Interview
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InterviewInterviewlundi 9 novembre 2015 à 16h36

"Les bailleurs ne sont pas forcément opposés à limiter les loyers"


Jacky Chapelot, président adjoint de la Fnaim
Jacky Chapelot, président adjoint de la Fnaim
Jacky Chapelot, président adjoint de la Fnaim (©dr)

Jacky Chapelot, président adjoint de la Fnaim, revient sur l'action du gouvernement dans le logement. Selon lui, il est important de ne pas concentrer tous les efforts sur le neuf.

(LaVieImmo.com) - Que pensez-vous des annonces de François Hollande pour faciliter l'accession à la propriété, détaillées ce matin par la ministre du Logement Sylvia Pinel ?

Jacky Chapelot : L'annonce de l'élargissement du PTZ à l'ancien en zone C, pour une entrée en vigueur début 2016, est intéressante et son ampleur surprend. Le fait d'étendre ce dispositif à la totalité du territoire est extrêmement important. L'autre bonne nouvelle, c'est que ce prêt pourra monter jusqu'à 40%, contre 18 à 26% actuellement. Enfin, l'ouverture du dispositif passera aussi par 5 années de différé pour toutes les tranches de revenus des bénéficiaires.

Une mesure qui produira donc des effets partout ?

Jacky Chapelot : C'est l'objectif, et notamment dans les zones non-tendues, où contrairement à celles où les prix ont explosé, l'accession à la propriété est encore envisageable raisonnablement. Or bien souvent, il manque quelque chose d'important, je veux parler d'un apport personnel de 10% à 15% qui est le plus souvent exigé par les établissements financiers, contrairement à leur discours officiel qui se veut très ouvert aux primo-accédants. C'est un élément essentiel pour l'obtention d'un prêt et c'est ce que ce nouveau PTZ entend combler. Certains l'accusent d'avoir un effet inflationniste sur les prix, mais ce dispositif peut contribuer à relancer le marché.

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A la location cette fois-ci, et à Paris, que pensez-vous que la mise en place du dispositif Multiloc, qui octroie une prime aux propriétaires parisiens de biens vacants remis à la location avec un faible loyer ?

Jacky Chapelot : C'est la même idée qui est sous-jacente : il s'agit de loger des gens. On tend ici à faire disparaître la distinction entre le locatif privé et le locatif public en incitant les propriétaires à louer à moindre coût. Contrairement à ce que l'on peut entendre, les bailleurs ne sont pas forcément opposés à limiter les loyers. Mais on le comprend, ils se prêtent plus au jeu lorsqu'ils peuvent bénéficier pour cela de contreparties : comme une aide financière ou sur le montant des travaux. C'est ce que prévoit le dispositif Multiloc.

Avez-vous le sentiment que les pouvoirs publics ont pris la mesure des enjeux liés au logement et à l'immobilier ?

Jacky Chapelot : Il semble qu'il y ait une prise de conscience du gouvernement fait que l'immobilier est un secteur majeur. Mais il reste du chemin à parcourir. Par exemple, il n'y a pas que la construction dans le neuf qui soit importante, l'existant l'est aussi. Et là, on voit que beaucoup d'investisseurs se retirent du marché. Sur ce segment, et contrairement au neuf avec le dispositif Pinel, tous les professionnels nous disent que les ventes baissent. Par peur des impayés, de l'encadrement des loyers, mais aussi de la fiscalité locale qui n'a fait que progresser ces dernières années. Et notamment en province, où les taxes sont souvent plus élevées qu'à Paris : il n'est pas rare de devoir s'acquitter de l'équivalent de deux mois de loyer pour payer sa taxe foncière.

Si le gouvernement est déterminé à agir sur le front du logement, il a un autre cheval de bataille, qui est aussi de la Fnaim : la formation des agents immobiliers. Où en est-on de cette réglementation annoncée par la loi Alur ?

Jacky Chapelot : Le décret sur la formation des professionnels de l'immobilier est encore en cours de discussion. Notre fédération, membre du Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières (CNTGI, en charge de chapeauter la profession, Ndlr) se bat pour qu'il y ait des obligations minimales sur la formation. On a besoin de cela, il faut qu'il y ait une montée en compétence, qui se fera via une liste d'organismes de formation agréés.



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Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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