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La Vie immobilière N° 15Paru le samedi 1 mars 2008 à 00h00

Les petits bobos de la planète bling-bling


Les tensions se calment sur l'immobilier de luxe. C'est le retour des bonnes affaires pour les actuels et futurs milliardaires.

L'heure est grave : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » Comme les animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine, les super-riches, eux aussi, commencent à éprouver quelques soucis consécutifs à la crise financière internationale qui a commencé en juillet 2007 avec les subprimes aux Etats-Unis. L'épidémie s'arrêtera sûrement un jour sans que personne aujourd'hui ose avancer une date. En attendant, les milliardaires sont toujours milliardaires mais ils flambent un peu moins. En témoigne l'immobilier de haut de gamme, qui enregistre, comme les gammes plus ordinaires, une accalmie sur le front des prix. L'indice de l'immobilier mondial de luxe calculé par Knight Frank n'a progressé que de 7,8 % en 2007, contre 9,6 % au cours de l'année précédente.

Pour 2008, la société prévoit un « ralentissement graduel » de la hausse sur les principaux marchés internationaux qui n'ont pas connu de baisse l'an dernier, à commencer par la France, l'Italie et les Caraïbes. La planète bling-bling souffre donc de menus bobos et petites contrariétés. Pour preuve, l'étude Hay Group sur les salaires des patrons que vient de publier La Tribune : elle indique que 77 % des PDG du CAC 40 ont vu leur rémunération augmenter de 40 % en 2007, ce qui signifie que 23 % des patrons n'ont enregistré qu'une misérable augmentation inférieure à 40 %. La crise, on vous dit ! Et l'étude ne tient pas compte du modeste revers de fortune subi par Daniel Bouton, le toujours numéro un de la Société générale, qui a généreusement renoncé à son salaire du semestre ainsi qu'aux stock-options et primes sur 2008 pour compenser - autant que faire se peut - les 5 milliards d'euros de pertes de sa banque. Quant aux traders anciens collègues de Jérôme Kerviel, celui par lequel le scandale est arrivé, ils devraient malgré tout encaisser leurs bonus à six chiffres, ce qui permettra de maintenir la demande de propriétés de grand standing.

Rassurons-nous : globalement, les grandes fortunes devraient rester aussi grandes et aussi nombreuses, même si quelques nouveaux pauvres Occidentaux, pauvres à l'échelle du milliard de dollars, vont être progressivement remplacés par de nouveaux riches venus d'ailleurs. Knight Frank se félicite ainsi de la « métamorphose immobilière » qui vient de s'amorcer avec l'apparition de nouveaux acheteurs en provenance de Chine, d'Inde, de Russie et d'Europe centrale et orientale, les effets de cette new money étant déjà perceptibles au coeur de Londres et dans le midi de la France. Parmi les destinations qui font tendance, la Bulgarie, les cités historiques de Moscou et Saint-Pétersbourg. Quant aux Etats-Unis, ils pourraient, selon ces spécialistes du résidentiel planétaire, redevenir à la mode : « Des biens en vente dans certains des meilleurs immeubles de New York sont désormais proposés à des prix qui paraissent très bon marché. » Le catalogue présente notamment dans le West Village des appartements à partir de 2,2 millions de dollars ou des maisons de ville à partir de 12,75 millions de dollars (1,5 ou 9 millions d'euros). Avis à ceux qui ont gagné tout ou partie des 5 milliards de la Générale

Françoise Rey, rédactrice en chef

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