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La Vie immobilière N° 19Paru le mardi 1 juillet 2008 à 00h00

Les petits prix de la belle province


La capitale de la plus grande région du Canada attire par ses tarifs avantageux de plus en plus de Français, à la recherche d'une autre qualité de vie.

Nos cousins d'outre-Atlantique sont particulièrement accueillants. Selon le ministère de l'Immigration du Québec, chaque année, entre 3 000 et 4 000 Français décident de s'y installer de façon permanente. La Maison des Français à l'étranger estime le nombre d'expatriés à plus de 100 000, en forte augmentation depuis quelques années. « La ville de Québec - la capitale de la province - est appréciée des étrangers car elle permet à la fois de disposer des commodités d'une agglomération et de profiter de la nature, tout en étant aisément accessible par avion », explique Carole Marceau, agent immobilier chez Sutton Immobilier.

Et, selon une étude de Century 21 Québec, la ville est l'une des moins chères du monde, le prix moyen étant de 93 dollars canadiens par pied carré en 2007, soit un peu moins de 630 euros le mètre carré. Une différence de prix accentuée par une parité euro-dollar canadien avantageuse : bien que distinct du dollar américain, le canadien suit de près les évolutions du billet vert.

Autour de Québec

« Les Français apprécient tout particulièrement les environs du lac Beauport et le quartier de Notre-Dame-des-Laurentides, à l'extrémité nord de l'arrondissement de Charlesbourg », précise Didier Grolleau, de l'agence France-Québec Immobilier. Des endroits qui permettent d'allier les avantages d'une ville - le centre de Québec ne se trouve qu'à un quart d'heure en voiture - aux charmes de la nature : le quartier de Notre-Dame-des-Laurentides offre quelques superbes lacs et de très belles collines boisées.

« Dans le quartier de Beauport, pour 200 000 dollars canadiens, soit 135 600 euros, vous pouvez acheter une maison d'environ 1 000 pieds carrés (environ 93 m2) de surface au sol, avec quatre chambres, une salle de bains et une piscine, sur un terrain boisé d'en moyenne 800 m2 », détaille Sylvie Larochelle, de l'agence immobilière RE/MAX. De plus, la surface habitable d'une maison mentionnée sur une annonce ne prend pas en compte le sous-sol, qui le plus souvent est aménagé avec une chambre. Il est possible de trouver des biens moins chers encore, à condition de renoncer à une maison individuelle. Ainsi, une maison jumelée - autrement dit mitoyenne - presque neuve, à Notre-Dame-des-Laurentides, de 111 m2, est à vendre pour 92 000 euros.

« Ces quartiers sont les plus fréquentés par les Français, mais ce n'est pas là que se trouvent les meilleures affaires. Le contraste de prix est tel que les vendeurs québécois n'hésitent pas à surévaluer leurs biens par rapport au marché local quand les acquéreurs sont étrangers, décrit Florence Letarte, de l'agence immobilière Royal LePage. Pour trouver à se loger au prix du marché local, il faut diriger son attention vers les autres communes qui bordent Québec, comme Sainte-Pétronille, Saint-Pierre-de-l'Ile-d'Orléans ou Beaumont. »

Ainsi, à Boischatel, petite commune à dix minutes à l'est de Québec, cette maison de plain-pied de six pièces, d'environ 186 m2, construite il y a treize ans mais en très bon état, sur un terrain de plus de 3 000 m2, s'est vendue près de 176 000 euros.

Sur la rive sud du Saint-Laurent, dans la commune de Saint-Jean-Chrysostome, une maison à deux étages bâtie il y a trois ans, d'environ 190 m2 de surface totale, est partie à 171 000 euros. Le terrain a une superficie de plus de 700 m2, avec quatre espaces de stationnement.

Dans la capitale

S'installer au coeur de la ville coûte plus cher, mais peut être plus avantageux sur le long terme. Le quartier le plus chic est celui de Montcalm, situé à mi-chemin entre le centre-ville et l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery. « C'est une valeur sûre, estime Carole Marceau. Les prix y sont relativement stables, mais ils sont à l'abri d'une baisse. » On peut y trouver de vieilles demeures bien entretenues, à condition de pouvoir se les offrir. Ainsi, une maison de trois étages d'un peu moins de 300 m2, avec huit chambres, donnant sur une cour privative entièrement aménagée, s'est vendue 307 000 euros environ.

La capitale provinciale est en plein boom immobilier et lancera sous peu trois projets d'importance qui ajouteront 3 000 unités de logements sur son territoire. « L'idée est de combattre la tendance actuelle qui veut que les Québécois s'éloignent de plus en plus en banlieue, explique Florence Letarte. Investir dans ces secteurs promet de bonnes plus-values. » Le projet le plus important est celui du secteur Lebourgneuf, dans l'arrondissement des Rivières, en plein centre de la ville : 1 200 logements et une nouvelle avenue commerciale sont prévus. En conséquence, « le quartier est devenu l'un des plus courus en ce moment, indique Sylvie Larochelle. L'augmentation des prix y a atteint 13 % l'année dernière, une des plus fortes hausses de toute la province, et c'est une tendance durable. » Une maison de 1987, récemment rénovée, de 100 m2 - sous-sol exclu -, s'y est vendue pour 115 000 euros. Les effets de ce projet devraient se faire sentir jusque dans le quartier Sainte-Foy, où une maison toute proche de l'université Laval, 112 m2 sur un terrain de 650 m2, comprenant cinq chambres, récemment rénovée, avec une piscine hors-sol, a été achetée 170 000 euros.

Même si l'essentiel du marché porte sur les maisons, les appartements (ou condos) ne sont pas à délaisser pour autant. « S'il recherche la plus-value, un investisseur pourra être intéressé par les condos, conseille Carole Marceau. Ils deviennent de plus en plus populaires. » En effet, rebutés par les prix, pour eux élevés des maisons individuelles, les Québécois se tournent de plus en plus vers l'habitat collectif. Il y a quinze ans, les copropriétés représentaient 9 % de toutes les ventes sur le réseau interagences. Entre janvier et septembre 2007, leur part de marché a atteint 21 %. « C'est un type de bien qui commence tout juste à rentrer dans les moeurs québécoises, explique Florence Letarte. Du coup, elles sont encore sous-évaluées. Mais au fur et à mesure que les prix des maisons individuelles ou mitoyennes vont augmenter, la demande pour les appartements ira elle aussi croissant, ce qui provoquera un réajustement de leur valeur. » Signe qui ne trompe pas : lors du premier trimestre 2008, la construction de condos a augmenté de 22,9 % dans tout le Québec. Dans le quartier de Sainte-Foy, à proximité de l'université Laval, un appartement de 85 m2, avec deux chambres, au premier étage d'une résidence récente, s'est vendu pour 102 000 euros

Jean-Marie Benoist

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