Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 10Paru le samedi 1 septembre 2007 à 00h00

J'ai acheté et je loue à des touristes


Acheter un appartement et le louer à la semaine peut se révéler lucratif. A condition de choisir un bon emplacement dans un quartier apprécié par les étrangers.

Profiter de son appartement parisien comme d'un pied-à-terre et le louer à des touristes le reste de l'année : Jeanne Marchal a bien saisi le bénéfice qu'elle pouvait tirer de son deux-pièces de 47 m2 sous les toits, à deux pas des Champs-Elysées, dans le quartier Saint-Augustin. Pourtant, en 2001, lorsqu'elle acquiert le bien dont elle était locataire depuis 1997, c'est pour y rester. « Mon propriétaire m'avait contactée car il souhaitait vendre. A l'époque, j'avais fait un héritage. Acheter me semblait le meilleur moyen d'utiliser cette somme. » Jeanne dispose alors de l'équivalent de 142 731 euros (936 254 francs) alors que l'appartement en vaut 175 316 euros (1 150 000 francs). Situé au dernier étage d'un immeuble début xxe siècle, il avait été refait lors de l'emménagement de Jeanne. « Il s'agissait de chambres de service que l'ancien propriétaire avait rassemblées et mises aux normes », se rappelle-t-elle. Aucune dépense supplémentaire n'a été nécessaire car il était en bon état. Tout n'est pas idyllique néanmoins : les charges sont excessivement lourdes, près de 385 euros par trimestre.

Printemps 2001 L'achat

Il faut encore contacter sa banque, la Société générale, pour emprunter la somme restant due, soit 45 734 euros frais de notaire inclus. « Cela n'a pas été facile. J'avais certes un bon apport, mais j'étais en CDD comme acheteuse chez l'équipementier Valeo et sans aucune certitude sur la reconduction de mon contrat. » Malgré les premières réticences de son banquier, elle obtient, dans un délai de trois semaines, un prêt à 5,5 % sur dix ans, un taux dans les normes de l'époque. Les remboursements mensuels qui s'élèvent à 501 euros, assurances comprises, sont largement supportables, même si son futur professionnel est pour le moins incertain.

Septembre 2001 Direction Londres

Suite à l'envoi d'un grand nombre de CV, un groupe de textile australien la contacte à la rentrée pour un stage de six mois à Londres. L'expérience est tentante, le salaire - près de 1 500 euros par mois - est correct, mais que faire de son deux-pièces ? Le louer en direct ? Difficile à distance, d'autant que Jeanne ne sait pas précisément quand elle souhaitera rentrer. Une amie lui conseille une agence spécialisée dans la location saisonnière. Il s'agit de confier son appartement à un professionnel pour qu'il le loue à des touristes pour des courts et moyens séjours. La formule est avantageuse financièrement, le loyer perçu par le propriétaire tourne à l'époque autour de 300 euros la semaine pour un deux-pièces. Elle est également plus souple puisqu'elle permettrait à Jeanne de revenir quand bon lui semble.

Le rendez-vous avec l'agence est pris en urgence, une semaine avant le départ de Jeanne pour l'Angleterre. Le jour dit, la professionnelle est emballée : « Nous refusons les trois cinquièmes des biens qu'on nous propose mais celui de Jeanne Marchal, bien situé, bien tenu et équipé de tout le nécessaire (lave-vaisselle, lave-linge, mais également sèche-cheveux, radiateur sèche-serviettes...) remplissait toutes nos exigences. Quelques jours après la signature du contrat, il était déjà loué », se souvient Gaëlle Rigou, directrice de l'agence Parisian Home. L'affaire est rapidement conclue. Jeanne percevra 350 euros la semaine, soit 1 300 euros par mois. Cette somme couvre largement le coût de son crédit et lui permettra de démarrer sa nouvelle vie dans la capitale britannique, l'une des villes les plus chères au monde.

Cette formule de location permet, au-dessous du seuil de 23 000 euros de rentrées annuelles, de bénéficier du statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) qui donne droit à des avantages fiscaux.

Début 2002 J'y suis, j'y reste

Jeanne se plaît bien à Londres. A la fin de son stage, elle y décroche un poste de commerciale et décide de rester. La néolondonienne rentre rarement à Paris. « Je pouvais établir un planning de disponibilités avec Parisian Home, explique-t-elle. Chaque fois que mon appartement était loué, je recevais une notification par mail et je disposais de trois jours pour refuser au cas où je devais revenir en France de manière impromptue. » Droit qu'elle n'a cependant jamais utilisé. Et lorsqu'il lui arrive de rentrer à l'improviste, son deux-pièces est toujours occupé.

Les dépenses d'électricité, de gaz et de téléphone occasionnées par les locataires sont prélevées sur le compte de Jeanne puis remboursées par l'agence. Sur place, celle-ci assure la gestion s'occupe du linge, du ménage et de l'état des lieux. « Nous faisons particulièrement attention à la bonne tenue de l'appartement car nous sommes juridiquement responsables en cas de dégradation », indique Gaëlle Rigou. Et en signe de bienvenue, chaque nouveau locataire est accueilli avec une bonne bouteille de vin français, un geste très apprécié.

Début 2007 Des travaux sont nécessaires

Deux ans se passent sans accroc. Les locataires - le plus souvent des touristes - se suivent pour des périodes allant de quelques jours à plusieurs semaines. Et Jeanne perçoit régulièrement ses loyers. Fin 2005, elle décide de retirer le bien de l'agence pour le louer à un ami. L'épisode dure un an et se termine au début de 2007. Elle décide de reprendre son appartement pour le confier de nouveau à Parisian Home. Un petit rafraîchissement est néanmoins nécessaire : « La peinture commençait à s'écailler, je ne pouvais plus le louer en l'état », se rappelle-t-elle. Une série d'allers-retours s'impose pour mesurer l'étendue du chantier, rencontrer l'ouvrier chargé des travaux, choisir la peinture, payer les différents frais. Chaque fois, elle doit débourser près de 200 euros pour son voyage en Eurostar. Sans compter la facture finale, quelques milliers d'euros. Les travaux prennent du temps. Au mois de mai, tout est enfin terminé.

Ce n'est pourtant pas la fin des ennuis. Suite à un dégât des eaux dans l'appartement vide, les pompiers interviennent en fracturant la fenêtre. Des travaux sont à nouveau nécessaires. Jeanne prend contact avec l'expert en assurance de la Société générale afin d'évaluer le montant des dégâts et se faire rembourser les réparations indispensables pour remettre son appartement sur le marché. Plusieurs semaines se passent, sans nouvelles. Pendant cette période, notre propriétaire a tout le loisir de réfléchir à d'autres travaux d'embellissement qui permettraient l'augmentation de loyer qu'elle appelle de ses voeux. « En l'état actuel, ce bien pourrait probablement se louer entre 1 500 et 1 600 euros par mois. Cependant, avec quelques petits efforts de décoration comme un mur de couleur, des tableaux et un ou deux meubles griffés pour panacher avec ceux déjà sur place, ce deux-pièces pourrait probablement monter en gamme et se louer autour de 2 000 euros par mois », confie Gaëlle Rigou

Jorge Carasso

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...