Interview
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InterviewInterviewlundi 18 octobre 2010 à 17h43

"Le logement neuf continue de discuter avec le gouvernement"


Laurent Escobar
Laurent Escobar
Laurent Escobar (©dr)

Laurent Escobar est directeur associé de la société Adéquation, qui a récemment réuni les quatre principaux acteurs du logement neuf à Lyon, pour une table ronde sur le thème de la « Réforme des aides gouvernementales : facteurs-clés d’un développement durable dans le logement neuf ? Diagnostic national et déclinaisons locales ». Pour LaVieImmo.com, il revient sur les grandes lignes de cette rencontre.

(LaVieImmo.com) - Vous avez réuni Thierry Repentin, président de l’Unions sociale pour l’habitat (USH), Pascale Poirot, présidente du Syndicat national des professionnels de l’aménagement et du lotissement (SNAL), Marc Pigeon, président de la Fédération des promoteurs-constructeurs (FPC), et Dominique Duperret, secrétaire général de l’Union des maisons françaises (UMF). Comment vous est venue l’idée d’une telle table ronde ?

Laurent Escobar : Elle est née d'un constat très simple : jamais auparavant les quatre principaux acteurs du logement neuf en France n’avaient été réunis pour discuter en public. Ils se connaissent pourtant tous très bien puisqu’ils ont travaillé ensemble dans le cadre des états généraux du logement, et que le secrétariat d’Etat au Logement leur a demandé leur avis consultatif sur le train de réforme des aides à l’accession à la propriété en cours. Néanmoins, quand ils s’expriment, c’est toujours séparément, chacun au nom de sa fédération - au mieux en binôme sur de rares sujets. Nous avons souhaité remédier à cette situation.

S’expriment-ils d’une même voix ?

Laurent Escobar : Leurs avis convergent sur un certain nombre de points, mais ils ne sont bien évidemment pas d’accord sur tout. Prenons l’exemple du futur prêt à taux zéro, le PTZ+. Les quatre fédérations étaient unanimes sur la nécessité de supprimer la déductibilité des intérêts d’emprunt, une mesure qui a fait ses preuves en termes de pouvoir d’achat, mais qui n’a jamais vraiment servi de déclencheur d’achat dans le neuf.

Le PTZ+ est-il accueilli avec enthousiasme par tous ?

Laurent Escobar : C’est précisément l’un des points sur lesquels les quatre organismes ne sont pas d’accord. Tous ont appelé de leurs voeux la mise en place d’un système plus efficace de soutien de la solvabilité des ménages, principalement des classes moyennes. Mais si la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC) est satisfaite du PTZ+ tel qu’il a été présenté, l’Union sociale pour l’habitat (USH) remet en cause le principe d’universalité du dispositif, et regrette que l’effort ne soit pas plus important pour solvabiliser les classes moyennes basses. La zone C regroupe des territoires où travaillent et résident près de la moitié des accédants à la propriété identifiés sur la période 1999/2006. Or, le PTZ+ met l’accent sur les zones A et B1, au détriment des zones B2 et C, moins urbaines. Si cela ne gêne pas vraiment la FPC, qui construit majoritairement dans les zones A et B1, cette dichotomie est vivement dénoncée par les autres fédérations. L’USH, L’Union des maisons françaises (UMF) et le Syndicat national des professionnels de l’aménagement et du lotissement (SNAL) souhaitent tous que le gouvernement commence à raisonner en termes de projets plutôt que de zones géographiques.

Un vœu qui n’a guère de chance d’être exaucé

Laurent Escobar : Tout n’est pas joué ! Les concertations sont clauses, mais les différentes fédérations continuent à négocier, à essayer de se faire entendre du cabinet de Benoist Apparu, même si, en raison de la difficulté à réformer un système aussi complexe et aux enjeux politiques impliqués, ces mêmes fédération n’attendent pas de véritable réforme avant les élections de 2012… Mais les discussions se poursuivent sur d’autres thèmes directement liés à ceux déjà abordés. Depuis la rentrée, le secrétariat d’Etat au Logement a créé quatre groupes de travail sur l’urbanisme, auxquels les quatre fédérations participent, avec d’autres intervenants. Il s’agit notamment de réfléchir à la fiscalité du foncier ou à la certification du système d’urbanisme. Car mettre des aides à l’accession en place ne sert à rien si on n’est pas capable de proposer des terrains en nombre suffisants, et au bon prix pour y construire les logements qu’on s’est engagé à produire.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 18/10/2010 à 20:10 par Arrêtonslesgrossesbêtises

    STOP aux aides pour l'immo !!!


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