Interview
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InterviewInterviewlundi 5 juillet 2010 à 12h59

"Supprimer la TVA à 5,5% dans le bâtiment serait une erreur"


Didier Ridoret
Didier Ridoret
Didier Ridoret (©dr)

Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), revient pour LaVieImmo.com sur les perspectives pas toujours encourageantes de son secteur. Il donne son avis sur la réforme imminente des aides à l'accession immobilière, et redit son attachement au taux réduit de TVA dans le bâtiment.

(LaVieImmo.com) - Qu’attendez-vous de la réforme des aides à l’accession ?

Didier Ridoret : Le gouvernement a décidé de réorganiser le système d’aides parce que certains dispositifs se sont avérés moins efficaces qu’escompté. L’objectif, lui, reste le même : répondre aux besoins de logements dans les zones tendues. Pour cela, il nous semble important que la réforme se fasse dans la continuité, et que les mécanismes qui ont fait leurs preuves soient conservés. Je pense notamment au différé de remboursement qu’offre le Pass Foncier, un dispositif qui disparaîtra à la fin de l’année. On peut imaginer un nouveau prêt à remboursement différé pour l’acquisition d’un logement. Un logement neuf, comme c’est le cas actuellement, mais pourquoi pas également un logement ancien si l’opération est assortie de travaux d’amélioration de la performance énergétique, par exemple.

Craignez-vous une suppression du taux réduit de TVA dans le bâtiment ?

Didier Ridoret : Sur ce point, je n’ai qu’une chose à dire : « Arrêtez de jouer avec nos nerfs ! ». Un coup on entend que rien ne changera, un autre, il est question d’une suppression totale, puis d’une suppression partielle… On a des annonces contradictoires tous les quatre matins… Je pense que le gouvernement ferait mieux de travailler et de ne pas communiquer ! Je ne veux évidemment pas stigmatiser la restauration, mais je ne comprends pas ce qui justifierait le maintien d’un taux réduit pour ce secteur, où il semble connaître un succès mitigé, et sa suppression dans le bâtiment, où il a largement fait ses preuves depuis sa mise en place, en 1999.

Christine Lagarde évoquait récemment la possibilité de maintenir un taux de TVA à 5,5 % pour la main d’œuvre, et de le supprimer pour les fournitures. Cette solution intermédiaire vous semble-t-elle intéressante ?

Didier Ridoret : Non seulement ce type de modulation n’est pas souhaitable, mais il n’est même pas concevable, du fait des dérives et tentatives de contournement qu’il ne manquerait pas de susciter. L’intervention de Madame Lagarde nous a beaucoup surpris. La TVA à 5,5 % dans le bâtiment est extrêmement populaire, elle a fait ses preuves, la supprimer serait une grave erreur. Pour les entreprises du secteur comme leurs clients. Sans compter l’impact en termes d’emploi, qui serait catastrophique. Il s’agirait de ne pas confondre austérité et rigueur…

Vous venez de présenter vos prévisions pour l’année 2010…

Didier Ridoret : Nous maintenons notre estimation d’une baisse de 3 % de l’activité en volume, malgré l’embellie significative constatée sur le front des logements neufs, dont rien ne permet d’affirmer encore qu’il ne s’agira pas que d’un feu de paille. En termes d’effectifs, le secteur devrait avoir supprimé 30 000 emplois sur l’ensemble de l’année.

Quid de l’intérim ?

Didier Ridoret : C’est assez compliqué à prévoir… Dans le contexte actuel, quand une entreprise a du travail, elle préfère recourir à l’intérim plutôt qu’embaucher. Sur l’année, on pourrait perdre quelque 5 000 postes d’intérim, mais rien ne permet de l’affirmer.

Vous avez lancé en novembre dernier « les pros de la performance énergétique ». Quel est le premier bilan de cette initiative ?

Didier Ridoret : Tout se met en place progressivement. Beaucoup d’adhérents sont intéressés, et un certain nombre de clubs départementaux se sont déjà créés. Le mouvement devrait prendre de l’ampleur à l’automne, avec la mise en place d’un site Internet dédié à l’initiative, à la fin du mois de septembre. Nous sommes également en train de préparer le lancement des « pros de l’accessibilité », afin d’aider les entreprises du secteur à répondre enjeux de la mise aux normes des bâtiments recevant du public, dans le cadre de la loi Handicap de 2005. Comme la demande a tendance à se contracter, il faut faire le nécessaire pour doper l’offre.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 10/07/2010 à 08:15 par paulolepoulet

    C'est simple. Français moyen après achat maison ancienne ds petit village ; necessité travaux, tels que façade, changement fenêtres, plafonds chambres, rénovation salle de bain.
    Coût approximatif selon devis établis par artisans: 25000 euros avec tva 5,5
    Crédit de ce montant supplémentaire accordé par Société Générale.
    Si TVA passe à 19,60, je laisse tout tomber.


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