Interview
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InterviewInterviewvendredi 19 novembre 2010 à 16h01

"Le pouvoir d'achat immobilier n'a pas fini de baisser à Paris"


Christophe du Pontavice
Christophe du Pontavice
Christophe du Pontavice (©dr)

Christophe du Pontavice, président d’Efficity.com, suit depuis près de deux ans les répercussions de l’évolution des prix et des taux d’emprunt sur le pouvoir d’achat immobilier des Parisiens. Celui-ci est actuellement au plus bas, et tout porte à croire qu’il ne remontera pas de sitôt.

(LaVieImmo.com) - Le pouvoir d’achat des Parisiens est revenu à son niveau du début de l’année 2009, en pleine crise de l’immobilier…

Christophe du Pontavice : Nous calculons, en effet, qu’un acheteur parisien qui rembourse une mensualité d’emprunt de 1.500 e peut aujourd’hui faire l’acquisition d’un logement d’une superficie de 42,9 m² en moyenne, contre 46,7 m² en janvier 2010 et 42,4 m² en février 2009, au moment du lancement de notre baromètre. Pourtant, si le pouvoir d’achat immobilier à Paris intra-muros n’a guère évolué en deux ans, la situation a beaucoup changé : les taux d’emprunt on nettement baissé, tandis que les prix qui avaient marqué le pas en 2009, ont fortement remonté, et ont atteint des niveaux record dans plusieurs arrondissements. Le premier phénomène a, en quelque sorte, compensé le second…

Vous anticipez un « retour à la raison » des prix en 2011. Est-ce à dire que le pouvoir d’achat peut se stabiliser ?

Christophe du Pontavice : La hausse des prix est alimentée par la pénurie d’offre de logements. Il n’y a pas de foncier disponible à Paris… Et cette pénurie est d’autant plus criante que la baisse des taux a boosté la demande. On constate néanmoins une légère accalmie, avec des prix stables sur les trois derniers mois dans quatre arrondissements (les 2ème, 4ème, 14ème et 18ème), et même en légère baisse dans deux autres (1er et 13ème). Rien ne permet néanmoins de penser que la tendance va s’infléchir dans les prochains mois. Tout au plus enregistrera-t-on des progressions un peu moins fortes. Du côté des taux, on n’attend pas vraiment de mouvement avant mi-2011, mais des légères hausses ne sont pas à exclure au-delà. Si on croise ces deux évolutions, il semble que le pouvoir d’achat immobilier des Parisiens a plus chances de baisser dans les prochains mois que de progresser.

La tendance est toute autre dans la banlieue parisienne, où vous constatez une progression du pouvoir d’achat des acquéreurs. Ne doit-on pas craindre un « effet de contagion » de Paris vers la banlieue ?

Christophe du Pontavice : A long terme, il est probable que les communes de la petite couronne auront un comportement « parisien ». Pour l’instant, les deux situations sont encore très différentes. La grande couronne, en revanche, devrait garder un aspect plus « provincial », principalement parce qu’on y trouve encore du foncier libre. Paris fait d’ailleurs figure d’exception dans le paysage immobilier français. Nous suivons l’évolution du pouvoir d’achat immobilier dans plusieurs villes, et dans aucune on n’observe cette même envolée des prix qui pèse sur les capacités d’achat des ménages. Même à Lyon, où le marché est à nouveau très dynamique.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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