Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewlundi 3 septembre 2007 à 12h42

"Le marché russe tient une forme olympique", Emin Iskenderov, PDG de l'Hermitage, filiale française du promoteur russe Stroimontage


(LaVieImmo.com) - Pour ce spécialiste de la promotion immobilière, les prix, dopés par les Jeux olympiques d'hiver qui se tiendront au bord de la mer Noire dans sept ans, vont continuer à grimper en Russie.

La ville de Sotchi accueillera les Jeux olympiques d'hiver en 2014. Quel impact cela va-t-il avoir sur le marché immobilier russe ? E. M. A Sotchi, les prix ont commencé à grimper en 2005, au moment de la première annonce de la candidature de la ville pour l'organisation des Jeux. Avant la proclamation du choix définitif, ils avaient déjà pratiquement atteint le niveau de Moscou, s'élevant en moyenne à 2 200 euros le mètre carré dans l'ancien et grimpant à 11 000 euros pour l'immobilier de luxe. Les Jeux olympiques vont permettre dans un premier temps de développer cette région du Caucase, ce qui ne tardera pas à dynamiser le marché dans le reste du pays. Dans la capitale russe, le prix du mètre carré a doublé en deux ans. Les tarifs peuvent-ils continuer à augmenter à ce rythme ? Aujourd'hui, le mètre carré oscille autour de 3 000 euros dans l'ancien et démarre à 2 500 euros dans le neuf. Les programmes de haut de gamme se commercialisent facilement entre 12 000 et 15 000 euros. Les prix vont vraisemblablement progresser moins vite, mais ils sont toujours orientés à la hausse. Une augmentation de 30 % l'an au moins ne semble pas ridicule. Il y a un manque cruel de produits de haut de gamme pour loger la classe dirigeante et la nouvelle bourgeoisie russe (chefs d'entreprise, hommes d'affaires, top managers...). Et puis regardez le marché britannique : avant les Jeux olympiques il était arrivé à maturité et, en l'espace de quelques mois, il est redevenu complètement dynamique. Quels sont aujourd'hui les goûts de la clientèle russe en termes d'immobilier ? Les acquéreurs aisés plébiscitent les programmes neufs. A la fin de l'ère soviétique, les gens ont commencé à acheter de vieux appartements et à les restaurer. Mais le problème, c'est qu'il n'y a pas eu de politique de rénovation globale au niveau des immeubles. Dans la quasi-totalité des cas, les parties communes laissent à désirer. Les Russes ne veulent plus habiter dans un bâtiment mal entretenu, même s'il s'agit d'un très bel appartement. Ils sont devenus très sensibles également à l'homogénéité du voisinage. On assiste donc à un mouvement de revente des appartements anciens ? Exactement. Beaucoup de ceux qui avaient acheté et rénové leur logement dans les années 1990 préfèrent s'installer dans du neuf. Ce sont surtout les étrangers qui animent le marché des biens de caractère à Moscou. Les nouveaux riches préfèrent s'installer dans des bâtiments fonctionnels avec parking et gardiennage dans lesquels ils auront l'assurance de côtoyer des personnes de leur niveau social. Quelles sont les spécificités des programmes neufs en Russie ? Ici, on est très individualiste. Les gens veulent tous un appartement unique dans lequel ils poseront leurs cloisons où bon leur semble. Alors ils achètent des espaces de béton brut. Ensuite ils font venir un décorateur avec lequel ils personnalisent le bien à leur goût. En général, deux à trois années s'écoulent entre la livraison des plateaux et l'entrée dans les lieux. Du coup, nous leur livrons des immeubles avec des parties communes temporaires que nous refaisons lorsque les propriétaires ont fini leurs travaux.

Propos recueillis par Ariane Artinian

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
Donnez votre avis
Vous devez être enregistré pour pouvoir poster sur cet article
(il vous reste 2000 caractères)


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...