Interview
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InterviewInterviewmercredi 26 janvier 2011 à 13h35

"Nous porterons la question des Jeudi Noir au conseil de Paris"


Bruno Julliard
Bruno Julliard
Bruno Julliard (©dr)

Bruno Julliard est adjoint au maire de Paris chargé de la jeunesse. A ce titre, il s’est récemment rendu, en compagnie d’Anne Hidalgo, première adjointe, au 22, avenue Matignon, dans le 8ème arrondissement de Paris. L’immeuble, propriété de l’assureur Axa, est squatté depuis la fin du mois de décembre par l’association Jeudi Noir. Pour LaVieImmo.com, M. Julliard revient sur les raisons de cette visite, et prône un recours accru à la pratique des conventions de bail précaire.

(LaVieImmo.com) - Pourquoi avez-vous visité le squatt de Jeudi Noir ?

Bruno Julliard : Nous nous sommes rendus rue Matignon pour témoigner notre soutien aux jeunes qui s’y sont installés il y a quelques semaines. Nous suivons de prêt l’action du collectif : on peut bien évidemment discuter ses méthodes, mais son combat contre le mal-logement et la vacance immobilière est un bon combat, auquel nous sommes sensibles. Nous l’avions déjà fait savoir au moment de l’occupation de la « Marquise » [l’hôtel particulier de la place des Vosges dont le collectif a été expulsé au mois de novembre, NDLR], nous tenions à le répéter. En tant qu’adjoint au maire de Paris en charge de la jeunesse, je me sens d’autant plus concerné par cette question que les jeunes sont une des populations les plus touchées par la crise du logement.

Comment avez-vous réagi au blocus ? [La préfecture a établi une liste de 30 noms. Seules les personnes inscrites sur la liste peuvent entrer et sortir du bâtiment, NDLR ]

Bruno Julliard : Je ne vous cache pas que nous avons été assez surpris de constater que la préfecture avait décidé de mettre en place ce blocus, qui interdit notamment l’entrée de nourriture ou d’objets utiles à la vie courante aussi anodin que des pommeaux de douches ou des radiateurs électriques… La situation est d’autant plus choquante que ces jeunes ont pris soin de faire établir un constat d’huissier prouvant qu’ils occupaient les lieux depuis plusieurs jours : aux yeux de la loi ils sont donc considérés comme les occupants de l’immeuble. Un immeuble de plusieurs milliers de mètres carrés habitables qui est, il faut le rappeler, inoccupé depuis plusieurs années…

Que proposez-vous de faire pour soutenir les occupants ?

Bruno Julliard : Les habitants de l’immeuble essaient d’obtenir une convention de bail précaire [contrat par lequel les parties manifestent leur volonté de ne reconnaitre à l’occupant qu’un droit de jouissance précaire moyennant une contrepartie financière modique, NDLR]. Nous soutenons cette tentative, et nous avons décidé d’intercéder auprès de la préfecture pour essayer de faciliter cette signature. Nous soumettrons par ailleurs la question au prochain Conseil de Paris, début février. Plus généralement, je suis favorable au développement de ce type de baux, qui est une réponse intelligente et efficace au problème de la vacance immobilière. A condition, bien évidemment que tout le monde joue le jeu, et que les locataires quittent effectivement les lieux dès que le propriétaire a décidé de faire quelque chose de son immeuble.

L’affaire de l’association Macaq, qui sous-louait un immeuble de la mairie rue de la Banque, ne jette-t-elle pas le trouble sur ce genre de pratiques ?

Bruno Julliard : Attention à ne pas tout confondre. La sous-location de locaux occupés dans le cadre d’une convention de bail précaire est illégale, et nous ne pouvons que la condamner. C’est d’ailleurs ce que la mairie de Paris a fait dès la semaine dernière par la voix de Jean-Yves Mano, adjoint en charge du logement. Mais cet exemple précis ne doit pas remettre en question un procédé qui fait ses preuves par ailleurs. Concernant plus spécifiquement l’association Macaq, elle a signé un bail avec la mairie de Paris pour un immeuble de la rue de Tocqueville, dans le 17ème arrondissement. Tout se passe très bien, et je ne vois aucune raison de ne pas généraliser ce type de bail. On peut imaginer la mise en place d’une impulsion juridique et financière pour inciter les propriétaires à signer ce type de bail et, pourquoi pas, une obligation pour les immeubles dont la vacance est avérée depuis longtemps.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 1 Reco 27/01/2011 à 19:15 par MisterHadley

    Sauf que "réclamer" des logements "sociaux" n'a rien à voir avec l'auto-appropriation de la propriété PRIVEE d'autrui dans le 8ème parisien...

    Tu n'as qu'à aller squatter les mairies, et autres lieux "publics" où l'on trouve ceux qui sont censés te les fournir, ces logements "sociaux"...

    Va squatter chez les "élus", tu seras plus crédible dans ton "combat" perdu d'avance...

    Les propriétaires PRIVES ne te doivent que dalle, les "élus", oui...

    Va donc squatter les biens publics, puisque c'est la collectivité qui ne remplit pas son obligation...

    Demandes-toi combien de logements "sociaux" l'on peut fournir avec les centaines de millions dilapidés par les "élus" dans Les Halles, par exemple...

    Poses-toi la question de la normalité de l'occupation de ces logements "sociaux" par les "riches" alors que les "associations" ne mouftent même pas la dessus...

    Etc, etc...

    Et comme "La Marquise", et son jugement, l'aura une fois de plus démontré, ce prétendu "combat" est foireux, ne mène à strictement rien, sinon passer encore une fois pour des niais qui n'ont aucune autre solution...

    Et un dernier "détail" : squatter un immeuble à usage commercial et/ou professionnel ne va pas te procurer un bail précaire d'occupation à titre d'habitation, vu que ce n'est déjà pas l'usage de l'immeuble..!

    Faudrait réfléchir un peu, de temps en temps, quand même, hein...

    "la porte était ouverte"...

    Tu parles...

    Du pur pipo, tout ça...

    De l'esbrouffe à touristes, rien de plus...

    Depuis toutes ces années à mener ce "combat", résultat : que dalle...

    Solution : que dalle...

    Et il faudrait franchement être idiot pour croire vraiment qu'il resterait encore quelqu'un qui ne serait pas "informé" sur le "mal logement"...

    Un peu d'honnêteté intellectuel, voyons..!

    De plus, tout le monde sait très bien à quoi servent en réalité les "associations", à savoir, n'être qu'un simple "outil" politique de plus mais non assumées comme telles...

    Tsss...

  • 0 Reco 27/01/2011 à 16:36 par xav.2d2c

    avec un logement social en déficit profond, dont l'effet pervers essentiel est de permettre, fonction de la loi du marché de louer ou vendre plus cher - il suffit de comparer les prix des locations et vente à Paris depuis l'an 2000, comment faire pour que nos jeunes uissent se loger pour suivre leurs études ? quand un stage rapporte au maximum 417 euro, et que le moidre studio en coute plus de 600 ?
    La ville n'y est pas pour grand chose : l'état est compétent pour en construire, d'ailleurs il est notoire que lorsque m. Sarkozy souhaite quelquechose, les parlementaires et autres élus UMP suivent massivement.
    tout est volonté politique.
    Il suffit, au lieu de lancer des assertions non-vérifiée dont trop souvent les sources sont des élus conservateurs, de regarder le bilan de Paris : 30.000 euro toutes subventions comprises en 2010, alors mm que le local loué par MACAQ en coute plus de 8.000 par mois, payé par un grand nombre d'initiatives citoyennes : vide-greniers - 6 en 2010, carnaval de Paris, suivi des Travaux d'Intérêt Généraux, et moultes autres activités utiles aux habitants.
    @misterHadley : l'idée comme vous ne l'avez approfondit n'est pas d'accaparer, bien au contraire, mais bien de réclamer :
    1 - plus de construction de logements sociaux à Paris et en RP en interpellant les élus,
    2 - les collectifs demandent des Bail précaires, donc qui permettent de rentabiliser, pour les propriétaires ces locaux vides - celui de la "Marquise" était inoccupé depui 40 ans, celui de la rue Matignon, depuis 10 ans.

    donc, renseignez-vous plus avant de véhiculer des rumeurs infondées, comme le fit un élu municipal du 17è, allant jusqu'à faire de très intelligents photo-montage en remplaçant des ^tetes de militants par celles de singes. Un grand sens du sérieux et de l'argumentation.
    D'ailleurs il y avait eu un droit de réponse sur son blog. Depuis, il ne remet plus en cause MACAQ et JN que de manière idéologique, soit antithétique de la raison pure.

  • 0 Reco 26/01/2011 à 15:45 par Caril Fluo

    sur le fonctionnement opaque de macaq, je ne sais pas si julliard aurait grand chose à dire !
    (déjà que...)

  • 0 Reco 26/01/2011 à 15:23 par julien

    En cliquant sur cet article, je pensais qu'il s'agissait de l'affaire des associations ultra-subventionné et au fonctionnement plus qu'opaque. (voir l'affaire MACAQ)
    Mais non....

  • 0 Reco 26/01/2011 à 15:00 par MisterHadley

    Donc, toujours aucune solution, à part s'autoriser à s'accaparer les biens privés d'autrui, quoi...

    Le tout, de plus, "soutenu" par des "élus" qui, eux, sont quand même censés remédier à ce "mal logement", et qui, faute de faire ce pourquoi ils sont quand même "élus", "soutiennent" des actions illégales...

    Merveilleux...

    Et la grande nouveauté, d'après l'article de cette page, et sur ce même principe, on pourrait alors aussi envisager la même chose avec les comptes bancaires, dans ce cas, non..?

    Il suffirait donc de lister tous les comptes bancaires avec de la thune dessus "non utilisée", et de s'en octroyer nous-même la "jouissance", en prétextant que puisque cette thune n'est pas utilisée par ses détenteurs, bah on l'utilise , nous, pour la claquer à leur place...

    :)

    N'importe quoi...

    Tsss...

  • 0 Reco 26/01/2011 à 14:56 par MisterHadley

    Bah voyons... la porte "était ouverte", c'est évident...

    :)

  • 0 Reco 26/01/2011 à 14:48 par Blue Monday

    sauf que, selon l'avocat "le bâtiment réquisitionné n'a pas été forcé. La porte était ouverte, il ne s'agit pas d'une effraction. C'est un point essentiel..."

    (dans libération, hier : http://www.liberation.fr/ societe/01012315609-jeudi -noir-quittera-les-lieux- le-jour-ou-axa-justifiera -en-avoir-besoin

  • 0 Reco 26/01/2011 à 14:44 par MisterHadley

    Et avant de faire constater par Huissier de justice que l'on est "occupant" de l'immeuble, après 48h donc, l'entrée par effraction dans une propriété privée, ce n'est pas illégal, ça aussi..!?

    Ah, ces "élus", hein...

    Tsss...


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