Interview
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InterviewInterviewvendredi 3 décembre 2010 à 09h54

"Les éoliennes urbaines doivent encore faire leurs preuves"


Michel Giry, chef de projet à l'Agence de l'écologie urbaine
Michel Giry, chef de projet à l'Agence de l'écologie urbaine
Michel Giry, chef de projet à l'Agence de l'écologie urbaine (©dr)

Michel Giry, agent territorial et chef de projet à l’Agence de l'Ecologie urbaine, répond à LaVieImmo sur les aménagements éoliens urbains effectués par la ville de Paris, sur les toits de la capitale.

(LaVieImmo.com) - Quelles sont les initiatives qui ont été prises par la Mairie de Paris, en matière d’énergie éolienne ?

Michel Giry : La Mairie de Paris a installé ses premières éoliennes urbaines sur le toit de la Maison de l’Air, dans le quartier de Belleville (20ème). Elles ont été inaugurées le 1er avril 2010, à l’issue d’un chantier qui a duré trois semaines. Celles-ci se présentent sous la forme de petites turbines et se fixent sur une toiture facilement.

Quelles ont été les étapes à respecter ?

Michel Giry : Tout d’abord, il a fallu identifier le site d’accueil. Au début, Montmartre avait été retenu car le quartier réunissait un certain nombre de critères comme le fait d’être surélevé par rapport au reste de la ville, mais la fréquentation touristique a eu raison de ce choix. L’attention s’est alors portée sur la Maison de l’Air, site entièrement dédié à l’air, au vent et disposant d’un espace pédagogique d’exposition de 500 mètres carrés. Puis il a fallu procéder à plusieurs étapes techniques, comme calculer la densité urbaine alentour, évaluer le trajet du vent, et les différentes « pollutions ».

Est-ce que cette énergie est rentable en ville ?

Michel Giry : C’est compliqué. Nous sommes actuellement dans la phase d’ajustement. Le problème du site urbain, c’est que le vent est constamment perturbé et change de vitesse à cause de la hauteur différente des immeubles. Les mini-éoliennes ressentent les perturbations liées au relief immédiat. Nous devons donc actuellement améliorer la production et l’aérodynamisme. Pour l’instant, c’est trop fluctuant.

En quoi est-ce un atout alors ?

Michel Giry : La réception de la population est très bonne. Elles sont petites (1,60 m sur 1,60 m) et niveau bruit, il n’y a aucune nuisance, contrairement à l’image que l’on a de l’éolien. De plus, quand le système est à son rendement optimum, c'est-à-dire environ 3 700 KWh/an, l’énergie produite suffit à l’approvisionnement d’une maison en électricité hors chauffage. Et lorsqu’une partie est revendue à EDF, elle l’est à des tarifs encore très compétitifs. Pour les particuliers, l’éolien est tout à fait utilisable, des progrès sont certes toujours nécessaires, mais si l’on habite en bord de mer ou dans une région venteuse, avec du mistral par exemple, cela peut être avantageux.

La ville de Paris a-t-elle prévu d’autres installations de ces mini éoliennes ?

Michel Giry : Deux autres projets sont en cours. Un à la porte des Lilas (20ème), l’autre à la ZAC de Rungis (13ème). Pour boucler le projet il faut terminer l’étude de gisement éolien, qui comporte le croisement du modèle météorologique, celui de rugosité (circulation à travers les immeubles) ainsi que l'étude du relief.

Propos recueillis par Nastasia Desanti - ©2016 LaVieImmo
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