Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 11Paru le lundi 1 octobre 2007 à 00h00

La certification est en marche


Les entreprises qui effectuent des diagnostics immobiliers devront être certifiées au 1er novembre 2007. Un début de professionnalisation.

Les diagnostics immobiliers (amiante, plomb, termites...), en se multipliant, auront fait la fortune de nombreuses entreprises qui se sont ruées sur ce nouveau marché. Sans formation, sans matériel fiable, sans assurance, les officines ont fleuri... Il fallait mettre de l'ordre dans cette anarchie néfaste pour le « consommateur immobilier » que ces diagnostics sont censés protéger. Résultat, à compter du 1er novembre, tout diagnostic immobilier, même le plus simple, ne pourra être effectué que par une entreprise ou un professionnel libéral certifié. A l'exception notable de la garantie de superficie (loi Carrez).

L'idée de départ était bonne, mais on a vu proliférer les organismes certificateurs. D'où l'intervention du Comité français d'accréditation (Cofrac), qui certifie dorénavant les certificateurs ! Actuellement, une dizaine de centres de formation sont agréés*. La dépense pour les entreprises est importante, allant de 700 à 1 500 euros pour la certification à un diagnostic seulement. En sachant qu'un diagnostiqueur ne peut développer une clientèle qu'en offrant un panel complet, il lui en coûte rapidement plus de 4 000 euros. Ce qui écarte les moins sérieux. D'autant, et c'est un point très important, que la certification exige du candidat une assurance de responsabilité civile professionnelle.

Un marché qui s'autorégulera

L'accès à la certification comporte des épreuves théoriques et pratiques. Que vaut cet examen ? Ce qu'en font les organismes certificateurs. On peut se poser des questions en relevant dans le Guide pratique de la certification de la Fidi (Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier) que, en cas d'échec à l'examen, une séance de rattrapage est prévue, selon les organismes, « le jour même », « immédiatement », « selon convenance du candidat », ou « huit à quinze jours après ». Sachant que la plupart de ces organismes proposent de fournir le matériel de diagnostic aux candidats et qu'il n'y a pas de sélection à l'entrée, aucune formation de base n'étant exigée.

La certification va probablement évacuer les diagnostiqueurs les moins sérieux. Ensuite, c'est le marché qui écumera le surplus, avec une grande responsabilité pour les agents immobiliers, les administrateurs de biens et les notaires qui pousseront (ou non !) leurs clients à faire appel (ou non !) à des professionnels qualifiés qui ne braderont pas leurs prestations.

Tous les diagnostiqueurs doivent être certifiés à l'échéance du 1er novembre. Mais ils ne sont qu'une poignée à avoir déjà franchi le pas, les autres se réveilleront au dernier moment. Une belle pagaille est donc à attendre puisque, à compter de cette date, le vendeur d'un bien immobilier devra obligatoirement vérifier la certification de son diagnostiqueur sous peine d'encourir d'énormes risques (lire encadré).

Attention aux diagnostics effectués au rabais

Côté diagnostiqueurs, les réactions sont diverses. Les amateurs vont disparaître. Philippe Rabut, président de la Fidi, considère que « la certification est une chance. Elle permet à chacun de se sentir conforté dans l'exercice de son métier, et apporte une reconnaissance incontestable ». D'autres sont plus pragmatiques. Pour Jean-Charles Dayot, géomètre expert, c'était un choix. Soit accepter la démarche, soit laisser tomber cette activité. « Vu les investissements que nécessite un département de diagnostics immobiliers, notamment en acquisition de matériel pour le plomb, la certification n'est pas un obstacle. La vraie question, c'est plutôt la qualité du travail. Des diagnostics conduits dans les règles de l'art, complets et sérieux, coûtent beaucoup plus cher que ceux faits au rabais et à la chaîne. La certification ne réglera pas cette question. »

Le vendeur, lui, voit le panel de professionnels se réduire, avec une garantie en matière d'assurance, mais sans plus. La demande du Conseil national de la consommation d'une carte professionnelle n'a pas été retenue. Cependant, certains organismes accréditeurs délivrent une telle carte (qui n'engage qu'eux), d'autres un simple certificat

* Liste disponible sur le site www.cofrac.fr

Michel Ravelet

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...