Interview
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InterviewInterviewjeudi 26 mai 2011 à 14h12

"Un effondrement des prix de l'immobilier est peu probable"


Jean-Michel Six, chef économiste Europe chez Standard & Poor's
Jean-Michel Six, chef économiste Europe chez Standard & Poor's
Jean-Michel Six, chef économiste Europe chez Standard & Poor's (©dr)

Jean-Michel Six, chef économiste du département Europe chez Standard & Poor’s, fait état de « signes d’un ralentissement dans le marché immobilier résidentiel ». Si le professionnel estime peu probable une forte baisse ou un effondrement des prix, deux scénarios pourraient néanmoins se dégager prochainement : « soit une stabilisation du marché, soit une correction à la baisse dans les deux prochaines années ».

(LaVieImmo.com) - Quels signes de ralentissement du marché immobilier observez-vous ?

Jean-Michel Six : Après avoir connu une baisse modeste en 2007, le marché immobilier a effectué une reprise très forte. Dans un contexte où, pourtant, comme dans la plupart des autres pays européens, un déficit d’offres dans les grandes agglomérations est observé parallèlement à la croissance démographique. A ces facteurs structurels communs se sont ajoutés des facteurs cycliques, comme la baisse des taux, encouragée par les banques et la politique monétaire, ou encore une fiscalité attractive, le prêt à taux zéro ou la déduction des intérêts d’emprunt. Or, ces derniers sont désormais sont en train de changer : les taux reprennent en moyenne 10 points de base par mois, ce qui crée un renchérissement du coût du crédit. Même chose pour la fiscalité attractive, très coûteuse pour l’Etat et condamnée à s’alourdir. Autant d'éléments qui laissent donc présager une inversion de tendance.

Les mesures incitatives, comme les aides à l'accession, ont-elles un effet contre-productif sur l’équilibre du marché ?

Jean-Michel Six : Les aides à l’accession ont un fort aspect social, qui permet de soutenir les primo-accédants et les jeunes, confrontés à un marché cher et à la rétention d’offre. Pour les aider, soit on soutient les marchés, ce qui signifie qu’on l’empêche de se corriger de lui-même au moyen d’aides publiques, soit on le laisse se corriger tout seul - ce qui serait peut-être la meilleure façon de faire. Et donc de se défaire de ces mesures. On peut imaginer dans cette hypothèse des mesures de contrôle des loyers, neutres pour les finances publiques, et permettent de limiter les abus que nous connaissons tous. Parallèlement, il ne faudrait pas encourager des mesures telles que les mécanismes de défiscalisations, comme le Scellier. Il me semble en effet que cette longue tradition de soutien fiscal n’est pas viable à moyen terme.

Comment pourrait évoluer le marché immobilier à l’avenir ?

Jean-Michel Six : On peut se préparer à deux scénarios : soit on se dirige vers une stabilisation du marché, soit une correction à la baisse des prix dans les deux prochaines années. Toutefois, le risque d’une forte baisse ou d’un effondrement brutal semble peu probable. Il faudrait pour cela que les taux augmentent très brutalement et fortement ; ce qui n'est pas exclu, mais reste improbable à l’heure actuelle.

Quel est votre avis sur l'éventuelle existence d’une bulle immobilière en France ?

Jean-Michel Six : Il y a beaucoup de signes qui laissent présager d’une bulle : l’explosion du coût du crédit, la remontée des taux ou encore la forte rétention de l’offre, non dénuée de caractère spéculatif. Si le phénomène était avéré, cela pourrait se traduire dans les prochains mois par une tendance inverse, de repli de la demande et des prix. Quoi qu'il en soit, l’existence d’une bulle ne pourra être démontrée que lorsque celle-ci aura éclaté…

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 12/06/2011 à 22:50 par poilagratter

    d'accord avec Trop cher sur le fait que les prix actuels sont au dessus des moyens des acheteurs ! dans une monidre mesure à paris qui est un marché à part mais le problème est que paris étant toujours cité comme reflétant le marché immobilier français, tout le reste du pays croit qu'il est à Paris et lon voit ainsi les vendeurs de province vouloir suivre la même tendance alors qu'ils sont sur des marchés où la demande est souvent inférieure à l'offre...

  • 0 Reco 29/05/2011 à 00:22 par Trop cher

    "Rétention de l'offre" dit il. Nous sommes passés en quelques mois de moins de 10 000 à plus de 13 000 annonces sur se loger. En attendant, le nombre de ventes conclues s'est contracté de 12 % du premier semestre 2011 p.r. au premier semestre 2010 et de 24 % si on compare à 2007. La vérité est toute simple : les prix demandés sont trop élevés pour que les acheteurs puissent suivre.

  • 0 Reco 26/05/2011 à 15:23 par K-Life

    Tu métonnes ! avec skon voit à Paris !


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