Interview
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InterviewInterviewvendredi 4 septembre 2009 à 10h30

"Les prix de l'immobilier devraient baisser de 15 % en moyenne cette année"


(©dr)

(LaVieImmo.com) - Baisse d’activité, fermetures d’agences, évolution des prix… Jean Lavaupot, le directeur exécutif du réseau ERA France décrit pour Lavieimmo.com l’état de santé d’un marché immobilier touché par la crise mais qui devrait prochainement se stabiliser.

Lavieimmo.com : Fin juillet, ERA Immobilier constatait une hausse de 14 % du nombre de transactions signées dans ses agences au mois de juin, en comparaison annuelle. Cette tendance s’est elle poursuivie ?

Jean Lavaupot : En moyenne, les agences du réseau ont bouclé plus de 10 % de ventes en plus en juin et juillet 2009 qu’à la même période de l’année dernière. Nous ne disposons pas encore de toutes les données, mais il semble que l’embellie se soit confirmée en août. L’amélioration est en marche, c’est indéniable. Cependant, affirmer que nous génèrerons plus de chiffre d’affaires cette année qu’en 2008 serait une gageure. A chacun des trois premiers mois de l’année, nous avons enregistré une baisse d’activité de l’ordre de 40 % en moyenne par rapport à un premier trimestre 2008 particulièrement bien orienté. Un frémissement positif est né avec le printemps, mais la machine a mis du temps à se remettre en route et il est vraisemblable que nous n’aurons pas rattrapé ce retard à la fin du semestre.

Lavieimmo.com : Quelles répercussions cela a-t-il sur la taille du réseau ?

Jean Lavaupot : Fin juillet, ERA Immobilier comptait 340 agences, contre 380 un an plus tôt. Soit une baisse de 10 % sur douze mois glissants. Le fait d’être organisé en réseau nous a permis de mieux résister que les agences isolées, notamment grâce à une réallocation de nos budgets de communication vers des actions de marketing direct, afin de soutenir le plus efficacement possible l’activité de nos différents points de vente. L’effort a commencé à payer et nous tablons sur une stabilisation du nombre d’agences dès cet automne, en parallèle avec la reprise de l’activité.

Lavieimmo.com : Où en est-on en termes de prix ? Au début de l’été, vous évoquiez une baisse de 8 % en moyenne nationale sur les cinq premiers mois de l’année…

Jean Lavaupot : La tendance s’est confirmée, et le repli atteignait 11 % fin juillet. Les disparités que nous observions au printemps restent de mise : Paris et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur restent globalement stables, tandis que la province au sens large est plus mal en point. Avec, toujours, des nuances. Sans surprise, les centres-villes résistent mieux que les banlieues éloignées, où les baisses de prix dépassent parfois les 20 %.

Lavieimmo.com : Quelles sont vos prévisions pour les prochains mois ?

Jean Lavaupot : La correction va se poursuivre mais, compte tenu de la reprise d’activité, le mouvement ne s’emballera pas. L’année devrait se terminer sur une baisse de l’ordre de 15 % au maximum en moyenne annuelle. La fourchette sera large, avec des baisses de 20 % et plus dans les villes de moins de 200 000 habitants et une quasi-stabilité à Paris intra-muros et dans les zones très touristiques. L’idée d’un marché immobilier morcelé n’est pas nouvelle, mais elle se vérifie plus que jamais.

Lavieimmo.com : La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) souhaiterait la mise en place de mesures de soutien spécifiques à l’immobilier ancien. Seriez-vous favorable, par exemple, à une extension du doublement du prêt à taux zéro (PTZ) aux acquisitions de logements existants ?

Jean Lavaupot : Je ne suis pas partisan de ce type d’aides gouvernementales. Le marché immobilier se suffit à lui-même et n’a pas besoin de mesures particulières pour s’autoréguler. Le coup de froid de la fin de l’année 2008 est intervenu au terme d’une période d’euphorie de plus de dix ans. Nous connaissons un changement de cycle naturel, et je ne pense pas que des aides temporaires soient souhaitables. En revanche, une piste de réflexion intéressante serait un assouplissement de l’imposition sur les plus-values sur cessions de résidences non principales. Ce type de transactions est exonéré de taxe pour les biens possédés depuis plus de quinze ans. Une réduction de ce délai, à douze, voire dix ans, aurait pour effet de fluidifier le marché. Et pour ne pas se bloquer, c’est précisément de fluidité que l’immobilier a besoin à l’heure actuelle.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

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