Interview
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InterviewInterviewjeudi 7 octobre 2010 à 17h45

"Une hausse des taux pèserait sur la production de crédit"


Maël Bernier
Maël Bernier
Maël Bernier (©dr)

Maël Bernier est porte-parole du courtier en Empruntis.com. Pour LaVieImmo.com, elle évoque les perspectives d’évolution des taux immobilier en France, récemment retombés à leur plus bas depuis l’Après-guerre.

(LaVieImmo.com) - Après s’être stabilisés au cours de l’été, les taux sont repartis à la baisse en septembre, jusqu’à atteindre leur plus bas en 65 ans. Existe-t-il encore un potentiel de baisse ?

Maël Bernier : A priori, nous sommes dans une phase de stabilisation. La moitié environ de nos partenaires bancaires a prévu d’abaisser ses barèmes pour le mois d’octobre, un quart de les augmenter légèrement, le quart restant de les abaisser, tout aussi légèrement. Bien sûr, on peut toujours avoir une baisse de 0,05 % sur une durée, mais a priori, il n’y a pas de raison d’assister à une nouvelle baisse générale de l’ampleur de celle observée en septembre. J’insiste sur le « a priori », car personne n’avait vraiment prédit la reprise récente du mouvement de baisse… Une chose est certaine : au vu du niveau historiquement faible de l’OAT* et compte tenu de la situation économique en Europe, on a la garantie que les taux resteront bas au moins jusqu’à la fin de l’année, voire la fin du premier trimestre 2011.

Que se passerait-il si les taux remontaient ?

Maël Bernier : Une hausse des taux réduirait de facto le nombre de dossiers acceptés par les banques. Nous avons fait une simulation, en prenant pour hypothèse de départ une augmentation de 5 % du niveau des prix. Si, en parallèle, les taux restent stables, seuls 92 % des dossiers sont encore jugés acceptables par les banques. On tombe à 75 % si la hausse des prix s’accompagne d’une remontée de 100 points de base, et à 64 % si cette hausse de taux atteint 150 points de base.

On peut imaginer qu’une remontée des taux tirerait les prix vers le bas…

Maël Bernier : On peut, mais ça ne serait vraisemblablement pas le cas partout. Il ne faut pas croire qu’il existe une relation de vases communicants entre les taux et les prix. Il est peu probable qu’une hausse de taux, même de 150 points de base, entraînerait une baisse significative des prix à Paris, par exemple…

Vous venez de mettre en garde contre la « fausse reprise » du marché du crédit. Qu’entendez-vous par là ?

Maël Bernier : Il nous semble que certains analystes ont annoncé trop tôt que le marché du crédit avait renoué avec ses niveaux d’avant la crise. Les derniers chiffres de la Banque de France font état d’une production de crédit à l’habitat de 120 milliards d’euros** à la fin du mois de juillet 2010, contre à peine 80 milliards d’euros un an plus tôt. Attention à ne pas oublier que 45 % des dossiers traités par les courtier en crédit concernent des opérations de rachat de crédit, les emprunteurs souhaitant bénéficier de la baisse des taux pour réduire le coût de leur crédit. Cela représente environ 30 % de la production des banques. Si on veut être précis, il faut retrancher ces 30 % de la production de crédit habitat. Oui, il y a bien une reprise du marché, mais il faut se garder de toute conclusion trop hâtive ou trop optimiste.

*Obligation assimilable du Trésor, le taux de long terme des emprunts d’Etat sur laquelle les banques se basent pour déterminer les taux fixes des emprunts qu’ils accordent

**cumul sur douze mois

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 18/10/2010 à 11:19 par association.arcd

    L'évolution des prix de l'immobilier est lié a différents paramètres dont:
    les possibilités d'octroi des prêts avec:
    --les quotités de financement
    --les critères d'analyse
    --les normes d'endettement (plus ou moins 33% voir auprès des professionnels 35% a 40% suivant dossier.

    Les critères personnels de chaque emprunteurs
    -- sécurité de l'emploi
    -- l'age et la situation familiale

    Le marché local, régional, ou national
    --l'offre et la demande influence aussi les prix mais l'offre se limite car le taux de construction reste faible et le besoin de logement sociaux n'est pas compensé par les mise en chantier par les offices de HLM qui manquent cruellement de dotations financière de l'état et des organismes financiers.

    L'immobilier ne répond pas seulement a des données financières mais aussi au droit au logement et aux marchés de la construction.

    Les modifications fiscales n'effaceront que partiellement l'évolution des prix, le besoin primant l'offre.

    le besoin de se protéger ou d'obtenir des revenus complémentaires pour la retraite pas parfois par l'investissement locatif défiscalisé ou non

    Faire sa propre réforme de la retraite par l'immobilier et le crédit lire http://www.arcrachatcredi ts.org/news.php?article=6 07

    Utilisez le crédit avant la fin de l'année pour bénéficier des meilleures conditions de financement et même après pour remplacer un loyer a fonds perdus.

  • 0 Reco 08/10/2010 à 10:44 par rageot

    Et la marge des foutues banks sur ces foutues OAT ?

  • 0 Reco 08/10/2010 à 08:51 par lapoliss

    je pense qu'elle veut dire qu'une hausse des taux de x points n'entraînerait pas une baisse de prix de même ampleur... et elle n'a probablement pas tort !

  • 0 Reco 07/10/2010 à 20:01 par fafa

    "Il ne faut pas croire qu’il existe une relation de vases communicants entre les taux et les prix" : cette affirmation est absolument grotesque. Il est bien évident que les prix immobiliers ne seraient pas à ce niveaux si les taux d'intérêts étaient sensiblement plus élevés.


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