Interview
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InterviewInterviewjeudi 11 décembre 2014 à 10h05

"Le pouvoir d'achat immobilier des Français s'est fortement détérioré"


Nicolas Pécourt, directeur de la communication du Crédit Foncier
Nicolas Pécourt, directeur de la communication du Crédit Foncier
Nicolas Pécourt, directeur de la communication du Crédit Foncier (©dr)

En collaboration avec l’université Paris Dauphine, le Crédit Foncier publie une étude consacrée à l’évolution du pouvoir d’achat immobilier des Français entre 1998 et 2010 >>. Reprenant le principe utilisé dans le cadre du baromètre Capacim, ce pouvoir d’achat est mesuré non pas pour une somme donnée, mais en tenant compte de la composition et des besoins en logement des ménages. Entretien avec Nicolas Pécourt, directeur de la communication du Crédit Foncier.

(LaVieImmo.com) - La précédente étude du baromètre Capacim mesurait l’évolution du pouvoir d’achat des Français entre 2007 et 2012. Pourquoi avoir voulu remonter à la fin des années 1990 ?

Nicolas Pécourt : Il nous semblait intéressant de compléter cette première livraison par une étude de plus grande envergure, qui permettrait de mesurer de manière scientifique les effets de l’évolution des prix des logements sur le pouvoir d’achat immobilier des ménages. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur les données « Enquêtes Patrimoine » que l’Insee publie tous les six ans. D’où les trois dates de 1998, 2004 et 2010, qui ont par ailleurs l’avantage de correspondre à trois étapes clé du dernier cycle de hausse des prix. Sans surprise, la dégradation observée est significative. Le mouvement est particulièrement marqué à Paris, où la proportion de ménages pouvant envisager l’acquisition d’un logement est passée en douze ans de 44 à 27 %.

Et en province ?

Nicolas Pécourt : Les effets de la hausse des prix sont, d’une manière générale moins marqués qu’à Paris, même si, en l’espace de douze ans, un peu plus de 40 % des acquéreurs potentiels ont été écartés du marché à Marseille*, 25 % à Lille ou encore 24 % à Lille.

Quel a été l’impact de la baisse des taux sur ce pouvoir d’achat ? N’a-t-il pas compensé la hausse des prix ?

Nicolas Pécourt : Nous n’avons pas isolé le facteur taux, mais la baisse de pouvoir d’achat que l’étude met à jour est d’autant plus flagrante qu’elle tient compte, précisément, de cette baisse significative des taux d’emprunt et de l’allongement des durées d’emprunt.

Vous pointez également de « forts clivages générationnels »…

Nicolas Pécourt : C’est l’autre aspect de l’étude. Alors qu’en 2010, les trois quarts-quarts des 55-60 ans pouvaient acheter un bien immobilier correspondant à leurs besoins, la moitié seulement des 30-35 ans étaient dans cette situation. Nous montrons que ce clivage est d’autant plus fort que les prix sont élevés (particulièrement à Paris, donc), et qu’il s’est creusé avec le temps. La principale explication à cette dégradation réside dans le fait que ceux qui étaient déjà propriétaires en 1998 ont vu la valeur de leur patrimoine progresser avec l’envolée des prix, et ont donc conservé tout au long du cycle un pouvoir d’achat immobilier relativement intact ; les autres ont en revanche subi les effets de la hausse sans pouvoir en profiter.

*de 74 % à 44 %, soit un différentiel de 30 points correspondant à une variation en pourcentage de 42 % exactement

Evolution de la part des ménages pouvant acheter un logement correspondant à leurs besoins

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 17/12/2014 à 10:54 par Robert

    il vient de résumer les courbes de Friggit, qui se fait traiter de guignol depuis plus de 10 ans.

  • 0 Reco 12/12/2014 à 21:35 par Ghislain

    Marrant, ca fait bien une dizaine d'année que c'est le cas, mais bizarrement auparavant cela n 'avait pas l'air d'émouvoir grand monde....

  • 0 Reco 11/12/2014 à 18:20 par Oui MAIS

    Le pouvoir d'achat immobilier des Français s'est amélioré ses 3 dernières années même si le ratrapage est loin d'etre fini : taux très bas historique, érosion des prix...

  • 0 Reco 11/12/2014 à 13:17 par Promprom

    Pas besoin de faire d'étude, la chute de la construction était à prévoir :
    Explosion des prix des terrains impliquant une réduction significative des surface de terrains entrainant à terme promiscuité.
    Augmentation des frais de mutation.
    Norme de construction RT2012 impliquant un surcout de 15% sur la construction et divers contraintes comme le test d'étanchéité facturé 1600 Euro.
    Augmentation de la TVA.
    Augmentation des prix des matériaux chez les fournisseurs pour palier à l'augmentation des charges et des prix des matières premières y compris l'énergie.
    Explosion des taxes d'aménagement à un niveau scandaleux (incluant taxe d'archéologie,...une honte !).
    Taxation des surface dite SHON supérieure aux anciennes surfaces habitables.
    Limitation des prêts bancaires pour les primo accédants.

    Et on s'étonne de la chute des constructions neuves alors que tout cela était parfaitement prévisible...
    Mais il est vrai que nos politiques nationaux et locaux ne voient pas plus loin que le bout de leur nez


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