Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 12Paru le jeudi 1 novembre 2007 à 00h00

Les solutions économes en énergie


Contribuez à sauver la planète en faisant le choix de l'habitat durable. Un investissement qui se rentabilise dans la durée tout en offrant des avantages fiscaux.

Réduire la consom-mation d'énergie des logements anciens de 12 % et réaliser au moins un tiers des constructions privées neuves à basse consommation* ou à énergie positive à l'horizon 2012 : telles sont les ambitieuses propositions étudiées au Grenelle de l'environnement. L'enjeu est de taille, car le bâtiment est responsable de 46 % de la consommation d'énergie finale en France. Pour René Pallincourt, président de la Fnaim, « une action significative sur l'environnement ne peut être obtenue qu'en agissant efficacement sur notre habitat existant ». De son côté, le collectif d'industriels Isolons la Terre contre le CO2 a fait les comptes : « Une rénovation globale et de qualité optimale intégrant les énergies renouvelables coûte entre 15 000 et 25 000 euros par logement. » Un investissement lourd, allégé par les subventions et autres coups de pouce fiscaux et rentabilisé grâce aux économies d'énergie (jusqu'à 80 %). Si les liquidités vous manquent, pensez aux prêts à taux bonifiés dédiés à ce type de travaux. Faites donc des économies d'énergie dans votre propre intérêt... et dans celui des autres !

* 50 kWh par mètre carré et par an, contre 80 à 250 aujourd'hui.

Un bâtiment bien isolé

Sélectionnez le lieu

Vous construisez une maison ? Choisissez d'abord le terrain avec soin, selon son ensoleillement. Si l'orientation est bien étudiée, vous profiterez d'un maximum de chaleur l'hiver. « Avec six mètres carrés de vitrages au sud pour une maison de 100 m2, on peut réaliser de 5 à 10 % d'économies de chauffage », estime Gérard Babin, thermicien chez Mikit. La pente du toit doit par ailleurs tenir compte des vents dominants. Mais ne perdez pas de vue l'importance de la localisation. « Une maison économe en énergie n'a pas de sens s'il faut faire six kilomètres en voiture pour la moindre baguette de pain », insiste Yves Moch, en charge du développement de la qualité environnementale des bâtiments à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Maximisez l'isolation

En matière d'économies d'énergie, l'isolation thermique est le maître mot. L'objectif est d'empêcher votre logis de se transformer en frigo dès le mois d'octobre et en sauna au début de l'été. Intéressez-vous en priorité à la toiture et aux combles, sources du tiers des déperditions de chaleur.

Pour les murs, plusieurs possibilités s'offrent à vous. Traditionnellement, on pose un isolant à l'intérieur : un système certes peu coûteux (de 25 à 60 euros par mètre carré de paroi), mais qui rogne sur la surface des pièces et n'empêche pas les déperditions dues aux ponts thermiques (points de rupture de l'isolation). Mieux vaut recourir à une isolation par l'extérieur, grâce à des enduits (de 75 à 120 euros par mètre carré). Autre solution : opter pour un mur à la fois porteur et isolant. « Pour un surcoût de 5 à 10 %, vite rentabilisé, la brique isolante (avec enduit extérieur et isolation intérieure en laine minérale) permet facilement de 10 à 15 % d'économies d'énergie par rapport aux maisons classiques en aggloméré », estime Gérard Babin. D'une manière générale, plus l'indicateur de résistance thermique R est élevé, plus le matériau est isolant.

Pour vos fenêtres, préférez le double vitrage à isolation renforcée, dont la performance dépasse de deux à trois fois celle d'un double vitrage ordinaire. Peu répandus en France, les triples vitrages offrent de belles perspectives pour répondre aux exigences croissantes de la réglementation : ils réduisent encore de 25 à 50 % les pertes de chaleur. Dernière touche pour parfaire votre isolation : la toiture végétale ! Outre ses vertus en matière d'acoustique et de rétention des eaux de pluie, elle améliorerait aussi le confort thermique, surtout l'été. Les toits plats en béton des immeubles collectifs s'y prêtent particulièrement. « Le plus souvent, les toitures végétales sont installées sur des bâtiments neufs. Mais la technique se développe pour les structures existantes », constate François Lassalle, président de l'Association des toitures végétales (Adivet).

Des équipements performants

Optez pour une ventilation de qualité

Une bonne isolation de votre logement exige une ventilation de qualité ! « La ventilation mécanique simple (VMC) a l'avantage d'être peu coûteuse. Mais l'hiver, on fait entrer de l'air froid, explique Yves Moch. D'où l'intérêt d'un système double flux. » Le principe consiste à utiliser l'air sortant pour chauffer l'air entrant, ce qui permet de réduire les besoins de chauffage. Comptez 3 000 euros TTC environ dans le neuf et 4 000 euros en rénovation, un investissement rentabilisé en huit à neuf ans.

Changez votre chaudière

Plus compactes, plus silencieuses, moins polluantes, les chaudières ont fait de grands progrès. « Si vous changez votre chaudière standard de plus de quinze ans contre un modèle dernière génération, vous abaissez déjà votre consommation d'énergie de 15 à 20 %, estime Michel Loiseau, ingénieur chez Gaz de France. Vos économies augmentent de 10 % supplémentaires dans le cas d'une chaudière basse température, et d'encore 7 à 12 % si vous faites le choix d'un appareil à condensation. » Autre système en vogue : les pompes à chaleur (PAC). Selon les modèles, elles puisent la chaleur dans l'eau, l'air ou le sol et la réintroduisent dans l'air ambiant, par exemple via un plancher chauffant. Leur coût peut atteindre de 60 à 150 euros par mètre carré chauffé. N'hésitez pas à acquérir un appareil à fort coefficient de performance, supérieur à 3. « Il s'agit d'un investissement de long terme, possible dans le neuf comme en rénovation. Dans tous les cas, faites jouer les devis », conseille Patrick Bayle, directeur délégué au marketing des marchés des particuliers chez EDF.

L'énergie solaire offre une solution intéressante, moyennant la pose de quelques capteurs sur votre toiture exposés aux rayons du sud. Et, contrairement aux idées reçues, cette option n'est pas l'apanage des habitants du Midi. « Selon les caractéristiques techniques, il faut compter en moyenne 6 000 euros TTC pour un chauffe-eau solaire. Avec 40 à 70 % de l'eau chaude provenant de l'énergie solaire, on peut anticiper une réduction de moitié de la facture énergétique de ce poste », évalue Patrick Bayle. Si vous construisez une grande maison (plus de 200 m2), envisagez un système combiné pour le chauffage et le chauffe-eau.

Des coups de pouce financiers

L'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah) propose des subventions aux propriétaires disposant de ressources limitées ou aux bailleurs de logements de plus de quinze ans. De son côté, l'Ademe contribue au financement de chauffe-eau solaires collectifs. Sans compter la TVA allégée à 5,5 %.

Profitez des crédits d'impôt

Très incitatifs, les crédits d'impôt accordés aux dépenses d'économies d'énergie atténuent aussi la facture. Ils s'appliquent à une liste bien définie de travaux et équipements performants pour votre résidence principale achevée depuis plus de deux ans. Vous pourrez ainsi déduire 25 % des dépenses TTC (subventions déduites et hors main-d'oeuvre) facturées et payées entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009. Un taux porté à 40 % si votre bien est antérieur au 1er janvier 1977 et si les équipements sont installés au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant l'acquisition du logement. Il atteint même 50 % pour les équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable. La remise totale accordée entre début 2005 et fin 2009 est plafonnée à 8 000 euros pour une personne seule et à 16 000 euros pour un couple marié ou pacsé, plus 400 euros par personne à charge. Ce dispositif est souvent décrié pour sa complexité, mais aucune modification n'est prévue dans le projet de loi de finances 2008.

Bénéficiez des prêts bonifiés

Les fournisseurs d'énergie octroient des prêts à taux préférentiels : Vivrelec rénovation d'EDF (jusqu'à 8 000 euros à partir de 3,9 %) finance tous types de travaux. Gaz de France propose DolceVita économies d'énergie à un taux de 0,79 à 3,99 % pour l'achat d'une chaudière basse température ou à condensation, d'un chauffe-eau solaire combiné gaz naturel, ou pour l'amélioration de l'isolation de votre logement.

Pour financer vos travaux d'économies d'énergie, les banques commercialisent des prêts « verts ». « On en comptait moins de dix en 2006, on en référence plus de quatre-vingts aujourd'hui », chiffre Olivier Eon, de Testé pour vous, qui, aux côtés de l'Ademe, a créé un comparateur de ces crédits. « En général, les taux de ces prêts sont avantageux, parfois inférieurs à 4 %. Il en existe même à taux zéro en cas de partenariat avec les conseils régionaux, comme en Picardie », constate-t-il. Parmi les mieux notés : Prévair et Prévair Plus, de la Banque populaire du Sud, ou le Prêt économies d'énergie du Crédit mutuel Centre-Est Europe. Certains établissements, comme le Crédit foncier et UCB, ont décidé d'innover en augmentant la capacité d'emprunt du bénéficiaire en fonction des économies d'énergies anticipées grâce aux travaux. Un bon moyen de récompenser les comportements vertueux

Muriel Breiman

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...