Interview
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InterviewInterviewjeudi 8 décembre 2011 à 17h20

"ll n'y a pas une crise, mais des crises du logement en France"


Jean Perrin, président de l'UNPI
Jean Perrin, président de l'UNPI
Jean Perrin, président de l'UNPI (©dr)

Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) revient pour LaVieImmo.com sur ses 60 propositions destinées à « réorienter en profondeur » la politique du logement, et présentées dans son livre, « Programme pour un ministre du Logement ».

(LaVieImmo.com) - A titre préliminaire, n’y a-t-il pas, dans le titre de votre ouvrage, une petite pierre jetée dans le jardin du secrétariat d’Etat au logement, quand vous utilisez le terme de « ministre du Logement  » ?

Jean Perrin : Bien entendu ! Il y a même deux piques. La première, car au vu de l’importance du logement aujourd’hui, il devrait y avoir un véritable ministère, et non pas un « secrétariat d’Etat ». la seconde est dans le titre même. Car depuis cinquante ans, le logement est en proie, non plus à « une » crise, mais à « des » crises du logement. Aujourd’hui, ce secteur cumule une succession de problèmes : les gens n’arrivent plus à se loger, on construit des logements à des endroits qui n’en ont pas besoin, et on ne construit pas assez là où il le faudrait. Ce n’est pas à un désaveu de Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat au Logement, mais plutôt de l’absence de moyens qui sont mis en œuvre dans ce domaine depuis des années.

Parmi les 60 mesures que vous proposez, figure l’idée d’une construction de logements à bas coût (1 000 euros le mètre carré). Dans le contexte actuel, cela semble difficilement réalisable, non ?

Jean Perrin : cette notion de « logement essentiel », que l’UNPI a forgée, peut être mise en parallèle avec celle des tarifs proposés par les opérateurs « low cost », dans le domaine du marché des transports aériens. Mais attention, par ce vocable, je n’entends pas : « logement bas de gamme ». Ce que l’on remarque aujourd’hui, c’est que la conception d’un logement prend en considération tout un tas de choses qui ne servent à rien. Une pléthore de fonctionnalités qui, in fine, forment un surcoût important. Par exemple, une salle de bains est systématiquement carrelée, or, on peut imaginer que celle-ci soit plutôt bétonnée, ce qui reviendrait bien moins cher. A l'image des parkings, qui malgré la charge de véhicules qu’ils supportent, sont très résistants ! Le coût de la construction, aujourd’hui élevé, peut également être allégé, pourvu que l’on simplifie les normes de construction.

Comment cela ?

Jean Perrin : Sur ce point, les normes d’accessibilité du logement pour les personnes handicapées conduisent à des aberrations, notamment quant à la taille d’une salle de bains. A l’heure actuelle, en effet, dans les plans de construction d’un petit logement, les surfaces des salles de bains et sanitaires et de circulation sont disproportionnées par rapport à celles des pièces de séjour. Voilà pourquoi nous demandons de limiter ces exigences dans le logement, à deux fois le nombre de personnes handicapées Mais, plus généralement, l’UNPI suggère également de supprimer les permis de construire dans les villes. Cela demande des contraintes folles, qui nuisent à la construction. Dans la France d’avant 1945, une telle réglementation n’existait pas. Etait-on si mal à l’époque ? Enfin, je note que ceux qui contournent la législation actuelle voient très peu souvent leur construction détruite, comme la loi l’exige.

Autre mesure symbolique, vous êtes favorable au rachat du logement social par leurs occupants, pour la moitié du parc HLM

Jean Perrin : Oui, nous sommes en faveur d’un système de privatisation de ces logements. Ce qui aurait pour conséquence de responsabiliser les gens, en plus d’augmenter le nombre de propriétaires en France. Le tout, en réduisant la charge de l’Etat. Il est par ailleurs essentiel de maintenir la rénovation urbaine dans les zones qui en ont besoin, nous souhaitons même que son budget passe à 100 milliards d’euros. Enfin, il est nécessaire de réduire les plafonds HLM, afin que les 10 % des ménages - ceux qui en ont réellement besoin -, puissent y accéder, au lieu de 60 % actuellement.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 09/12/2011 à 09:37 par logique_economique

    Un terrain n'a, et ne prend de valeur que par la les investissements(l'etat,no s impots) qui l'entourent. Donc l'etat est en droit de taxer très lourdement les proprios qui ne se servent pas de leur terrain pour construire, car si il y a plus value c'est en fait juste grâce à l'etat.
    Un terrain dans le désert ne vaut rien.

  • 0 Reco 09/12/2011 à 08:22 par Tave

    En somme vous prônez juste le retour en arrière , mr Perrin?

  • 0 Reco 09/12/2011 à 03:19 par antoine

    PS: mideve, je ne parle pas de vous evidemment. Vous vous etes adorables! de plus vous avez de sacrés argupments :)

  • 0 Reco 09/12/2011 à 03:16 par antoine

    tout a fait chere mideve :) tres drole ton intervention. Effectivement, je suis sur que ce monsieur a chez lui une salle de bain en sol beton, et il dort dans le garage!

    ce monsieur ferait mieux d'attaquer les proprios de terrain a batir, qui sont LA CAUSE numero UNE du manque de logement en Ile de France. En ce moment, les proprios ne vendent pas leur terrain car ces pauvres petits vieux ont peur que les banques fassent faillites: quest-ce quils peuvent etre stupides ces proprios ! :))

    Il faut atxer lourdement tous ces vieux et quand ils verront arriver les taxes hyper lourdes, ils les vendront leur terrrain, et a un prix accessible!

    taxez moi ces vieux et autres marchands de bien, qui speculent sur les terrains, de grace!

    Message modéré 09/12/2011 à 05:52

  • 0 Reco 08/12/2011 à 18:52 par midève

    Franchement quel beau programme:
    une salle de bain en béton et pas plus grande qu'un WC
    Pourquoi alors ne pas loger les gens dans des clapiers?


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