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La Vie immobilière N° 19Paru le mardi 1 juillet 2008 à 00h00

Les gérants de nouveau inquiets


L'optimisme a vécu. Les pilotes de fonds sont convaincus que certains pans du secteur souffriront dans les prochains mois.

Nouveau coup d'arrêt pour les fonds immobiliers. En mai, si l'on exclut BMM Pierre Capitalisation, un fonds dont le responsable a régulièrement fait preuve de prudence (voir interview), l'ensemble de la catégorie affiche des performances négatives. En outre, plusieurs gérants se sont pris les pieds dans le tapis. Ce sont en effet des fonds pilotés activement qui occupent le bas du classement, alors que cette place était plutôt, depuis la correction entamée fin 2007, l'apanage des fonds indiciels, dits de gestion passive. Même si les pertes sont pour beaucoup limitées, ce revers est suffisant pour remettre en cause l'idée selon laquelle l'immobilier pourrait, autant que faire se peut, rester à l'abri des menaces qui pèsent sur l'économie globale. En Espagne, où l'explosion de la bulle immobilière n'en finit pas de faire des dégâts, les mises en chantier ont chuté de 50 %. En Grande-Bretagne, où le poids de l'économie tertiaire est prépondérant, le secteur a subi de plein fouet la crise bancaire. La France ne fait pas exception, notamment via le résidentiel. D'ores et déjà, les ventes dans le neuf ont accusé une baisse de 30 % au cours du premier trimestre 2008 et les délais d'écoulement sont passés de huit à douze mois. De fait, les mises en chantier ont baissé de près de 20 %. En outre, dans l'ancien, une phase de consolidation semble imminente, en ligne avec la baisse de la production de crédit immobilier. Et ce n'est pas tout. Avec les récentes déclarations du président de la Banque centrale européenne, une hausse des taux dans les prochaines semaines n'est plus à exclure. L'objectif de la BCE est de combattre l'inflation, en forte hausse - 3,3 % sur les douze derniers mois -, mais elle pénalise également les emprunteurs particuliers ou les sociétés foncières, la plupart d'entre elles finançant par la dette leurs acquisitions.

Rester sur la défensive

En dépit de ce tableau guère reluisant, certains gérants veulent rester sereins. L'immobilier commercial et de bureaux - de qualité, s'entend - doit évoluer positivement, quand bien même la consommation des ménages pourrait montrer des signes d'essoufflement. En outre, le rôle défensif des foncières sera, pour les sociétés les plus solides et les moins endettées, un indéniable atout. Reste qu'aucun gérant ne se risque désormais à annoncer une fin de crise à la mi-2009, comme c'était encore le cas récemment. Deux à trois années d'attente avant de constater une embellie est clairement le scénario qui recueille aujourd'hui le plus de suffrages

Jean-François Tardiveau

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