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InterviewInterviewmardi 15 mai 2012 à 17h00

"Nous avons besoin d'agents immobiliers mieux formés"


Jean-François Buet, candidat à la présidence de la Fnaim
Jean-François Buet, candidat à la présidence de la Fnaim
Jean-François Buet, candidat à la présidence de la Fnaim (©dr)

Le 25 mai prochain, les adhérents de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) éliront leur nouveau président. Deux candidats sont en lice pour succéder à René Pallincourt, en poste depuis 2004 : Jean-François Buet, secrétaire général de la fédération, et Loïc Cantin, le président de la Fnaim Loire-Atlantique. Nous nous sommes entretenus avec les deux et publions ci-dessous l’interview de M. Buet, qui entend réformer la gouvernance et le mode de communication de l'organisation, et a fait de la formation des agents immobiliers l’un de ses principaux objectifs.

Lisez également l’interview de Loïc Cantin, l’autre candidat.

(LaVieImmo.com) - Vous êtes secrétaire général de la fédération depuis 2004. Si vous êtes élu, comptez-vous poursuivre la même politique que celle menée par René Pallincourt ?

Jean-François Buet : Non. Je suis d’accord avec un certain nombre d’orientations et décisions prises par M. Pallincourt, mais je suis en opposition avec lui depuis plusieurs années sur certains points essentiels : la gouvernance de la fédération, qui est beaucoup trop centralisée et gagnerait à être rendue plus participative, mais aussi son mode de communication, qu’il convient de réformer en profondeur, aussi bien en interne qu’avec l’extérieur. Je pense que nous gagnerions à mieux présenter notre organisation et ses différents métiers, qui restent finalement assez mal connus du grand public.

Au moment de la signature du Livre Blanc des professions immobilières comme des discussions autour du projet de loi Lefebvre, vous avez à plusieurs reprises insisté sur la nécessité de renforcer la formation des agents immobiliers. Diriez-vous qu’ils sont mal formés ?

Jean-François Buet : C’est un fait ! Et c’est probablement sur ce point là que la rupture avec la politique actuelle est la plus forte. Un licencié en droit ou en économie peut devenir agent immobilier, sans pour autant que ses connaissances et ses capacités soient sanctionnées à aucun moment par une formation professionnalisante. Pourtant nos métiers comportent des spécificités techniques très particulières : comment se déroule une assemblée générale de copropriétaires, quels sont les fonctions d’un syndic, comment aider un vendeur à vendre, un bailleur à louer, et dans quelles conditions…

Les réseaux dispensent généralement des formations à leurs employés…

Jean-François Buet : Certes. Mais toutes les agences ne font pas partie d’un réseau, d’une part, et puis ces formations en interne ne sont, souvent, que commerciales. Les professionnels de l’immobilier, comme les assureurs ou les visiteurs médicaux ont su le faire depuis une vingtaine d’années, doivent organiser « la professionnalisation de leur profession ». Par le biais d’une formation initiale diplômante dont les modalités restent à définir, mais aussi de formations continues, par métier, pour les détenteurs de cartes professionnelles et les dirigeants de succursales. Ce n’est qu’en luttant contre la dévalorisation de nos professions que nous les rendront plus efficaces, et plus appréciées de leurs clients.

Pourquoi, selon vous, cette prise de conscience n’a-t-elle pas eu lieu plus tôt ?

Jean-François Buet : Il serait faux de dire que rien n’a été fait. Des systèmes de chartes de qualité ont été mis en place par le passé. Ce n’est évidemment pas suffisant, mais c’est un début. Par ailleurs, cette question de la formation était effectivement au centre du livre Blanc comme des propositions formulées au moment des consultations sur le projet de loi Lefebvre, qui n’a pas abouti – tant mieux étant donné ce qu’il était devenu ! Cela dit, la prise de conscience est effectivement récente. Je pense que la question n’est devenue vraiment incontournable qu’avec le boom immobilier des années 2000 et la très forte progression du nombre de cartes immobilières attribuées. On peut regretter qu’elle ne soit abordée de front que maintenant, mais il n’est certainement pas trop tard.

Quelle est votre position face aux réseaux de mandataires immobiliers ?

Jean-François Buet : L’arrivée parfois massive de mandataires a certainement rendu plus urgente encore cette nécessité de professionnalisation dont nous parlons. Cela dit, je pense qu’on a eu tort d’opposer systématiquement les genres : quand un particulier qui veut vendre son bien ouvre sa porte à un professionnel, il se fiche de savoir si c’est un agent immobilier, un agent commercial ou un indépendant qu’il a affaire. La seule chose qui est importante pour lui, c’est qu’on l’aide à réaliser sa transaction dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible. A nous de faire en sorte que ce soit le cas.

Le mois dernier, René Pallincourt nous confiait son inquiétude de voir le secteur s’en sortir sans aide extérieure de l’Etat. Quelle est votre position sur ce point ?

Jean-François Buet : L’heure étant à la restriction budgétaire, on ne peut pas s’attendre à ce que le secteur bénéficie des mêmes aides que par le passé. Conscient de cet état de fait nous avons mis sur pied « Bail Puissance 3 », un projet de contrat de location garantissant au locataire un loyer inférieur de 30 à 50 % au loyer de marché, tout en permettant au bailleur de déduire la totalité de ses revenus locatifs de ses revenus fonciers. Le dispositif, qui ne coûterait pas un centime à l’Etat, contribuerait en outre à résorber le déficit de logements sociaux sans recourir uniquement à la seule construction neuve, dont on sait qu’elle est insuffisante à couvrir les besoins en la matière. La crise actuelle doit être l’occasion pour les professions immobilières de se réapproprier « le logement ». Je crois qu’on a trop longtemps fait la distinction entre « l’immobilier » (achat, vente, location…) et « le logement », laissé aux seuls bailleurs sociaux. Le secteur privé doit participer à l’effort, il en va de l’intérêt de tout le monde. « Bail Puissance 3 » va dans ce sens, et au vu de l’accueil réservé jusqu’à maintenant par les élus socialistes à qui nous l’avons présenté, j’ai bon espoir qu’il verra le jour prochainement.

Vous parliez un peu plus tôt de communication. Pensez-vous que la Fnaim a vocation à communiquer sur les prix de l’immobilier ?

Jean-François Buet : Sans aucun doute ! Je suis même convaincu qu’il n’y a pas mieux placé qu’un syndicat immobilier pour parler du marché. De l’évolution des prix, bien sûr, mais aussi des volumes de transaction et des spécificités de tel ou tel marché régional. Je n’ai évidemment rien contre le fait que tel ou tel réseau publie ses propres chiffres, mais aucun ne jouit de la même légitimité que la Fnaim et ses 12 000 adhérents répartis sur l’ensemble du territoire. Dans le cadre de la réforme de la communication dont nous parlions plus tôt, je suis même favorable à ce que nous communiquions plus, sur un nombre plus important de sujets, et sans langue de bois.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 2 Reco 16/05/2012 à 15:51 par Igloo

    Giro : tu devrais sortir le nez de ton écran (à se demander ce que tu fais dans la vie pour poster ici comme un maniaque d'ailleurs, bon mais comme je m'en fous un peu, faut avouer, laisses tomber), te promener dans la rue et faire un petit sondage, avec la question suivante : "quelle est votre image des AIs?". Tu comprendrais (peut être) pourquoi même JF Buet fait son mea culpa ici. Je n'insulte pas les AIs, je me contente d'en donner la vision de 99% de ceux qui ont un jour fait appel à leurs "services", du moins pour la grande majorité des AIs. Et je maintiens : de gros bourrins agressifs, à ton image d'ailleurs, juste capables, mais pas toujours, de donner le nombre de pièces du bien qu'ils sont censés vendre. Des commerciaux au rabais, même pas à la hauteur de vendeurs d'aspirateurs dans la grande surface du coin mais qui sont là pour "aider" les gens à faire la dépense la plus importante de leur vie (sic). Pas foutus de rédiger une annonce sérieuse ("Charme atypique", "quartier en devenir", "rafraichissements à prévoir", j'en passe et des meilleurs). Jusqu'à ton post, qui contient les perles habituelles : "agent immobilier c'est un métier fait avec passion et pour le bien être de nos concitoyens." "on n'arrive parfois à monter des dossier pas si simples pour le plus grand bonheur des familles aidées et la satisfaction du devoir accompli tant humainement que professionnellement". A la limite on pourrait en rire si ces incapables n'étaient pas impliqués, avec leurs "conseils" judicieux, dans la décision d'une vie des malheureux qui ont affaire à eux.

    Oui, il est plus que temps de réformer la profession. Oui, il est urgent de virer les crétins et autre rapaces qui ont littéralement pourris limage de la profession. Et l'interview de JF Buet est intéressante, car elle apporte un début de solution. L'avenir passe par une vraie formation, reconnue et homogène sur le territoire, des AIs. En prendre conscience est une excellente chose.

  • 0 Reco 16/05/2012 à 14:36 par Gironimmo

    @Igloo
    Fallait pas sortir de la caverne pour insulter les gens.

    S'il suffisait d'ouvrir des portes cela se saurait mais voilà, agent immobilier c'est un métier fait avec passion et pour le bien être de nos concitoyens.

    Loger nos concitoyens n'est pas chose aisée notamment en temps de crise, mais c'est notre quotidien, n'en déplaise à certains.

    Vente ou location, on n'arrive parfois à monter des dossier pas si simples pour le plus grand bonheur des familles aidées et la satisfaction du devoir accompli tant humainement que professionnellement.

  • 0 Reco 16/05/2012 à 14:31 par Gironimmo

    Les agents immobiliers ne sont ni meilleurs ni pires que les autres professions.

    A une différence près. celui qui estime que la prestation de l'agent immobilier ne lui convient pas pour quelque raison que ce soit, il peut simplement s'en dispenser et acheter ou vendre par lui-même. Bien sûr il convient de ne pas visiter un bien par un AI ou de ne pas faire estimer la valeur de son bien à vendre ou louer par un AI.

    Le choix existe contrairement à d'autres professions où on a pas le choix (tels que banques ou assurances à titre d'exemple...).

    Au lieux de critiquer choisissez, c'est aussi simple et vous ne nuirez pas à autrui gratuitement.

  • 1 Reco 16/05/2012 à 13:27 par Igloo

    Si c'est pas un aveux, ça... Venant de la part d'un candidat à la présidence de la Fnaim, c'est à mourir de rire. Même LUI reconnait que la plupart des AIs ne sont que des ânes batés juste bons à ouvrir des portes. Bon ceci dit, qui s'en serait douté...? Ha ha!!

  • 0 Reco 16/05/2012 à 13:10 par professionnel

    Membre d'un réseau que je ne citerai pas pour ne pas faire de publicité,je témoigne de notre réalité: tous nos collaborateurs suivent obligatoirement une formation de plusieurs semaines dés leur embauche. Par la suite chaque année nous leur proposons un catalogue de formations dans lequel ils peuvent puiser sans retenue (en général ils suivent de 2 à 5 formations par an). Comme dans tous les métiers les erreurs sont sanctionnées. comme dans tous les métiers il y a une majorité de gens respectables et des professionnels qui veulent tirer ce métier vers le haut.

  • 0 Reco 16/05/2012 à 10:24 par escro puissance 3

    "ca coute rien à l'etat" pas la peine d'en lire plus, ca sent l'arnaque.

    Depuis quand les bailleur sont philanthrope? Lool.
    Cette bande d’escrocs veulent rentabiliser leur investissement en ne payant pas d'impot mais à par ca c'est pas les contribuables qui payent!

    escro puissance 3
    escro puissance 3

  • 3 Reco 16/05/2012 à 07:36 par un autre

    Les AI ils sont comme tout le monde, pas mieux pas pire.

  • 5 Reco 16/05/2012 à 06:58 par Un AI

    Que vous êtes fatiguants à cracher sur les AI tous autant que vous êtes... Personne ne vous oblige à utiliser nos services, alors ne rentrez pas dans nos agences, ne nous appelez pas pour estimer votre bien, débrouillez vous tout seuls ! Si cette profession déchaîne autant les passions, c'est qu'elle brasse beaucoup d'argent et qu'elle touche à l'un des fondements de la société : le logement. Alors il est vrai que comme dans toute profession, il existe des (très) mauvais, mais il existe aussi des (très) bons et (très) honnêtes ! Alors plutôt que de vous lamenter, chercher ceux là, car il en existe forcément autour de chez vous. Un truc pour les trouver : levez les yeux...

  • 1 Reco 15/05/2012 à 23:56 par pas acheteur

    Réactualisez vos prix d'agence!!!
    Comme je l'ai dit pour l'autre candidat, évaluez à nouveau tous les biens que vous avez à vendre depuis des lustres, et, si le propio ne veut pas entendre raison, renoncez au mandat!

    Sinon, quel intérêt d'avoir la vitrine pleine de "biens morts", invendables??? Le petit pigeon?!

  • 0 Reco 15/05/2012 à 20:38 par Cecile

    "mieux formé"... la bonne blague... C'est un euphémisme!

  • 0 Reco 15/05/2012 à 20:03 par bernard

    allons allons que de mauvaises langues!

    Tout le monde sait bien qu'un AI ne ment jamais aux acheteurs c'est bien connu...

    mdr..:)))

  • 0 Reco 15/05/2012 à 19:38 par OLivier

    ""Nous avons besoin d'agents immobiliers mieux formés""

    entierement d'accord, et il ya un sacré boulot !!!!!!


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