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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Le ralentissement se confirme


L'onde de choc se propage. Les professionnels notent un sérieux tassement des prix et des loyers dans toute la France,

Cela ne fait plus aucun doute. Après plusieurs années de flambée, l'assagissement du marché est bel et bien une réalité. Si les volumes de transactions - 800 000 ventes l'an passé, soit un niveau sensiblement identique à celui observé en 2006, selon les experts du Crédit foncier - ne rendent pas encore compte du phénomène, l'heure n'est plus aux grandes envolées de la cote du mètre carré. Loin de là. Déjà, en 2007, le rythme de croissance des prix avait ralenti doucement, s'affichant à 3,8 % contre 7,1 % en 2006, 10,4 % en 2005 et 15,4 % en 2004.

A en croire les résultats de la dernière étude de conjoncture de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), l'évolution est pour le moins hésitante sur les premiers mois de l'année. En baisse de 0,8 % en janvier et de 0,3 % en février, les prix des logements anciens ont timidement repris 0,1 % au mois de mars, la bonne tenue du prix des appartements (+ 1,4 % après une hausse de 0,5 % en février) compensant la faiblesse persistante du prix des maisons (- 1,6 % après un repli de 1,4 %). Après un recul de 1 % au premier trimestre, le tarif de la pierre affiche désormais une hausse de 2,7 % sur les douze derniers mois, un niveau proche de l'augmentation du niveau général de prix et très loin de la flambée enregistrée depuis une dizaine d'années. De même, le marché locatif privé n'échappe pas au mouvement de stabilisation des prix. Après un niveau moyen de 3,7 % entre 2004 et 2006, le rythme de progression annuel moyen des loyers s'est en effet établi à la fin du premier trimestre à + 0,7 %.

« Si le marché retrouve sa sagesse et ses repères, nous pourrons parler d'un atterrissage, je l'espère, en douceur. Les prix devraient progresser désormais à un rythme proche de celui de l'inflation », pronostique René Pallincourt, président de la Fnaim. « Le rythme des ventes va s'essouffler de manière inéluctable en 2008 en raison des contraintes budgétaires des ménages et de la remontée des taux d'intérêt », estiment les experts du Crédit foncier. Dans un contexte de crise financière, limitée ou non aux subprimes, et dans un climat de confiance dégradé, le président de la Fnaim refuse toutefois de céder à la panique. « Le scénario d'une stabilisation semble pouvoir être privilégié à un recul généralisé à l'ensemble du marché », insiste t-il, écartant le spectre d'une spéculation à la baisse des prix. Son raisonnement ? Le coup de frein sur les prix se conjugue avec des conditions de crédit toujours favorables aux emprunteurs et des taux aujourd'hui inférieurs de 10 points de base en moyenne à ceux pratiqués fin 2007.

De fait, la solvabilité des ménages se restaure (+ 1 % sur un an) et devrait permettre à la demande, toujours forte et traditionnellement plus vive au printemps qu'en hiver, de mieux s'exprimer. Si vendeurs et bailleurs acceptent de modérer leurs prétentions financières avant d'y être contraints, l'activité pourrait ainsi ne pas rompre son dynamisme. A suivre

Ariane Artinian

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