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La Vie immobilière N° 5Paru le jeudi 1 mars 2007 à 00h00

Le boom des Batignolles, à Paris 17e


Ce village parisien ne sera pas olympique, mais il séduit cependant les acheteurs. Il faut toutefois s'armer de patience car les vendeurs sont devenus gourmands.

Un marché, une rue piétonne, des restaurants et des bars branchés, le quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement, a su conserver un esprit village en plein Paris. Mais le charme de cet ancien quartier ouvrier se monnaie aujourd'hui fort cher. « Avec la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012 et la promesse de la construction d'un complexe sportif, cet îlot a vu sa cote monter en flèche. Et malgré l'échec du projet parisien, le soufflé n'est pas retombé », explique Philippe Girin, de l'agence CIE.

De fait, à proximité du square des Batignolles et de l'église Sainte-Marie, le rectangle d'or local, un appartement de moyenne gamme se négocie autour de 6 000 euros le mètre carré. Pour des biens zéro défaut en étage élevé avec vue sur le parc, il n'est pas rare d'atteindre 8 000 euros le mètre carré. « Ces appartements n'ont pas le lustre des beaux haussmanniens du côté ouest de l'arrondissement, près de Villiers ou du parc Monceau, mais les biens s'y vendent parfois aux mêmes tarifs », constate Slimane Abdelkader, de l'Agence des Batignolles. Grégoire Thouaud, de l'agence éponyme, acquiesce : « Les gens achètent dans ce quartier davantage pour son cadre de vie que pour la valeur du bâti. »

Surévaluation

Les immeubles début xxe de ce périmètre sont, il est vrai, assez modestes, avec des façades en crépi et des cages d'escalier en bois. Une grande majorité n'a pas d'ascenseur. Pourtant, les vendeurs ont tendance à surévaluer ces biens, d'où des délais de commercialisation de plus en plus élevés. « Un 34 m2 au 6e étage sans ascenseur est mis en vente 215 000 euros ; il vaut en fait 25 % de moins car monter tant d'étages à pied induit une grosse décote. Il se vendra sûrement 160 000 euros, mais, tant que le vendeur ne l'aura pas compris, l'appartement restera en stock », dénonce Grégoire Thouaud. Les vendeurs sont devenus gourmands. D'où la nécessité de négocier ferme pour ne pas surpayer son bien.

Dans les rues adjacentes, au coeur du village, les prix ont tendance à refluer et se négocient à partir de 5 500 euros le mètre carré. Un deux-pièces de 42 m2 à rafraîchir, rue des Batignolles, non loin de l'église, a été cédé 229 000 euros, soit un mètre carré à près de 5 450 euros. Plus on s'éloigne du centre, plus ce phénomène s'amplifie. La partie des Batignolles la moins cotée restant celle proche du 18e, près de l'avenue de Clichy. Pour les professionnels, seul ce dernier tronçon a d'ailleurs une chance de se valoriser à terme, vu les sommets atteints par le coeur du quartier, près du square. Le programme de réhabilitation des friches qui remplace le projet de village olympique y contribuera probablement. Cet aménagement sur 62 hectares doit donner naissance à un parc, des bureaux, et près de 3 500 logements dont 50 % seront réservés à l'habitat social. La livraison de la première tranche est attendue fin 2013

Jorge Carasso

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