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La Vie immobilière N° 10Paru le samedi 1 septembre 2007 à 00h00

Les filles d'à côté


Eliane Boéri, sur scène avec Les 3 Jeanne, a vendu un bout de sa maison, près de la gare de l'Est, à son amie Agnès Soral.

Même humour requinquant, même franc-parler pour dénoncer les pépins de la condition féminine, ces deux-là sont aujourd'hui voisines. Agnès Soral, qui écrit son prochain spectacle, vient en effet de terminer les travaux du duplex de 73 m2 qu'elle a acheté à son amie Eliane Boéri. Et, à vingt-sept ans d'intervalle, la magie des lieux - une maison de campagne en plein Paris - a su décider les deux comédiennes en un éclair de seconde. « Pendant un an, mon agent immobilier m'a fait visiter un bien par jour, explique Eliane Boéri. Je voulais un lieu atypique. Cela n'allait jamais, mais je continuais à y croire. »

Un beau matin, Serge Kayser (dont la patience et la courtoisie lui inspirent encore le respect) la somme de le rejoindre avant neuf heures. « Il m'a réveillée, ça m'a contrariée, mais je me suis levée et j'ai foncé. A 8 h 50 j'étais au rendez-vous, à 8 h 51, dans ma tête, j'avais acheté. » Eliane succombe immédiatement au charme du décor : une plumasserie de 250 m2 à retaper dans une cour calme, près de la gare de l'Est, dans le 10e arrondissement. « On y fabriquait les costumes pour le Moulin-Rouge, sourit-elle. J'ai déboursé l'équivalent de 500 000 francs, mais, même en 1979, c'était une bonne affaire. » Les travaux, ensuite, durent une bonne dizaine d'années. Au gré des spectacles, les cachets passent tantôt dans la réfection d'une chambre, tantôt dans celle d'une salle de bains. « C'est ici, avec ma soeur et ma belle-soeur, aujourd'hui disparues, que nous avons conçu et répété Les 3 Jeanne », se souvient-elle. Et puis un beau jour, la maison se vide, sa fille Julie s'en va, et la bâtisse devient trop grande. « Le choix raisonnable était de vendre, mais je ne me résignais pas à quitter les lieux. » Elle finit par s'épancher auprès de son notaire, Me Chapelain. « Arrête de nous enquiquiner, m'a-t-il dit, ta maison est composée de plusieurs lots. Vends donc l'un d'entre eux. » Ravie, elle raconte son soulagement le lendemain à son amie. Agnès Soral s'emballe illico : « Ne cherche pas, c'est pour moi. Ça fait dix ans que j'attends que tu vendes un bout de ta maison. »

« C'est délicieux d'habiter à côté de sa meilleure amie, qui plus est dans un quartier en plein essor. Entre le TGV Est et l'Eurostar, nous sommes au coeur du business européen. Le secteur va forcément se valoriser », se réjouit l'actrice. « Aujourd'hui, le 10e est bobo, les artisans du canal Saint-Martin ont laissé place aux Antoine et Lili et autres boutiques tendance, poursuit Eliane Boéri. Mais à l'époque, les gens ne comprenaient pas que je quitte la rue Charlot, dans le 3e arrondissement, pour un quartier populaire. » Eliane avait pourtant une longueur d'avance

Ariane Artinian

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