Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 14Paru le vendredi 1 février 2008 à 00h00

Les intentions d'achat restent fortes


Après dix années d'euphorie, le marché se normalise. Et si la demande est toujours supérieure à l'offre, la hausse des prix devrait être de moins en moins vive.

Sans aucun doute, 2007 restera gravée dans les annales comme une année charnière. « Celle du passage de la béatitude à la vigilance », observe Me Pierre Bazaille, du Conseil supérieur du notariat et président de l'Institut de droit immobilier. « Jusqu'ici, les professionnels vendaient leurs produits aussitôt l'annonce publiée, les vendeurs encaissaient des plus-values et les acquéreurs étaient en outre persuadés de faire une bonne affaire », poursuit-il. « N'importe qui pouvait faire n'importe quoi et gagner à coup sûr, résume Guy Neplaz, directeur général résidentiel de CB Richard Ellis. Ce n'est plus possible. » L'heure est à la prudence chez les promoteurs, dont les stocks augmentent, pour les banquiers, refroidis par la crise des subprimes, et, bien entendu, chez les acquéreurs. « Ils mettent de plus en plus de temps à se décider. Il faudra attendre 2009-2010 pour retrouver un marché serein où acheteurs et vendeurs auront retrouvé leurs marques », poursuit Pierre Bazaille. Etat des lieux.

Les prix ralentissent

Pour la troisième année consécutive, les prix ont continué de s'apprécier à un rythme supérieur à l'inflation, mais de moins en mois soutenu. Après 16,2 % en 2005 et 12,2 % en 2006, les prix des appartements ont progressé de 5,7 % l'an passé, selon les statistiques des notaires relevées au troisième trimestre 2007. Légèrement plus que pour les maisons, dont la cote a grimpé de 5,6 % (10 % en 2006 et 13,4 % en 2005). Ces chiffres Insee-Notaires de France tiennent compte des valeurs indiquées sur des actes de vente au troisième trimestre « sur un volume de ventes annuel comparable à celui de l'année 2006, avec près de 800 000 transactions », précise Pierre Bazaille. Les agents immobiliers, qui s'appuient sur les données enregistrées dans les promesses de vente au cours du quatrième trimestre 2007, avancent des hausses plus faibles mais pour toute l'année 2007 : 3,8 % pour la Fédération nationale de l'immobilier et 3,4 % pour Century 21. Et pronostiquent au mieux de 2 à 3 % d'augmentation cette année.

Les disparités régionales se renforcent

« Les prix seront globalement toujours à la hausse, et à un niveau supérieur à l'inflation. Cela restera particulièrement vrai sur les marchés recherchés de chacune des grandes villes. Cependant, dans certaines régions où l'activité économique est chancelante et où les étrangers sont absents, il faut s'attendre à une stagnation », pronostique Gérard Canales, président de la chambre des notaires de Paris.

Selon les notaires, Lyon (2 716 euros, 6 % sur un an) et Nice (3 295 euros, 9 %) affichent des taux de progression supérieurs à la moyenne. Rennes, qui a mené une politique active de construction et de mise sur le marché du foncier municipal, a connu une spéculation moins forte, avec un prix au mètre carré de 2 299 euros (+ 1 %). A l'autre extrémité, à Saint-Etienne, ville classée en fin de peloton, le prix du mètre carré a progressé de 13 %.

Nouveau cycle

Les tendances amorcées en 2007 se précisent. Si la hausse uniforme des prix n'est plus d'actualité, les professionnels excluent toutefois un effondrement du marché. Il est vrai que, pour l'instant, les intentions d'achat restent très fortes, notamment chez les primo-accédants, qui désirent se constituer un patrimoine tout en préparant leur retraite. « Les moins de 40 ans représentent aujourd'hui 47 % des acquéreurs, contre 37 % seulement en 1997 », observent les notaires. Reste à savoir si leurs dossiers de crédit ne vont pas se faire retoquer. « Compte tenu des incertitudes liées à la crise financière, les critères d'acceptation des banques pourraient se durcir », avertit Christophe Cremer, président fondateur de Meilleurtaux. Déjà, les établissements financiers prêtent moins facilement aux jeunes ne disposant pas d'apport personnel ou de contrat à durée indéterminée

Ariane Artinian

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...