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La Vie immobilière N° 3Paru le vendredi 1 décembre 2006 à 00h00

Maisons en bois bretonnes


Prisées au départ des Parisiens en mal d'écologie, ces habitations correspondent aujourd'hui à un engouement local. La demande, née sur le littoral trégorrois, se déplace dans les terres.

Ni chalets ni cabanes au Canada, les maisons en bois, en Bretagne, s'inscrivent essentiellement dans le paysage maritime, avec vue sur mer ou à quelques encablures du littoral. « Le Trégor est débordé de demandes de terrains et beaucoup d'acquéreurs souhaitent construire en bois, assure Isabelle Gavard, architecte à Ploubezre, près de Lannion. Il s'agit le plus souvent de Parisiens cherchant un emplacement sur la côte à des prix abordables. Le bois correspond à leurs valeurs écologiques et à leur désir de proximité avec la nature. » Mais, aujourd'hui, ces petits trésors du littoral trégorrois se raréfient. Les clients se tournent donc vers des logements déjà construits à réhabiliter. « L'intérêt d'une maison à structure en bois, c'est qu'on peut la faire évoluer facilement, souligne l'architecte. Le prix moyen du mètre carré se situe entre 1 300 et 1 600 euros. Mais les délais s'allongent, car les entreprises ont du mal à répondre à la demande. »

Les ossatures en bois sont de 10 à 15 % plus chères que les constructions traditionnelles. Ce surcoût se justifie par le prix des matériaux. « A Locquirec, je travaille sur une maison neuve mixte, avec le gros oeuvre en maçonnerie pour le rez- de-jardin et en bois pour l'étage. Le budget s'élève à 250 000 euros, poursuit Isabelle Gavard. Je viens aussi de finir un projet pour une habitation de 300 m² qui dépasse 500 000 euros. » Confirmation de Bertrand Coulomb, créateur d'Immo-Bois, agence spécialisée dans la transaction de ce type de construction : « Le prix moyen se situe autour de 300 000 euros et le haut de la fourchette peut atteindre 1 million. Ainsi, une maison de 120 m² avec trois chambres, deux salles de bains et une salle de vie part en moyenne à 275 000 euros. Près d'Auray, dans le Morbihan, une construction originale de 120 m² sur 2 800 m² de terrain, à une demi-heure de la mer, est à vendre 390 000 euros. »

Des produits prémontés

Cependant, le marché évolue. Jusqu'à présent surtout concentré dans la Cornouaille, le Trégor, le Morbihan et autour de Rennes, il concernait essentiellement des résidences secondaires. Mais l'engouement des Bretons a conduit de nombreux charpentiers à se reconvertir dans la construction bois. Ces nouveaux pavillonneurs ont acquis des outils perfectionnés qui leur permettent de réaliser un prémontage en atelier pour terminer ensuite sur le site. « Nous passons des maisons d'architectes originales et uniques faites par des artisans à des habitations plus simples. Nous avons désormais deux types d'acquéreurs. Les traditionnels, qui souhaitent du haut de gamme avec vue sur mer et qui achètent une maison d'architecte, un bien d'exception différent des autres. Et, plus récemment, les ménages à revenus moyens à la recherche d'un pavillon avec trois chambres et qui font un choix engagé », détaille Bertrand Coulomb.

Ces nouvelles constructions se trouvent plutôt en périphérie de bourgs, voire de hameaux... car c'est là qu'il reste des terrains constructibles. « De toute façon, insiste Bertrand Coulomb, lorsque l'on construit, il faut penser à la revente et faire la maison la mieux adaptée au fonds de clientèle susceptible d'être intéressé. Ainsi, une maison en bois haut de gamme aura un plus large éventail d'acquéreurs si elle se trouve près du littoral que si elle est installée au centre de la Bretagne. »

Elizabeth Pantou-Vincent

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