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La Vie immobilière N° 14Paru le vendredi 1 février 2008 à 00h00

Les secrets perdus de la formule magique


Livret A, loyers, crédits immobiliers... La crise financière internationale déboussole les baromètres de notre maigre fortune de Français moyens.

Sale temps pour les comptes de fées. Taux du livret A, hausse des loyers, mensualités des crédits immobiliers... Même si l'économie est une science, sur tous ces sujets, les certitudes d'il y a seulement quelques mois se lézardent dangereusement. C'est ainsi que le gouvernement vient de remettre en cause le calcul automatique de la rémunération du bas de laine détenu par quelque 46 millions de Français. Mathématiquement, le taux aurait dû passer de 3 à 4 % au 1er février. Le gouvernement a décidé arbitrairement que la hausse serait deux fois moins forte que prévu. Ce sera donc seulement 3,5 %. Quant à la formule qui avait été élaborée pour éviter que les politiques se mêlent de ce qui ne devrait pas les regarder, elle va évidemment être révisée. Les circonstances exceptionnelles (niveau élevé des taux d'intérêt à court terme, retour de l'inflation) évoquées pour s'écarter de la règle ont bon dos. On nous dit qu'un rendement élevé menacerait le financement du logement social, qui repose sur les prêts accordés aux organismes HLM sur la base du taux du livret. Mais un joli taux augmenterait aussi la collecte et donc les montants des prêts consentis aux organismes sociaux.

Autre argument fallacieux : parmi les détenteurs du livret A, il y a aussi des riches. Ce n'est pas une raison suffisante pour que les pauvres, malgré les promesses électorales, s'habituent à gagner moins. La formule du livret A n'est pas la seule équation qui a du plomb dans l'aile. Le mode de calcul de l'indice de référence des loyers (IRL), qui n'est âgé que de deux ans, devrait également être revu et corrigé. Cet indice sert de base au calcul de la hausse des loyers. Il ne répercute que pour une faible part la hausse de l'indice de la construction et est actuellement composé à 60 % de l'augmentation des prix à la consommation hors tabac. Comme ce cocktail augmenterait trop vite, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a demandé son alignement complet sur l'inflation. Ce qui n'est peut-être pas une très bonne idée. L'IRL a progressé de 2,49 % sur un an au troisième trimestre 2007 et l'indice des prix de détail hors tabac de 2,5 % sur l'ensemble de l'année passée. La différence est minime et l'inflation actuellement en phase de reprise risque de dépasser prochainement l'IRL tel qu'aujourd'hui calculé.

Dans le premier cas, on brime les épargnants. Dans le second, on voulait aider les locataires en pénalisant les propriétaires mais c'est le contraire qui pourrait bien se produire, ouvrant la voie à un énième tripatouillage de la mathématique gouvernementale. Dans le genre boomerang, notre troisième exemple est également édifiant. Il s'agit des prêts à taux variables distribués par le Crédit foncier. Moins chères au départ que les offres à taux fixes, ces formules s'adressent à des accédants à la propriété qui n'auraient pas pu emprunter autrement. Ces prêts dits lissés comportent des sécurités pour le souscripteur, mais pas de taux plafond. Résultat : un emballement des mensualités. La banque a pris des mesures pour rectifier le tir auprès de ses clients (voir page 42). Elle plaide elle aussi les circonstances exceptionnelles. Pas contents, les Français ? Normal, il ne leur reste que la possibilité de se faire une tête de circonstance

Françoise Rey, rédactrice en chef

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