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La Vie immobilière N° 14Paru le vendredi 1 février 2008 à 00h00

Loi Robien Christine Boutin se trompe de cible


Alors que l'investissement locatif en Robien suscite des critiques de toutes parts, François Jouven, président du groupe immobilier Akerys, reste persuadé de son efficacité.

Le dispositif Robien recentré, régime d'aide à la pierre, qui permet d'amortir 50 % de son investissement avec des loyers plafonnés, fait l'objet de vives critiques. Pourquoi continuez-vous de le défendre ?

f. j. Le Robien fait l'objet d'attaques plus ou moins explicites, mais beaucoup des affirmations le concernant sont fausses. Tout d'abord, ce n'est pas un dispositif coûteux pour l'Etat. Le manque à gagner provenant des réductions d'impôt est annuellement évalué à 500 millions d'euros, alors que les recettes de TVA perçues sur ces opérations de construction sont de l'ordre de 2 milliards d'euros. Ce n'est pas non plus un dispositif inflationniste. L'investissement locatif est un élément modérateur des prix. Les loyers ont augmenté moins fortement que le prix de la pierre : les promoteurs qui font de l'investissement locatif sont obligés de tenir compte du marché local pour proposer un programme qui offre une rentabilité suffisante aux investisseurs.

Contrairement à ce que l'on entend, ce régime n'est pas une niche fiscale pour les hauts revenus. Près de 55 % des investisseurs ont un taux marginal d'imposition de 14 %. Ils sont issus de la classe moyenne. Ils cherchent avant tout à se créer un complément pour leur retraite.

N'a-t-on pas trop construit, notamment dans des secteurs où la demande locative est faible ?

Des erreurs ont été faites mais les cas de vacance locative prolongée restent rares. Les biens qui ne trouvent pas preneur au bout de douze mois, entraînant de ce fait l'annulation du gain fiscal, représentent 1,5 % de ce qui a été livré en investissement locatif depuis 2000. Ces appartements finissent toujours par trouver un locataire, même s'il faut pour cela réajuster le montant du loyer demandé, souvent aux frais du promoteur. En fait, les principaux problèmes observés datent pour la plupart d'avant la modification du dispositif en 2006. Le Robien dit « recentré » comporte des plafonds de loyers plus cohérents avec les différents marchés locaux.

Comment réagissez-vous à la proposition de Christine Boutin, ministre du Logement, qui suggère d'arrêter de construire en zone C, où le plafond de loyer est le plus bas ?

Autant se tirer une balle dans le pied ! La zone C représente 90 % du territoire et 40 % de la population. Elle est loin d'être homogène. C'est une peau de léopard avec des micromarchés où la demande est forte, d'autres où elle est faible. A Dreux ou à Beaune, il faut construire. A Dax ou à Vesoul, le marché est saturé. Quant aux villes le plus souvent pointées du doigt pour avoir trop construit, comme Montauban* ou Albi, elles se trouvent en zone B. La ministre se trompe de cible. D'autant que l'on s'attend à une plongée de la construction en 2008. Si l'objectif du gouvernement est de construire 500 000 logements par an, je vois mal comment on pourrait se priver de 20 000 logements, l'équivalent de ce qui est construit sous ce régime en zone C aujourd'hui

* Lire également page 40 « Braderie à Montauban ».

Propos recueillis par Jorge Carasso

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