Interview
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InterviewInterviewvendredi 21 mars 2008 à 16h08

"Le marché immobilier reste un marché sain"


(LaVieImmo.com) - Le réseau coopératif L’Adresse compte 390 agences en France. Créé en 1999 à l’initiative de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), il s’est récemment rapproché d'Imogroup. Serge Redon, directeur du réseau, dresse pour Lavieimmo.com le bilan de santé du marché immobilier français, et explique notamment pourquoi il ne croît pas à l’hypothèse d’une baisse des prix.

Lavieimmo.com : Comment décririez-vous le marché immobilier début 2008, et quelles sont vos prévisions pour les prochains mois ?

Serge Redon : Je vais peut-être vous étonner, mais le bilan des trois derniers mois est globalement positif, dans la continuité de ce qu’on a pu observer l’année dernière. Malgré une série d’évènements perturbateurs - on parle beaucoup de la crise des subprimes, mais il ne faut pas oublier les mouvements de grèves de l’automne ni les deux scrutins électoraux du printemps - 2007 s’est révélée être un bon cru pour l’immobilier français. En termes de transactions [nombre moyen de ventes mensuelles, NDLR], les agences du réseau L’Adresse ont fait quasiment aussi bien l’année dernière qu’en 2006, qui était pourtant une année particulièrement faste. Bien sûr, il est encore trop tôt pour dire si cette tendance se poursuivra au cours des prochains mois, mais la nouvelle année a bien démarré, avec un regain assez sensible de l’activité de nos agences.

Lavieimmo.com : Et en termes de prix ?

Serge Redon : Les prix ont arrêté de monter, c’est indéniable, mais je ne crois pas qu’ils baisseront. Cela fait plusieurs mois déjà que l’immobilier français est en phase de stabilisation, un an et demi environ, mais il n’y a pas de raison que la situation se dégrade. On a longtemps considéré que le marché était régi par des cycles périodiques, d’une durée de 10 à 12 ans, et que les phases de baisse succédaient naturellement et simplement aux périodes de hausse. Les prix ayant monté régulièrement, et de manière marquée depuis le milieu des années 1990, il serait logique que nous entrions dans une période d’ajustement. Mais les choses ne sont pas si simples… Contrairement à ce qu’on pouvait observer à Paris à la fin des années 1980, le marché immobilier français est un marché sain, dans lequel les spéculateurs ne jouent qu’un rôle mineur. La demande émane de particuliers qui ne cherchent pas à profiter de la hausse pour s’enrichir mais ont besoin de se loger. Tout porte à croire que cette demande restera soutenue au cours des prochains mois : les fondamentaux économiques sont solides, la pression démographique soutient le marché et les taux d’intérêts restent bas malgré la hausse de l’année dernière.

Lavieimmo.com : L’allongement des délais de transactions ne peut-il pas être interprété comme un signe de retournement ?

Serge Redon : En effet, les délais s’allongent, mais au bout du compte les transactions finissent par aboutir. Je le répète, les particuliers achètent pour se loger : certains décideront de différer leur achat dans l’attente d’une éventuelle baisse des prix, mais ils ne renonceront pas à leur projet.

Lavieimmo.com : Il y a quelques mois, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mettait à jour l’existence de « pratiques commerciales abusives ou anticoncurrentielles » dans le secteur l’immobilier, et recensait des infractions chez 77.5% des agents immobiliers. Comment avez-vous réagi à cette annonce ?

Serge Redon : Cette enquête a fait beaucoup de bruit à l’époque, mais elle n’a finalement pas fait grand mal au secteur. A certaines agences, peut-être, mais alors des agences qui ne faisaient pas leur travail consciencieusement. Parmi les « pratiques » épinglées, certaines étaient effectivement très graves et méritaient d’être signalées et sanctionnées, aucun professionnel sérieux ne pourra dire le contraire. Maintenant la majorité des irrégularités dénoncées relevaient finalement plus d’une question d’appréciation des textes de la part de la DGCCRF que d’une véritable négligence ou volonté de mal faire des agences. Par ailleurs, il y a une chose que je déplore : la Direction des fraudes a fait son enquête et a publié le communiqué que l’on sait sans jamais préciser sur quels critères elle avait sélectionné les agences inspectées. Je pense que la question de la fiabilité de l’échantillon se pose, et qu’il aurait été intéressant d’en savoir plus sur ce point.

Lavieimmo.com : Vous vous êtes récemment exprimé sur la question des parts de marché des agences immobilières…

Serge Redon : La fameuse question des parts de marché ! Une rumeur, particulièrement tenace, affirme que 50% des transactions immobilières réalisées chaque année en France se font directement entre particuliers… Je ne demande qu’à le croire, mais j’aimerais savoir d’où vient ce chiffre, régulièrement brandi comme un trophée par que les spécialistes des transactions entre particuliers, alors qu’il n’existe aucune étude récente sur la question. La dernière a plus de vingt ans. Il s’agit de l’enquête d’opinion « Pulsor », menée par l’UCB qui avait interrogé plusieurs agents immobiliers et notaires sur leur perception du marché… Tout ça n’est pas très sérieux… Il y a un peu moins de deux ans, nous avions commandé une enquête à l’institut TNS Sofres. Menée auprès de 2 000 personnes, celle-ci avait montré que 11% des ventes immobilières avaient lieu entre des particuliers qui se connaissent, qu’ils soient amis, voisins ou de la même famille. Ces transactions sortent du champ d’action des agences. Si on les retire du total, on observe que trois quarts des transactions entre personnes ne se connaissant pas se font par l’intermédiaire d’un professionnel, et que dans 70% des cas les particuliers passent par une agence immobilière.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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