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La Vie immobilière N° 6Paru le dimanche 1 avril 2007 à 00h00

J'ai acheté sur plans


Acheter en état futur d'achèvement est un pari sur l'avenir. Une aventure réussie à grand renfort de raison, de patience et d'imagination.

Julie et Michaël habitaient un petit trois-pièces, dans le 15e arrondissement de Paris, près de Convention. Jeunes mariés, ils veulent avoir un enfant. Mais pour ça, il faut s'agrandir. Viennent alors les calculs : pour un appartement plus grand dans le même quartier, les loyers passent à 1 600 euros par mois ou plus. A ce prix-là, autant acheter, se disent-ils. Michaël, commercial, est au chômage, mais Julie est responsable d'une salle de marché. Leur budget : 250 000 euros environ. Ils lisent des dossiers, se documentent, découvrent les avantages de l'achat dans le neuf : frais de notaires plus faibles que pour l'ancien (de 2 à 3 % du prix d'acquisition, contre 7 %), TVA comprise dans le prix de vente, garantie décennale sur le bien, charges de copropriétés a priori moindres... « Et puis, il y a ce sentiment d'être les premiers à mettre son empreinte dans son lieu de vie. C'est vraiment à soi ! » sourit Michaël. Reste à trouver la perle rare.

Décembre 2004 Trouver le bon projet

« Nous avons d'abord commencé à chercher à Issy-les-Moulineaux, dans la partie des Hauts-de-Seine proche de là où on habitait, mais on ne trouvait pas ce qu'on voulait. Alors on s'est tournés du côté des communes avoisinant le parc de Sceaux, une région que je connais bien car j'y ai passé mon enfance », explique Michaël. Finalement, deux appartements de trois pièces à Châtenay-Malabry attirent l'attention du jeune couple : l'un à 279 000 euros, l'autre à 230 000 euros. C'est le plus cher qui remportera l'adhésion. Il correspond mieux aux désirs de Michaël et Julie : un rez-de-jardin, 70 m2, 29 m2 de terrasse et 48 m2 de jardin, orienté plein sud. Tout plaît, y compris la disposition des pièces - enfin, quand on l'imagine, car pour l'instant seul le plan existe. La résidence : la Villa Sophia, composée de deux bâtiments, construite par Franco Suisse, située à soixante-dix mètres du parc de Sceaux, juste en face de l'Ecole centrale. Encore faut-il pouvoir le payer ! Le couple décide de préréserver l'appartement le temps de prendre contact avec des banques. Ces dernières rassurent Michaël. Malgré son statut de chômeur à l'époque, ses dossiers ne sont pas refusés. Du coup, le couple saute le pas et réserve définitivement le bien, en négociant de n'acheter qu'un box sur les deux proposés à l'origine, ce qui descend le prix à 265 000 euros. « On est partis tellement enthousiasmés qu'on a oublié le carnet de chèques... J'ai retrouvé le vendeur dans un café le samedi suivant pour lui remettre les 2 % d'acompte ! »

Janvier 2005 Financement : tirer la carte « chance »

Une fois la réservation posée, il faut dénicher le financement idéal qui implique des remboursements qui ne dépassent pas 1 600 euros par mois. Le promoteur avait un accord avec le Crédit agricole Ile-de-France, qui proposait un prêt à 4 % sur vingt ans. Trop élevé. « J'ai ensuite interrogé la banque de ma femme, le Crédit agricole de Normandie, qui se prononce pour un taux fixe de 4,25 % également sur vingt ans, sans contraintes spécifiques. » Encore trop cher. Michaël consulte alors sa banque. Un nouveau conseiller financier lui soumet deux offres, l'une sur vingt ans, l'autre sur vingt-cinq, au même taux de 3,95 % ! Fort de cette simulation, Michaël - qui soupçonnait avec raison une erreur du conseiller - rappelle le Crédit agricole de Normandie. Après des discussions « très constructives » par courrier et e-mail, un accord est trouvé : le prêt sera sur vingt-cinq ans, à un taux fixe de 3,95 %, habituellement réservé à des durées plus courtes. Sans obligation autre que de prendre l'assurance chez eux. Michaël et Julie signent sans attendre. L'acte sera définitivement validé chez le notaire en avril 2005. Il suffira ensuite d'un e-mail au banquier pour débloquer la somme correspondant à chaque appel de fonds du promoteur. Comme les intérêts ne sont dus que sur les sommes débloquées, cela permet une montée en douceur de la charge financière. « Cela allait très bien, sauf lors des six derniers mois. On payait l'équivalent de deux loyers : celui du 15e à Paris plus le remboursement des intérêts intercalaires. Avec le bébé en plus, cela faisait beaucoup ! »

Février 2005 Une décoration à la carte

Durant les premiers mois de travaux, l'immeuble pousse comme un champignon : l'appel de fonds pour les fondations a lieu en juin 2005, celui pour le plancher du premier étage en août... Le couple est invité régulièrement par le promoteur pour suivre l'avancée des travaux. « Le début est enthousiasmant, on voit véritablement les étages sortir de terre », décrit Michaël. Seul problème : l'un des bâtiments a deux mois de retard par rapport au planning. En cause, le sol trop meuble.

En novembre, vient une étape essentielle : le choix des prestations intérieures. Dans un showroom, des dizaines d'échantillons de faïences, carrelages, moquettes sont exposés. Chacun choisit ce qu'il veut pour son appartement. C'est aussi à ce moment que l'on peut modifier en partie les plans : démolir un mur - Michaël et Julie ont songé un temps avoir une cuisine américaine -, changer le revêtement du sol... Le couple décide finalement d'un aménagement : la pose de parquet dans un dégagement à la place de moquette, pour un coût de 600 euros forfaitaire. En mai 2006, une première visite est organisée, durant laquelle Michaël et Julie peuvent vérifier la bonne exécution de cette modification. Enfin, en octobre 2006, la prévisite est organisée. Le but : vérifier les peintures, les fenêtres, l'électricité, bref tous les petits détails. Les délais de livraison seront finalement respectés : prévue pour le quatrième trimestre 2006, la remise des clés aura lieu le 5 décembre.

Décembre 2006 Les cloches sonnent

Prévenus un mois à l'avance par le promoteur, Michaël et Julie ont eu le temps de s'organiser, notamment pour le déménagement. Leur ancien propriétaire les dispense du préavis de trois mois : il lui suffit d'être prévenu un mois à l'avance. Mais il faut aussi penser à l'aménagement de la cuisine, au changement d'adresse... « Lorsqu'on arrive dans l'appartement la première fois, en fait c'est encore un petit chantier : des ouvriers apportent les dernières finitions, le gazon et les arbres du jardin n'ont pas encore poussé », décrit Michaël. La nouvelle résidence est un territoire vierge où chacun cherche à prendre ses marques, ce qui crée des liens. « Le contact avec les voisins est très bon. Il règne un esprit d'entraide, tout le monde part de zéro : on se dépanne pour sortir du garage, trouver les poubelles... chacun s'implique », se réjouit Michaël. Ce dernier fait même partie du conseil syndical.

Le seul inconvénient de cet appartement, le temps de trajet pour se rendre au travail à Paris où Julie a son bureau et où Michaël a retrouvé un emploi : quarante-cinq minutes à l'aller et au retour. « Sinon, tous les week-ends, je me crois à la campagne, j'entends les cloches le dimanche ! », sourit Michaël. Depuis l'arrivée dans l'appartement, elle a pris en charge la décoration. Et lui a trouvé un nouveau centre d'intérêt : « Maintenant que j'ai "mon" patrimoine, je commence à regarder les prix d'un parking, de studios, ce que je ne faisais pas du tout auparavant. A peine devenu primo-accédant, je me rêve investisseur... »

Jean-Marie Benoist

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