Interview
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InterviewInterviewmercredi 12 mars 2014 à 09h41

"Les agents immobiliers ont eu raison d'intervenir sur la loi Alur"


Laurent Vimont, président de Century 21
Laurent Vimont, président de Century 21
Laurent Vimont, président de Century 21 (©dr)

Entretien avec Laurent Vimont, président du réseau Century 21.

(LaVieImmo.com) - La note de conjoncture de début d’année de Century 21 évoquait un marché immobilier « en apesanteur ». Cette situation ne porte-t-elle pas les germes d’une baisse des prix ?

Laurent Vimont : Je ne le pense pas. Les dernières semaines ont confirmé l’orientation observée en 2013, avec des volumes de transaction globalement stables et des prix en léger repli. Le marché tourne au ralenti mais il reste soutenu par des taux de crédit historiquement bas. Des taux dont on vient d’ailleurs de voir qu’ils étaient repartis à la baisse en février, et dont rien ne laisse penser qu’ils pourraient connaître une remontée brutale au cours des prochains mois. Je note par ailleurs que l’engouement des particuliers pour l’immobilier ne se dément pas : depuis le début de l’année, nous accueillons chaque mois plus d’un million de visiteurs uniques sur notre site Internet. Le nombre de prospects [clients potentiels renseignant en ligne leurs coordonnées et les détails de leur projet immobilier, ndlr] se maintient. C’est le signe d’un marché, d’une demande, qui se tient.

Vous évoquez le « léger repli » des prix. Votre baromètre fait pourtant état de baisses nettes dans certaines villes…

Estimez votre bien
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Type de bien :

Laurent Vimont : C’est la suite logique du phénomène que nous observons depuis maintenant près de trois ans : les zones économiquement moins dynamiques, qui ont commencé à baisser avant et plus fortement que les autres, connaissent aujourd’hui une certaine accalmie, tandis que les marchés des grandes villes, plus longtemps épargnés, plient plus fortement. Je pense notamment à Paris intra-muros et aux départements des Hauts-de-Seine et du Val-d’Oise, les plus chers d’Île-de-France, qui connaissaient il y a peu de temps encore des hausses de prix à deux chiffres et ont terminé l’année 2013 sur des replis significatifs [-3,9 % pour Paris, -5 % pour les Hauts-de-Seine et -4,4 % pour le Val-d’Oise, ndlr]. La nouveauté, c’est que ces baisses s’inscrivent dans des cycles extrêmement courts.

Maintenant que le projet de loi Alur est voté, pensez-vous qu’il était du ressort des professionnels de l’immobilier de s’opposer, comme ils l’ont fait de manière quasi-unanime, aux projets d’encadrement des loyers ou de garantie universelle des loyers ? Ces deux points ne les concernent finalement qu’assez indirectement…

Laurent Vimont : J’estime au contraire qu’ils concernent l’ensemble du secteur dans la mesure où ils risquaient, du moins dans leur version initiale, d’éloigner les investisseurs particuliers de l’immobilier. Le marché reste fragile et les conséquences d’une politique vécue comme étant trop favorable aux locataires peuvent être très graves. Maintenant, fallait-il se taire ou le faire savoir ? Je ne peux parler qu’en mon nom, mais je ne regrette pas d’être intervenu. La preuve : la version votée en deuxième lecture n’a finalement pas grand-chose à voir avec le projet tel qu’il avait été présenté l’année dernière par Mme Duflot. La garantie universelle des loyers (GUL) en est le parfait exemple : le dispositif ne sera finalement pas obligatoire et l’idée de le financer par une taxe a été abandonnée en cours de route…

Le principe de l’encadrement des loyers dans les zones tendues, lui, a été maintenu. Quel est votre opinion sur le sujet ?

Laurent Vimont : Je continue de penser qu’il s’agit d’une mesure contre-productive. Les chiffres du réseau Century 21 montrent que le marché locatif se régule tout seul, et qu’il n’était pas nécessaire de mettre sur pied une loi qui encadre des loyers qui sont désormais orientés à la baisse sur une large majorité du territoire. Il n’y a qu’un seul moyen de faire baisser durablement les loyers, tout comme les prix des logements, c’est de construire partout où l’offre de logements est déficitaire.

Une enquête de 60 millions de consommateurs a récemment montré que les pratiques discriminatoires étaient encore courantes en immobilier…

Laurent Vimont : Des abus existent et il convient de les sanctionner, je ne dis pas le contraire. Cela dit, je ne pense pas qu’il était nécessaire de faire voter un nouveau texte de loi pour cela. La règle existe, il suffisait de la faire appliquer et de faire sanctionner ceux qui ne la respectent pas par la DGCCRF [Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ndlr]. Concernant ce type de testing, les associations qui les organisent feraient aussi bien de s’intéresser au marché de gré à gré, qui représente peu ou prou la moitié des locations signées dans le pays et pour lequel les abus sont, je le crains, beaucoup plus difficiles à appréhender et à faire sanctionner.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 2 Reco 12/03/2014 à 22:27 par doriandoy

    Pour une fois que les agents interviennent pour autre chose que pousser une porte ou toucher leur commission...


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