Interview
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InterviewInterviewmercredi 16 avril 2008 à 19h30

"Les prix de l'immobilier ne baisseront ni à Paris ni dans la première couronne"


(©LVF 2007)

(LaVieImmo.com) - Jean-Hervé Ruellan, administrateur de la section Paris-Ile-de-France de la Fnaim, revient pour Lavieimmo.com sur le phénomène de « découplage » récemment apparu entre les marchés immobiliers de Paris et la petite couronne d’une part et celui de la grande couronne d’autre part.

Lavieimmo.com : Le marché immobilier immobilier francilien est-il en train de changer ?

Jean-Hervé Ruellan : Cela fait maintenant plus de neuf ans que nous auscultons le marché, et cette dix-huitième édition de notre Observatoire ne traduit pas de changement notable dans la structure du marché immobilier francilien : l’offre de logements reste insuffisante, à Paris intra-muros comme dans les deux couronnes. Ce qui est nouveau en revanche, c’est qu’avec le durcissement assez spectaculaire de la politique d’octroi de prêts immobiliers des banques auquel on assiste depuis plusieurs mois, la demande s’exprime moins facilement qu’avant. Le nombre de biens mis en ventes reste stable, mais les acheteurs solvables, eux, se font beaucoup plus rares.

Sans réelle conséquence sur le marché immobilier de Paris et de la première Couronne, ce nouveau phénomène se traduit par un accroissement marqué des stocks de logements à la vente dans la deuxième couronne. A terme, une baisse des prix de l’immobilier n’est pas à exclure en Seine-et-Marne ou dans l’Essonne.

Lavieimmo.com : Doit-on anticiper une contagion à la première couronne et à Paris ?

Jean-Hervé Ruellan : Non. Ni Paris ni la première Couronne ne sont des marchés de primo-accédants. Dans la plupart des cas, les ménages qui achètent revendent au préalable leur logement et disposent d’au moins la moitié du prix du bien qu’ils souhaitent acheter. Il faudrait une crise très grave pour que les banques refusent de prêter de l’argent à ce type de clientèle !

A Paris et dans la première Couronne, le problème de l’accès au crédit continue à jouer sur les délais de vente. Ceux-ci ont déjà nettement progressé en 2007 (à 72 jours en moyenne dans la région contre une cinquantaine en 2005 et 2006) mais pourraient de nouveau s’allonger cette année.

Quoi qu’il en soit, la demande ne s’assèchera pas, et les prix ne baisseront ni à Paris ni dans la première couronne.

Lavieimmo.com : Les prix ont progressé de 6% en moyenne l’année dernière dans la région. Qu’attendez-vous pour 2008 ?

Jean-Hervé Ruellan : On ne peut pas se permettre de faire des prévisions. Tout au plus peut-on se risquer à parler de tendance. Au premier trimestre, les prix ont gagné entre 3 et 4%, je pense qu’on peut tabler sur une progression de cet ordre en rythme annuel pour 2008.

On l’a vu, le marché francilien reste caractérisé par une offre insuffisante et une demande toujours forte, qui peine à s’exprimer depuis quelques mois en raison d’un accès plus difficile au crédit. Entre cette offre et cette demande il y a les banques. C’est l’accès au crédit qui fait le marché, et l’évolution des prix dépendra de celle de la politique des banques.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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