Interview
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InterviewInterviewvendredi 13 novembre 2009 à 19h00

"Les marchés immobiliers européens ne sortiront pas de la crise au même moment"


François Gagnon
François Gagnon
François Gagnon (©dr)

Comme chaque année à la même époque depuis 2002, ERA Immobilier vient de publier les résultats de sa grande enquête sur « Le marché européen de la transaction immobilière ». François Gagnon, président d’Era France et d’Era Europe, revient pour LaVieImmo.com sur les grandes lignes de cette dernière édition, disponible dans son intégralité sur le site du réseau.

(LaVieImmo.com) - L’étude montre des pays européens inégaux face à la crise immobilières. Comment expliquez-vous cela ?

François Gagnon : Les marchés immobiliers d’Europe se sont grippés courant 2008, dans le sillage de la crise des subprimes qui avait éclaté un an plus tôt aux Etats-Unis. La plupart des pays ont alors connu un coup d’arrêt violent, quasi-simultanément et au terme d’une dizaine d’années d’une activité très soutenue. Mais les similitudes s’arrêtent là. La principale différence réside dans le degré de prudence des banques en matière d’octroi de prêt. Ainsi, les pays où la solvabilité des emprunteurs n’était pas ou peu prise en compte pendant les années fastes connaissent une correction plus sévère qu’ailleurs. Je pense notamment au Royaume-Uni et à l’Irlande, où les prix ont chuté de 10 % en 2008 par rapport à 2007 et où on n’anticipe pas de sortie de crise avant le troisième trimestre de l’année prochaine. A l’inverse, la Suisse, où il est plus difficile d’obtenir un financement, semble avoir déjà renoué avec la hausse, après une simple stabilisation en 2008.

LAVI : Où se situe la France ?

FG : La France occupe une position intermédiaire. Les banques françaises, traditionnellement prudentes, ont encore durci leur politique au second semestre 2008, craignant les répercussions de la crise financière. Cela s’est soldé par une contraction rapide du nombre de transactions, puis des prix. Depuis quelques mois, rassurées sur la question des subprimes, les banques renouent progressivement avec des critères d’octroi de prêts plus conformes à ceux d’avant la crise. La baisse des transactions et des prix se poursuit, mais elle se fait moins vive, et on devrait prochainement assister à une stabilisation du marché. La situation est assez comparable en Allemagne, où le gros de la crise est vraisemblablement passé.

LVI : L’étude n’aborde pas le cas de l’Espagne, qui traverse pourtant l’une des crises les plus violentes d’Europe…

FG : L’étude a été réalisée à partir des données que nous ont fournies nos partenaires dans les différents pays européens. Or en l’espace de deux ans, pas loin de 100 000 agences immobilières ont disparu en Espagne, où nous ne comptons plus qu’une dizaine de collaborateurs… Pas assez pour nous permettre de dégager une tendance de fond. Nous avons donc décidé d’écarter l’Espagne, mais cela n’est que temporaire.

LVI : La Suisse a les prix les plus élevés d’Europe, pour un des taux de propriétaires les plus faibles. Existe-t-il un lien direct entre ces deux variables ?

FG : Pas vraiment… L’exemple suisse est plutôt atypique. Comme nous l’avons vu, la prudence des banques locales a soutenu le niveau des prix. Mais il faut également tenir compte du fait que la possibilité d’acheter un bien immobilier a longtemps été refusée aux non ressortissants suisses. L’ouverture du marché aux étrangers, encore très limitée, est progressivement facilitée, ce qui entraîne une augmentation de la demande, en même temps qu’une progression des prix… et du taux de propriétaires !

LVI : Pour terminer, quelle est la situation dans les anciens pays de l’Est ?

FG : La Bulgarie, la Roumanie et la République tchèque ont connu des corrections très marquées, d’autant plus mal vécues localement qu’aucun de ces trois pays, sortis du communisme il y a une quinzaine d’années, n’a de réelle expérience des cycles immobiliers.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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