Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewvendredi 2 octobre 2009 à 17h43

"Nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle bulle immobilière"


(LaVieImmo.com) - Dominique Engrand, directeur des Investissements résidentiels chez CB Richard Ellis, donne à Lavieimmo.com ses vues sur l’immobilier douze mois après le début de la crise. Un avis moins tranché que d’autres et peut-être moins optimiste...

Lavieimmo.com : Un an après le début de la crise, où en est l’immobilier français ?

Dominique Engrand : Si on considère les choses de manière simpliste, on dit qu’après la crise, il y a la reprise. Sauf que ce qui frappe avant tout dans le marché immobilier actuel, c’est son manque de lisibilité. A l’heure où certains n’hésitent pas à affirmer que le pire est passé et prédisent une remontée des prix à moyen terme, il faudrait éviter une reprise en trompe l’œil - avec une nouvelle bulle en ligne de mire. Il faut rester très prudent… Sans compter qu’il faut distinguer les marchés du neuf et de l’ancien...

Lavieimmo.com : Comment ça ?

Dominique Engrand : Les deux segments ont des comportements comparables sur de longues périodes. Il n’en reste pas moins qu’ils sont soumis à des règles différentes. L’ancien n’a vraisemblablement pas fini de corriger. Je prendrais l’exemple des ventes en bloc, que je connais bien. Dans ce domaine, les acquéreurs sont majoritairement des bailleurs sociaux – dans trois quarts des cas, environ. Or, de par leur nature, ces acquéreurs sont soumis à des plafonds de prix. De fait, ces plafonds limitent le potentiel de hausse des prix. Mais avant même de penser à un éventuel rebond, il faudra que la baisse soit suffisante… Sans oublier que les investisseurs ont des contraintes de rentabilité.

Lavieimmo.com : Et le neuf ?

Dominique Engrand : Le neuf, en revanche, bénéficie des différentes mesures d’aide mises en place dans le cadre du plan de relance. Le dispositif Scellier pour l’investissement locatif, et le doublement du prêt à taux zéro pour la primo-accession, pour n’en citer que deux, soutiennent la demande de logements neufs. Or, en face de cette demande ainsi dopée, on trouve une offre insuffisante. D’autant plus insuffisante que les promoteurs ont su écouler leur stock. Si on ajoute à cela le fait que la pénurie de logements risque l’entrainer une remontée du foncier, on peut craindre une dissension croissante entre les prix du neuf et ceux de l’ancien.

Lavieimmo.com : Dans ce contexte, quel conseil donneriez-vous aux investisseurs ?

Dominique Engrand : Je dirais que le moment est venu d’acheter dans le neuf : les prix ont baissé et les mesures gouvernementales sont un coup de pouce indéniable. Dans l’ancien, même s’il n’y a pas autant d’urgence, il faut se méfier de la tentation attentiste. Je crois qu’attendre n’est jamais la bonne solution. C’est peut-être une banalité mais on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. Evidemment il convient de rester prudent, mais il ne faut pas oublier qu’on achète un bien avant tout pour sa qualité réelle, et pas en fonction de ce que le marché risque de faire ou de ne pas faire, ni même pour profiter d’avantages fiscaux…

Propos recueillis par Marc Fleury

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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