Interview
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InterviewInterviewvendredi 14 septembre 2007 à 15h48

"Le marché immobilier se rééquilibre mais les prix ne baisseront pas", Olivier Eluère, économiste au Crédit Agricole


(LaVieImmo.com) - Olivier Eluère, spécialiste de l'immobilier au Crédit Agricole, donne son opinion sur l'état et les perspectives du marché français.

Lavieimmo.com : Comment définiriez-vous le marché immobilier français ? En quoi la situation actuelle est-elle différente de celle d’il y a un ou deux ans ?

Olivier Eluère : Je dirais que le marché est moins tendu maintenant qu’il y a deux ans. Dans le neuf, le délai d’écoulement des stocks de logements était alors de quatre mois, ce qui est vraiment très bas. Depuis, ce délai n’a cessé de progresser, jusqu’à atteindre huit mois au deuxième trimestre 2007. Ce qui a changé en deux ans, c’est que la demande s’est maintenue à un niveau élevé mais a progressé moins vite que les mises en vente de logements. Bien sûr, on assiste encore ici ou là à des hausses de ventes, mais globalement la demande tend à se stabiliser. Mécaniquement, les stocks remontent et les prix freinent peu à peu.

Lavieimmo.com : Ce qui veut dire qu’on pourrait assister prochainement à des baisses de prix ?

Olivier Eluère : Je ne pense pas, non. Les prix vont certainement finir par se stabiliser et on devrait connaître des hausses quasi-nulles d’ici quelques mois ou trimestres. Je ne dis pas que les prix ne baisseront pas ponctuellement, dans telle ou telle région, mais que le mouvement ne sera ni généralisé ni très marqué. Contrairement à ce qu’on a pu connaître dans les années 90, il n’y a pas de bulle. Nous ne sommes pas en présence d’un marché spéculatif mais au d’un marché que je qualifierais au contraire de raisonnable, avec d’un côté une demande appelée à rester forte, pour des raisons démographiques et sociologiques, et de l’autre une offre qui reste structurellement insuffisante. Si on ajoute à cela la prudence caractéristique des établissements de crédit, on comprend qu’il n’y a pas de raison que les prix chutent.

Lavieimmo.com : A ce propos, n’y a-t-il pas de risque que cette prudence des banques soit encore exacerbée par la crise du « subprime » ? Ne va-t-on pas assister à un resserrement du crédit ?

Olivier Eluère : Ici aussi les chances sont maigres. Le marché du crédit français est un marché prudent. Contrairement aux pays anglo-saxons où c’est la qualité du bien qui définit avant tout l’octroi d’un prêt immobilier, en France les banques n’accordent de prêt qu’à des clients dont elles ont éprouvé la solvabilité. Pour cette raison, il n’y a pas de marché « subprime » en France. Le risque de resserrement existe mais, dans la mesure où l’octroi est déjà sélectif et prudent, il devrait rester limité.

Lavieimmo.com : Les taux augmentent, comment voyez-vous leur évolution ?

Olivier Eluère : Il est difficile de se prononcer sur cette question, même à court terme, en raison de la crise financière et de ses répercussions sur le marché monétaire. Pour un prêt immobilier à taux fixe, le taux effectif global moyen était en moyenne de 4.81% au deuxième trimestre contre 4.49% un an avant et 4.29% fin 2005. La hausse reste modérée mais elle est indéniable. Je pense que les taux de crédit habitat devraient continuer à progresser de manière assez modérée au cours des prochains mois. Tout dépendra de la manière dont se résoudra la crise. L’inconnue est de taille, et nos prévisions sur ce point restent fragiles.   Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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