Interview
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InterviewInterviewvendredi 16 novembre 2007 à 11h05

"Nous anticipons une hausse de 5% des réservations de logements en 2007", Alain Dinin, président de Nexity


(LaVieImmo.com) - Face au ralentissement des réservations de logements neufs, le promoteur immobilier s'appuiera sur le réseau des Caisses d'épargne.   La Vie Financière : Le marché du logement neuf est-il devenu moins porteur ? Alain Dinin : Compte tenu de la pénurie de logements, si le gouvernement veut porter le nombre de mises en chantier de 430 000 à 500 000 par an et hisser le taux de propriétaires de 55 à 70 %, il devra prendre de nouvelles mesures de soutien. Je remarque par exemple qu'en Espagne les accédants à la propriété bénéficient d'une TVA réduite à 4 %. C'est peut-être une piste. Il conviendrait également que les communes accordent plus de permis de construire. Il faut en particulier encourager les projets à plus forte densité urbaine, qui permettent de réduire les prix unitaires. Pour l'instant, les effets de la déductibilité des intérêts sont déjà absorbés par la hausse des taux d'intérêt. Et les nouvelles normes environnementales auront malheureusement pour effet d'augmenter les prix.   Comment évoluent les réservations ? Il y a eu un net ralentissement en août et septembre, une période d'incertitude à cause de la crise des subprimes aux Etats-Unis. Les banques ont fermé le crédit et les clients ont pris peur. Mais, dès octobre, les ventes ont repris, dans des volumes jamais atteints depuis la création de Nexity. Au total, sur les neuf premiers mois de l'année, les réservations de logements ont augmenté de 7,7 %, à 1,5 milliard d'euros, et nous anticipons une hausse de 5 % sur l'année. Le taux d'annulations a augmenté de 2 à 3 points, à 20 %, mais nous disposions fin septembre d'un carnet de commandes fermes de 2,3 milliards (+ 19,8 %), représentant plus de dix-neuf mois de chiffre d'affaires garanti. Le délai d'écoulement des programmes s'est allongé, pour revenir à un niveau normal, soit deux à trois ventes par mois par programme de trente à quarante logements en province et trois à quatre en Ile-de-France (contre cinq à six il y a un an). Par sécurité, nous commercialisons actuellement 66 % des programmes avant de lancer leur construction, et nous étalons les travaux pour ne pas avoir de stocks et ne pas baisser les prix. Pour les grandes opérations, nous nous assurons le concours des banquiers lors des lancements afin que les clients puissent évaluer leur capacité d'emprunt avant de réserver.   Quels sont vos projets à l'étranger et par croissance externe ? Nous allons développer l'activité logements en Europe, notamment en Europe centrale, mais uniquement avec des partenaires locaux. Nous venons de démarrer en Italie et nous regardons vers la République tchèque. A notre échelle, nous étudions des acquisitions dans les pays cibles, tout comme en France, notamment en Languedoc-Roussillon et en Bretagne. Actuellement, nous avons une quinzaine de dossiers à l'étude. Nous souhaitons également racheter des intérêts minoritaires dans le capital de filiales, comme I Sélection et Lamy.   L'immobilier d'entreprise est-il un relais de croissance ? Fin septembre, notre carnet de commandes dans ce secteur s'établissait à 621 millions d'euros, (+ 70 % sur un an). Dans les bureaux, tout est prévendu à 100 %, sans projets en blanc.   Y a-t-il un risque de dépréciation de votre participation de 25 % dans le capital du Crédit foncier ? Non. Nous n'avons d'inquiétude ni sur son bénéfice net 2007 ni sur ceux de 2008 et 2009.   Où en est la mise en oeuvre des synergies avec le groupe Caisses d'épargne ? Le rapprochement ne date que de fin juillet ! Nous avons ouvert vingt et un chantiers. Il s'agit de synergies de revenus, pas d'économies de coûts. Elles pourraient apporter à moyen terme 10 % de résultat d'exploitation supplémentaire. Nous étudions, par exemple, la possibilité d'implantations commerciales au sein des agences de l'Ecureuil ainsi que l'élaboration d'une offre de financement spécifique pour les primo-accédants, catégorie qui est un de nos axes forts de développement. Pour les neuf premiers mois de 2007 ils ont représenté 54 % de nos clients accédants ayant réservé un logement.   Confirmez-vous vos objectifs ? Lamy va-t-il se redresser ? Oui, sur la période 2008-2010, le résultat net augmentera de 8 à 10 % par an en moyenne sur la base des comptes 2007 pro forma (incluant les apports des Caisses d'épargne sur douze mois). Chez Lamy, coleader de l'administration de biens avec Foncia, la marge opérationnelle doit passer de 5 % à au moins 10 % en 2012.   Propos recueillis par Jean-Luc Champetier

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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