUS DE 35.MAISONS LAIS?


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