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La Vie immobilière N° 3Paru le vendredi 1 décembre 2006 à 00h00

Les Martin font du ski


Acheter une résidence de vacances dans la Confédération helvétique ne relève pas du rêve. C'est parfois plus abordable qu'en France, malgré une législation encore restrictive.

La Suisse n'est pas que la patrie des coucous, du jodel (chant tra-ditionnel à base de vocalises), de la fondue et du secret bancaire. C'est aussi un patchwork de cultures et de paysages, des panoramas majestueux de vallées, de sommets et de lacs. Les pentes enneigées ne manquent pas au pays de Guillaume Tell et les stations de ski abondent : elles sont environ cent cinquante à se partager vallées et sommets. Et à côté des pistes, des chalets. De quoi réaliser le rêve de tout skieur : un chez-soi agréable, au pied des remonte-pentes, où boire un vin chaud après une journée intense remplie de descentes et de remontées mécaniques. Bonne nouvelle, c'est moins cher à concrétiser que ce que l'on croit. « En fait, les résidences secondaires ne sont vraiment chères que dans les grandes stations de ski, explique André Jordan, de l'agence Ivac SA. Si l'on se tourne vers les moins connues, il est possible de trouver des maisons d'un bon standing pour des prix plus que raisonnables. »

La Suisse romande - l'ouest du pays - est la région la plus intéressante, non seulement parce qu'elle est francophone, mais également en raison de son accessibilité : l'aéroport de Genève est bien desservi, y compris par des compagnies aériennes low-cost, et la petite taille du pays fait que les trajets en voiture ne sont jamais très longs. Au nord de la ville, à moins de deux heures en voiture, le canton de Neuchâtel et le sud du Jura sont les régions les moins chères. « Ce n'est pas la ruée. Les acheteurs sont plutôt des Suisses, explique André Jordan. Alors les prix ne sont pas très élevés. Il faut compter entre 180 000 et 210 000 euros pour un chalet de 100 m2 environ. » Et l'offre est assez large. Il est vrai que les montagnes y offrent des panoramas moins spectaculaires que ceux des Alpes et que les stations de ski sont plus petites et spécialisées pour la plupart dans le ski de fond. Mais elles recèlent de nombreux paysages pittoresques de moyenne montagne, et y faire des randonnées est un véritable plaisir.

A l'est du lac Léman, c'est le début des Alpes. Le sud des cantons du Vaud, de Berne et de Fribourg, en plus d'être un paradis du fromage, est probablement la zone la plus chère. Un nom suffit à l'expliquer : Gstaad. Un chalet de luxe y coûte au bas mot 2 millions d'euros. Et il n'y a pas vraiment de moyen ni de bas de gamme disponible. Mais en allant chercher ailleurs, on trouve encore des affaires à saisir. « Dans la petite station de Moléson-sur-Gruyères, un chalet de moins de 100 m2 se négocie entre 140 000 et 190 000 euros », indique André Jordan. Plus au sud, « les stations de Château-d'Oex et de Villars-Gryon étaient tombées en désuétude dans les années 1970. Il y a du choix et un chalet de 100 m2 se vend moins de 400 000 euros, signale Richard Col, coadministrateur du réseau Swixim. Mais elles redeviennent à la mode. Du coup, les prix montent vite ». Leysin ou encore Les Diablerets, au sud-ouest, qui étaient déjà fréquentées, profitent aussi de ce déplacement. Un chalet neuf de cinq pièces couvrant 160 m2 sur 1 250 m2 de terrain se monnaie pour un peu moins de 1 million de francs suisses (640 000 euros).

Prospecter dans les villages

Continuons vers le sud. Là, dans le Valais, les Alpes règnent dans toute leur splendeur : 48 sommets culminent à plus de 4 000 m, dont le Cervin, à 4 478 m, et la pointe Dufour, à 4 634 m. Les stations de ski les plus connues (Zermatt, Saas-Fee, Verbier, les Quatre Vallées), sont logiquement les plus chères tout en restant intéressantes : « Les prix y sont inférieurs à ceux de Courchevel, par exemple, alors que ces stations proposent des domaines skiables plus vastes et de bien meilleure qualité, estime Richard Col. En fait, elles sont sous-évaluées par rapport à leur offre. » Dans la station de Verbier, un chalet de 230 m2, en vieux bois, avec un toit traditionnel en lauze, s'est vendu 3 100 000 francs suisses, soit un peu moins de 2 millions d'euros. « Une demeure de luxe coûte entre 12 000 et 14 000 euros le mètre carré », ajoute Eugène Eugster, d'Eugster Immobilier. Des prix qui restent néanmoins élevés. Au nord du canton, Crans-Montana est un peu plus abordable, tout en restant de haut standing. Un bien similaire (250 m2 sur 1 000 m2 de terrain) s'y négocie autour de 1,5 million d'euros.

Dans le Valais, il est aussi possible de dénicher de très bonnes affaires, à condition d'élire domicile dans un endroit moins réputé. A cinq kilomètres à vol d'oiseau de Verbier, dans le village de Mayens-de-Riddes, près de la station de La Tzoumaz, un chalet de 64 m2 sur 500 m2 de terrain, d'une finition de bonne qualité, a trouvé preneur à 230 000 euros. Presque cinq fois moins cher que s'il était situé à Verbier. Et à Zinal, un bien similaire se vend au-dessous de 200 000 euros. Mais la meilleure piste reste peut-être le village de Nendaz, à proximité du domaine des Quatre Vallées : les premiers prix commencent à 200 000 euros.

Loi dite Lex Koller

Il faut prospecter, donc. Mais pas n'importe où. Car la Suisse impose, par la loi dite Lex Koller (voir encadré ci-dessous), des restrictions à l'achat de résidences de vacances par les étrangers. Le bien ne peut excéder certaines limites de surface et, surtout, l'achat n'est possible que dans 16 cantons* sur 26, et seulement dans des « zones touristiques ». Attention : il ne s'agit pas de destinations touristiques mais de zones administratives désignées par l'autorité cantonale. En fait, le plus souvent, ce sont les communes où se situe une station de ski. A ces restrictions s'ajoutent des règles édictées par chaque canton et chaque commune. Difficile, dans cette forêt de mesures, de connaître les biens disponibles. Heureusement, certaines agences les classent à part ou les signalent. Sinon, un simple coup de fil permet de se renseigner : les agents immobiliers proches des pistes ont l'habitude de la clientèle étrangère. Toutes ces contraintes vont disparaître d'ici à quelques années. Le gouvernement fédéral travaille à l'abrogation de la Lex Köller à l'horizon 2010. Pour autant, la porte ne sera pas ouverte à la prospection immobilière à tout crin, et il y aura encore des conditions restrictives, la protection du sol restant une préoccupation majeure des Suisses

* Berne, Fribourg, Glaris, Grisons, Jura, Lucerne, Neuchâtel, Nidwald, Obwald, Saint-Gall, Schaffhouse (seulement pour les apparthôtels), Schwyz, Tessin, Uri, Vaud, Valais.

Jean-Marie Benoist

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