Interview
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InterviewInterviewvendredi 14 juin 2013 à 18h01

Syndics : "On a le sentiment d'être des boucs émissaires"


Etienne Ginot, président de l'Unis
Etienne Ginot, président de l'Unis
Etienne Ginot, président de l'Unis (©dr)

Etienne Ginot, président de l’Union des syndicats de l'immobilier (Unis), qui représente 2 000 administrateurs de biens et syndics de copropriété, prend la parole sur le projet de loi pour l'Accès au logement et un urbanisme rénové (Alur).

(LaVieImmo.com) - Que pensez-vous du volet « syndics » du projet de loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové ?

Etienne Ginot : Sur la forme, nous déplorons un mépris inacceptable. Depuis quatre ans, avec la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), nous travaillons sur des moyens de faire avancer la profession, conscients que des anomalies existent. Nous avons présenté un Livre Blanc en 2011 à ce sujet. Et après huit mois de négociations avec le ministère du Logement, c’est dans la presse que nous prenons connaissance de ce dossier comportant des thèmes majeurs sur le logement. Dans le ton, le gouvernement dit que tout est venu des abus. Qui existent, certes, mais ils sont le fait d’une minorité qui cache la totalité des professionnels. Pour le moment, la profession est ulcérée. On a le sentiment d’être des boucs émissaires. On jette l’opprobre sur toute une profession.

Et sur le fond ? Que vous inspire l’obligation du compte séparé, mesure phare du projet de loi ?

Etienne Ginot : Certains sont dans le dogme du compte séparé. Si on n’a pas un bon garant, la sécurité des copropriétaires est nulle, quel que soit le type de compte ! Sur le terrain, les copropriétaires ne demandent pas un compte séparé, mais une bonne gestion. La situation pourrait être améliorée, par exemple par un intranet accessible à tous les copropriétaires, où chacun peut être à même de vérifier les choses. On est en train d’enlever de la liberté aux copropriétaires ; tout le monde est entraîné dans l’étatisation de la copropriété. Mon sentiment, c’est que l’on demande aux syndics de faire de la pédagogie, et qu’on les fusille à l’arrivée.

Quid des frais de gestion particuliers des syndics, que le gouvernement entend fixer limitativement par décret ?

Etienne Ginot : Le contrat de syndic est aujourd’hui incroyablement détaillé. Son encadrement est maximal. Nous sommes d’accord, le véritable juge de paix, c’est le copropriétaire. Or, en retoquant l’arrêté Novelli [qui listait déjà les charges réputées courantes, Ndlr], on lui enlève une part importante de liberté. Qu’on laisse aux copropriétaires le libre choix des prestations qu’il désire ou non ! Nous somme d’accord, certaines copropriétés en extrême difficulté doivent sortir du modèle actuel. Mais dans le secteur « classique », le nouveau texte présenté enferme la nature de la prestation, ce qui risque de bloquer de nombreuses copropriétés.

Que comptez-vous faire maintenant ?

Etienne Ginot : Nous attendons un signe positif du ministère, que les pouvoirs publics fassent preuve de respect envers la profession ! Nous espérons être entendus.

Propos recueillis par Léo Monégier et Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 14/06/2013 à 23:07 par antoine

    "On a le sentiment d'être des boucs émissaires"

    ahhahaha cest surtout qu'ils se sentent vises, alors que les syndics honnetes n'ont aucun soucis a se faire car cette loi est uniquement contre les arnaques..

    hhhahahhahahahhaha

  • 2 Reco 14/06/2013 à 21:15 par StanislasN

    Des pourris, il y en a dans tous les métiers. C'est certain; Mais n'est-ce as là l'occasion de faire un gigantesque coup de balais sur une profession qui donc , elle AUSSI, en a besoin ? Parce que c'est vrai, qu'autour de moi, j'ai quand même pas mal d'échos très négatifs sur les syndics. Et je ne pense pas être le seul dans ce cas.

  • 0 Reco 14/06/2013 à 20:23 par thomas

    Les pauvres ! J'en pleure !
    VMC nettoyées tous les ans, fuite dans parking non colmatée pendant 1 an, ascenseur en panne, ravalements abusifs... voilà la réalité d'un propriétaire d'un résidence dite de "standing" gérée par un syndic proche d'une célèbre banque.
    Dans son argumentaire le président de l'UNIS retourne la situation en opposant les copropriétaires et l'état pour faire oublier les abus en tout genre de ceux qu'il représente.


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