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La Vie immobilière N° 15Paru le samedi 1 mars 2008 à 00h00

Le Brésil que les Français achètent


Connu pour ses belles plages, le Nordeste brésilien séduit tout particulièrement nos compatriotes. Les biens de standing s'y négocient à des tarifs défiant toute concurrence.

Façades bariolées, rues pavées, musique à chaque coin de rue... Le centre historique de São Salvador de Bahia de Todos os Santos (Saint Sauveur de la baie de Tous les Saints) a tout d'un décor de carte postale. Les immeubles d'inspiration coloniale y jouxtent des églises baroques. Les vendeurs à la sauvette de colliers et de bracelets alpaguent les touristes. « Le Pelourinho est le quartier préféré des Français. C'est d'abord là qu'ils veulent habiter », explique Daniel Daly, un agent immobilier irlandais installé sur place depuis des années. Les acheteurs hexagonaux ne sont pas les seuls étrangers à s'intéresser aux bâtiments xviie du centre historique de Salvador. « Les belles demeures restaurées changent de mains à des prix élevés. Une maison de ville rénovée de 200 m2 vaut dans ce périmètre autour de 400 000 euros. Il est possible de trouver moins cher à condition de réaliser de gros travaux. Une habitation vert vif, typique du quartier, est actuellement en vente à 250 000 euros. Les 200 m2 distribués sur quatre niveaux sont à refaire entièrement », confie-t-il.

Le Brésil connaît un vrai boom immobilier. En cause, l'attrait des investisseurs étrangers pour la pierre locale, mais pas seulement. « La bonne tenue de l'économie brésilienne ainsi que la baisse des taux d'intérêts de 20 à 12 % ces dernières années ont resolvabilisé une partie de la demande », commente Christophe Van Hamme, PDG de BrazilAtHand, société de conseil en investissement immobilier au Brésil. La pierre est aujourd'hui considérée par les Brésiliens comme un investissement sécurisant, au contraire des placements financiers, plus volatils. Les prix sont en forte progression depuis trois ans. Si la politique de baisse des taux continue, la tendance haussière du coût de l'immobilier devrait persister.

Le Nordeste brésilien, région de Bahia en tête, offre de belles opportunités d'achat. Hors du centre historique de Salvador, dans la partie haute de la ville - les quartiers sud les plus huppés -, se concentre une grande partie de la demande étrangère. Les prix des constructions récentes du bord de mer dans des tours de haut standing y sont bien moins élevés. Un appartement de 70 m2 sur plans dans le quartier huppé de Barra, sur la pointe sud de Salvador, avec une vue sur la mer et une grande terrasse, se négocie autour de 100 000 euros. Une même surface de standing égal mais datant des années 1980 ou 1990 se vend entre 60 000 et 85 000 euros. Tout aussi recherché mais plus excentré, le quartier animé de Rio Vermelho, quelques kilomètres à l'est. Les appartements y sont en moyenne de 15 à 20 % moins chers. Et les acquéreurs s'y sentent bien. « A Barra, vous serez toujours considéré comme un touriste, tandis qu'à Rio Vermelho votre origine n'a pas d'importance », témoigne un acheteur.

Propriétés luxueuses sur la côte

A l'extérieur de la ville, les belles maisons proches de la côte restent une cible de choix pour les investisseurs étrangers. Le ticket d'entrée y est certes nettement plus élevé, mais les prestations sont sans commune mesure avec ce que l'on peut obtenir pour le même prix en France. Odile Devillers et son mari ont ainsi acheté à la fin de 2007 une maison d'architecte de 200 m2 baignée de lumière dans une résidence non loin de la plage. « Après avoir habité ici durant des années, nous souhaitions trouver une attache sur place », commente-t-elle. La maison, construite il y a deux ans sur 1 000 m2 de terrain, est entre autres pourvue d'une piscine à débordement... Son coût ? 300 000 euros. Un tarif inimaginable dans l'Hexagone pour ce niveau de confort. Par ailleurs, la villa est ponctuellement louée entre 1 750 et 3 350 euros la semaine selon les périodes.

De nombreux programmes commencent à sortir de terre. Au nord de Salvador, la « ligne verte », surnom donné à la côte du fait de sa végétation luxuriante, s'étire sur 300 km. C'est là que se concentre l'essentiel de l'offre. La région est certes paradisiaque, dotée de lagons, de plages et de palmiers, mais les prix vont du simple au double. « Il y a pléthore d'offres sur des centaines de kilomètres, mais la qualité n'est pas toujours égale », pointe Daniel Daly. De belles maisons luxueuses de 400 m2 en front de mer y sont à vendre pour 500 000 euros. En deuxième ou troisième ligne, le prix peut descendre jusqu'à 250 000 euros. Dans une moins bonne gamme, le coût baisse parfois jusqu'à 150 000 euros. Toutes ces résidences ont en commun d'être fermées et gardées, « ce qui est un gage important de sécurité pour l'acheteur », indique Daniel Daly. Aujourd'hui, ces lotissements pour étrangers fortunés n'échappent pas à la mode du resort avec golf. La plupart des constructions actuelles de standing intègrent un green à l'intérieur ou à proximité de la résidence. Une maison neuve en dehors de ces ghettos chics coûte moins cher, de 100 000 à 150 000 euros pour une villa récente. Mais il faudra pourvoir à son gardiennage tout au long de l'année. Idem pour la petite maison de pêcheur en bord de plage, le rêve de beaucoup. « Les prix sont attrayants. Ils vont de 25 000 à 150 000 euros, mais ces biens sont difficiles à dénicher », constate un professionnel local. Contrairement aux programmes neufs et aux villas luxueuses, ils tombent rarement dans l'escarcelle des agents et se vendent le plus souvent grâce au bouche-à-oreille.

Construire dans les îles

Pour posséder la maison de ses rêves, il est aussi possible de faire construire. C'est l'option le plus souvent choisie pour devenir propriétaire dans les îles proches de Salvador. Ainsi l'île de Boipeba, un petit paradis à 400 km de la ville. Cet îlot de tranquillité offre des tarifs attirants et surtout un environnement vert et très calme. Ici, pas de résidences sécurisées mais des petites maisons pleines de charme à deux pas de la mer. Une parcelle de 1 500 m2 donnant sur la mer est actuellement mise en vente à 32 000 euros, un prix attrayant, mais qu'il faut expliquer. Le coût de la construction augmente de 20 % puisqu'il faut tout faire venir du continent. Une autre île a la faveur des touristes, l'île de Tinharé, plus proche, à 100 km de la capitale de l'Etat de Bahia. Dans cette île connue pour sa vie nocturne agitée, notamment dans la commune de Morro de São Paulo, les tarifs sont trois fois plus élevés. « Les vendeurs savent qu'ils sont assis sur une mine d'or et ne font pas de cadeaux. » L'offre est restreinte mais on peut encore trouver quelques parcelles. Certains biens récemment construits sont aussitôt remis sur le marché. Une maison contemporaine de 150 m2, sur les hauteurs, entourée de végétation, est mise en vente à 280 000 euros

Jorge Carasso

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