Interview
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InterviewInterviewvendredi 19 mars 2010 à 09h00

"Les prix de l'immobilier sont en sursis"


Alexandre Mirlicourtois
Alexandre Mirlicourtois
Alexandre Mirlicourtois (©dr)

Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques du cabinet Xerfi, présente à LaVieImmo.com ses dernières prévisions en termes de prix de l'immobilier. Peu impressionné par les annonces de reprise, l'économiste attend une nouvelle légère baisse cette année. Le marché pourrait ensuite se stabiliser, même si le scénario d'un ajustement brutal ne peut être totalement écarté.

(LaVieImmo.com) - La dernière note de conjoncture des Notaires fait état d’une remontée des prix de l’immobilier fin 2009. Cette hausse vous étonne-t-elle ?

Alexandre Mirlicourtois : A vrai dire, plutôt, même si ce sursaut n’est vraisemblablement que passager. Nous estimons que la baisse a repris dès les premières semaines de 2010, et qu’elle se poursuivra jusqu’à l’été. Les prix pourraient ensuite marquer une pause au troisième trimestre, avant de repartir en très légère hausse à l’automne. Sur l’année, nous anticipons un repli minime, de l’ordre de 0,3 %. Ce manque de tendance devrait se poursuivre tout au long de l’année 2011, et nous n’anticipons pas de réel redémarrage avant 2012. Et encore, compte tenu de l'environnement économique, on voit mal comment ce redémarrage pourrait être marqué.

L’année 2010 serait donc celle de la fin de la baisse des prix ?

Alexandre Mirlicourtois : Oui, car le niveau des prix reste artificiellement soutenu par la pénurie de logements. Contrairement à ce qu’on avait pu observer pendant la crise des années 1990, les vendeurs sont, à l’heure actuelle, majoritairement des ménages propriétaires, pas des spéculateurs. Ceux qui ne pouvaient faire autrement ont vendu dans l’urgence, mais la plupart ont préféré attendre des jours meilleurs. Cela a entraîné une chute du nombre de ventes, mais, contrairement à ce qui se passe dans un marché « classique », les prix n’ont pas suivi. Une baisse de 7 % des prix de l’ancien depuis le début de la correction, ce n’est rien…

La situation est-elle viable ?

Alexandre Mirlicourtois : La situation est acceptable en grande partie parce que les taux d’emprunt se maintiennent à un niveau faible et soutiennent la demande. Dans la mesure où la montée du chômage et la faible progression des loyers mettent un grand nombre de ménages dans une situation délicate, le risque de blocage existe et ne doit pas être négligé. Une remontée des taux ou une aggravation de la crise économique, en pesant sur la demande, pourraient précipiter une chute des prix, mais il est difficile de faire des prévisions là-dessus… Après tout, le propre des ajustements brutaux, c’est qu’on ne les voit jamais vraiment venir !

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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