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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Le Maroc ne connaît pas la crise


A l'occasion du Salon de l'immobilier marocain qui va se tenir du 8 au 11 mai à Paris(1), le ministre de l'Habitat souligne les opportunités qui s'offrent aux investisseurs français malgré ou à cause du boom du marché.

L'économie marocaine est-elle menacée par l'éclatement d'une bulle immobilière ?

a.-t. h. Le Royaume doit faire face à un défi crucial : un déficit de logements d'autant plus grave que 60 % de la population a moins de trente ans, ce qui génère une demande insatisfaite et une très forte augmentation du coût du foncier. Les dépenses pour le logement sont en augmentation constante et tirent la classe moyenne vers le bas. Certains chiffres me font peur, comme celui de la consommation de ciment, qui est passé de 7,5 millions de tonnes par an en 2003 à 13 millions en 2007 et devrait atteindre 20 millions de tonnes en 2012. Mais je rejette le mot bulle ; il s'agit plutôt d'une renaissance, avec une demande potentielle encore inexploitée. Avec la culture musulmane qui rejette le monde bancaire, 20 % seulement des acheteurs marocains recourent au crédit, ce qui laisse une belle marge de progression, d'autant que les taux d'intérêt, qui sont fixes, ont fortement diminué pour rejoindre un niveau européen, compétitif, autour de 5 %. Comme nous ne pratiquons pas le crédit hypothécaire, nous ne sommes pas touchés par la crise financière internationale ; de plus, la Bourse de Casablanca, trop petite, n'est pas dépendante du marché mondial.

Que faites-vous pour fluidifier le marché du logement ?

Nous développons la construction par tous les moyens. Je lance à ce propos un appel aux promoteurs français, quasiment absents du marché marocain et qui se limitent à de petites opérations, contrairement aux sociétés en provenance d'Espagne ou des pays du Golfe. Le secteur privé est devenu très performant, avec des niches à développer dans le résidentiel pour la classe moyenne. Pour éradiquer les bidonvilles et l'habitat insalubre, nous venons de lancer un programme de logements low-cost à 130 000 dirhams l'unité (environ 13 000 euros). D'ici à 2012, il est prévu de construire 100 000 unités en zone urbaine dans des petits immeubles de deux étages et 25 000 en milieu rural.

Vous souhaitez également attirer les particuliers. Mais les prix des villas et des riads ne sont-ils pas déjà trop élevés pour les Européens, notamment les Français ?

Les prix ont certes beaucoup augmenté. Des pics historiques ont été atteints, 10 000 euros le mètre carré dans certains quartiers très huppés de Casablanca. Certains programmes de villas de luxe en bord de mer s'affichent entre 700 000 et 2 millions d'euros, voire plus. Mais sur l'ensemble du pays, le mètre carré de standing ne vaut en moyenne que 2 500 euros. Environ 35 000 Français vivent de manière régulière au Maroc ; ils sont nombreux à s'être installés à Marrakech, notamment des retraités qui peuvent bénéficier d'avantages fiscaux(2). D'autres destinations moins courues offrent de belles opportunités, notamment la région de Tanger, en vedette cette année au Salon, où de nombreux aménagements touristiques sont lancés, entre autres des golfs. L'investissement locatif dans les résidences de tourisme doit également se développer avec un cadre fiscal attractif qui est en préparation et devrait voir le jour courant 2008

(1) Smapimmo, 8,9,10 et 11 mai à Paris-Nord Villepinte.

(2) Pour l'impôt sur le revenu, les retraités ont droit à 40 % d'abattement sur la fiscalité de leur pension, et à 80 % supplémentaires pour les retraites étrangères. II faut être résident fiscal au Maroc et verser sa pension sur un compte en dirhams non convertibles.

Françoise Rey

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