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La Vie immobilière N° 18Paru le dimanche 1 juin 2008 à 00h00

Mieux acheter aujourd'hui


N'en déplaise aux cassandres, l'investissement dans la pierre demeure un placement de choix. Mais il faut pouvoir réaliser son projet dans de bonnes conditions. Profitez des opportunités offertes par le ralentissement du marché.

Acheteurs, prenez votre temps ! Le temps de mûrir votre projet, le temps de visiter et de revisiter, le temps d'hésiter à franchir le pas, le temps de faire le difficile. Car aujourd'hui, le vent tourne. Les professionnels s'accordent à dire que les prix ont cessé de s'enflammer et que les stocks s'étoffent. Malgré le coup de pouce fiscal voté l'an dernier qui permet aux emprunteurs de déduire une partie de leurs intérêts, la solvabilité des ménages s'est dégradée avec la hausse des taux des crédits. Résultat : les acheteurs sont désormais moins nombreux et les vendeurs ne mènent plus la danse. Dans l'ancien, certains anticipent même une baisse des prix de l'ordre de 5 % cette année. Et à la fin du premier trimestre, le volume des ventes s'est stabilisé, avec une progression d'à peine 1 % sur un an, autour de 640 000 unités. Cependant, le territoire national n'est pas homogène : en effet, si, en 2007, les transactions sont restées au même niveau dans la capitale et en petite couronne, elles ont en revanche reculé d'environ 2,8 % en grande couronne. Ce n'est pas encore la grande braderie, mais le mouvement dénote très nettement un changement de donne.

Dans le neuf, le vacillement est encore plus sensible : le nombre de permis de construire accordés au premier trimestre 2008 a chuté de 15,5 % par rapport à la même période de 2007. Une contraction qui touche indistinctement logement collectif et individuel. Conséquence : au quatrième trimestre 2007, les prix du neuf ont déjà commencé à décroître de 1,3 %. Une situation qui incite les promoteurs à lancer des campagnes de promotion alléchantes pour écouler leurs programmes : en investissant 1 euro de plus, vous pourrez recevoir une voiture ou une cuisine équipée ! A l'occasion d'un week-end portes ouvertes, Wagram Résidences a même offert aux trois premiers acquéreurs d'une maison d'un de ses programmes franciliens la somme de 3 600 euros en bons d'achat valables en supermarché.

La frilosité récente des prêteurs, liée pour partie à la crise américaine des subprimes de l'été dernier, a contribué à l'accalmie du marché. Moins prodigues, les banques n'accordent plus leurs deniers les yeux fermés et exigent un minimum de garanties. D'ailleurs, « la production de nouveaux crédits habitat est en repli de 7 % sur un an début 2008 », souligne Olivier Eluère, de la direction des études économiques du Crédit agricole. Fini les prêts à 100 %, voire à 110 %, l'apport personnel redevient un passage obligé à hauteur d'au moins 20 %. Les bons dossiers, eux, ont toujours droit à tous les honneurs. Pour les autres, mieux vaut recourir à un courtier qui plaidera votre cause et fera jouer la concurrence. Retrouvez nos conseils pour dénicher la bonne affaire, négocier le prix et ficeler votre financement afin de mener à bien votre acquisition

Prix l'heure est à la négociation

Ne vous laissez pas abuser par des vendeurs trop gourmands : le rapport de force redevient favorable aux acquéreurs.

Même si le prix affiché est de 10 à 15 % au-dessus du budget prévu, il ne faut pas hésiter à visiter, discuter et faire des offres », conseille Guilhem Brussol, agent immobilier dans le 7e arrondissement de Paris. Les délais de transaction s'allongent, les stocks sont plus fournis, et les acheteurs ne se bousculent plus aux portes des agences : profitez dès maintenant de ce rapport de force favorable. Ne vous découragez pas à la vue des tarifs affichés, qui ne sont pas toujours représentatifs des prix réels des transactions. Dans certaines villes, les négociations vont bon train. « Ces dernières années, les biens partaient rapidement, au prix du mandat. Les acheteurs craignaient de perdre une affaire et se précipitaient sans prendre la peine de faire une proposition à un tarif inférieur. Aujourd'hui, ils prennent plus leur temps et négocient systématiquement. Il n'y a plus un bien qui parte au prix initial », constate Geoffroy Le Verdier, agent immobilier à Rouen. Les vendeurs trop gourmands qui campent sur leurs positions voient leur offre rester en vitrine des mois durant. « Les biens surestimés ne se vendent plus : l'un de nos clients a fixé le prix de sa maison à 330 000 euros, 10 % au-dessus de sa valeur, et n'en démord pas. Elle est en vente depuis un an ! remarque Virginie Tonfoni, responsable de l'agence Laforêt à Marseille. On assiste à de très belles négociations, comme ce trois-pièces situé dans une résidence fermée du 14e arrondissement de Marseille, à la vente depuis un mois et demi à 120 000 euros. Des acquéreurs en ont proposé 90 000 euros, soit un rabais de 25 %... et l'offre est passée ! »

Si vous faites appel à un intermédiaire, discutez avec lui : il peut vous aider à faire avancer la négociation si le prix est au-dessus du marché. Votre marge de manoeuvre sera d'autant plus importante que le bien est en vente depuis plus de trois mois ou qu'il présente des défauts : 1er étage ou étage élevé sans ascenseur, gros travaux à prévoir... Les acheteurs pressés (succession, séparation, crédit relais en cours) céderont également plus facilement.

Copropriété

Gare à l'entretien de l'immeuble

« Les acquéreurs ont tendance à faire très attention à la localisation, à la surface, au nombre de chambres... mais peu s'intéressent à la qualité intrinsèque de l'immeuble », déplore Yann Jehanno, de la direction des métiers de l'habitation chez Urbania. Pourtant, mieux vaut vérifier un certain nombre de points avant de s'engager : l'ascenseur a-t-il été mis aux normes ? de quand date le dernier ravalement ? dans quel état se trouve la toiture ? Les derniers procès-verbaux d'assemblée générale constituent les meilleures sources d'information pour éviter les mauvaises surprises. « On y découvrira peut-être qu'un devis a été demandé pour un changement de chaudière, ce qui impliquera des charges lourdes dans les deux ans pour l'acquéreur », remarque Yann Jehanno. Sachez qu'en principe tous les frais (charges, travaux, dépassements de budget) exigibles après la signature de l'acte authentique sont dus par le nouveau propriétaire, même s'il ne les a pas votés. « Généralement, les promesses de vente prévoient que seule la date du vote compte, précise Philippe Loiselet, directeur général de Loiselet et Daigremont. Dans ce cas, l'acquéreur pourra se tourner vers le vendeur pour obtenir un remboursement. »

De votre côté, faites valoir la qualité de votre dossier : un propriétaire préférera s'engager, même à un prix inférieur, avec un acheteur qu'il considère solvable. « Mon vendeur était échaudé par une transaction qui n'avait finalement pas abouti le mois précédent, l'acheteuse n'ayant pas obtenu son crédit. En le rassurant sur mon financement, j'ai pu négocier 15 000 euros de moins sur un trois-pièces à Paris affiché au départ à 350 000 euros », explique Clément, 32 ans.

Dans le neuf, le ralentissement des ventes et l'augmentation des stocks contraignent les promoteurs à séduire les acquéreurs par tous les moyens en consentant des remises tarifaires, en offrant les frais de notaire ou encore en proposant une cuisine équipée pour 1 euro de plus. « J'ai fait l'acquisition d'un quatre-pièces pour 240 000 euros dans un programme livré. Il était à vendre depuis un an et demi au prix initial de 300 000 euros », se félicite Noémie, une Marseillaise de 45 ans.

Multipliez les visites

Pour vous faire une idée de l'offre disponible, visitez un grand nombre de biens. C'est une étape importante à ne pas négliger, même si vous cherchez un produit à mettre en location que vous n'habiterez jamais ! La première visite ne donne qu'une impression générale. Si elle est favorable, renouvelez l'expérience à différentes heures de la journée pour évaluer le bruit, la luminosité. Des travaux sont manifestement nécessaires ? Revenez accompagné d'un professionnel pour avoir une idée de la dépense à prévoir. « Mon artisan a même un peu surestimé la facture devant le vendeur pour que je puisse négocier le prix de vente ! » sourit Sylvie, 40 ans, qui vient d'investir dans un deux-pièces.

N'hésitez pas à interroger le vendeur : l'électricité est-elle aux normes ? Quels travaux ont été réalisés récemment ? Pourquoi a-t-il décidé de partir ? Pense-t-il laisser du mobilier ? Pour en savoir plus, consultez les trois derniers comptes rendus des assemblées générales de copropriétaires : vous y découvrirez les éventuels travaux prévus ou envisagés (voir encadré p. 20). Exigez également le dossier technique du logement. Il peut désormais comprendre jusqu'à cinq diagnostics : plomb, gaz, termites, amiante et performance énergétique, en plus de la mesure de la surface habitable (loi Carrez). La rigueur est de mise : pensez qu'au prix de l'immobilier actuel 1 mètre carré de moins qu'annoncé vous spolie de plusieurs milliers d'euros ! Au 1er janvier 2009, l'examen de l'installation électrique viendra compléter ce dossier.

Etudiez l'environnement du bien convoité : la route proche est-elle bruyante ? les relations entre copropriétaires sont-elles sereines ? Discuter avec le concierge ou les voisins se révèle souvent très instructif. « J'ai visité un appartement qui me plaisait beaucoup, au premier étage d'un immeuble parisien. J'étais sur le point de faire une offre, mais une discussion informelle avec la gardienne m'en a dissuadée : j'ai découvert que l'atelier d'une boulangerie donnait également sur cette cour et que le bruit matinal de ses machines était insupportable ! » raconte Pauline, 28 ans. La présence d'un restaurant au pied de l'immeuble peut aussi présenter quelques inconvénients : aux odeurs de cuisine s'ajoutent depuis le début de l'année les relents de tabac, et parfois le bruit des fumeurs refoulés à l'extérieur des établissements !

Emplacement

Choisir les bonnes adresses

Aujourd'hui, plus que jamais, suivez le principe roi de tout achat immobilier : sélectionnez la localisation avec soin. Certaines adresses sont en effet à éviter. Pour votre résidence principale, prospectez dans les quartiers bien desservis, à proximité des gares, arrêts de bus, ou routes, des écoles et des commerces. Si vous réalisez un investissement locatif, soyez tout aussi rigoureux : les candidats à la location rechercheront les mêmes facilités ! Attention aux villes envahies par les résidences neuves vendues sous les régimes de défiscalisation Robien et Borloo et qui se sont transformées en pièges à investisseurs. Parfois trop excentrés, ces programmes n'ont pas attiré assez de locataires pour satisfaire l'offre. C'est le cas par exemple de la grande banlieue toulousaine. Côté rentabilité, « il faut considérer le placement à un horizon d'au moins dix ans. Elle dépendra de la ville, et même du quartier, rappelle Alexandra Giacalone, directrice commerciale chez Tagerim. Mais le simple ratio loyers/prix d'acquisition n'est pas un critère suffisant : il faut tenir compte de la valeur patrimoniale du bien ». Mieux vaut donc opter pour les valeurs sûres ou pour des sites à fort potentiel de valorisation, et viser au bon moment : « C'est dès aujourd'hui qu'il faut s'intéresser au 8e arrondissement de Lyon, en pleine restructuration, illustre Alexandra Giacalone. Pour le quartier Belle-de-Mai à Marseille, complètement relooké, ça devient un peu juste : dans six mois les prix auront explosé et ce sera trop tard ! »

crédit

Evaluez votre capacité d'emprunt

Pour un taux hors assurances de 4,6 %

A partir de la somme que vous êtes prêt à verser chaque mois pour votre logement (capital + intérêts), estimez le montant du crédit auquel vous pouvez prétendre. En allongeant la durée, vous augmentez votre capacité d'emprunt mais aussi le coût total.

Un apport personnel obligatoire

Les conditions d'octroi de crédit sont plus restrictives. Mettez toutes les chances de votre côté en mobilisant toutes vos ressources.

Il n'y a pas de miracle, la générosité des banques a atteint ses limites : après avoir financé pendant plusieurs années des projets immobiliers à hauteur de 100, voire 110 %, les établissements bancaires exigent dorénavant des emprunteurs une contribution sonnante et trébuchante. « Un apport d'au moins 20 % est souhaité par les prêteurs », avertit Yann Jehanno, de la direction des métiers de l'habitation chez Urbania. C'est aussi un argument de poids pour négocier votre prêt. La sélection des demandes de crédit est désormais plus drastique. « Certaines personnes, dont le dossier aurait été accepté il y a encore quelques mois, se voient aujourd'hui opposer des refus de prêt, constate Jean-Jacques Genet, notaire à Sens. Et pour les personnes âgées ayant des soucis de santé, c'est le parcours du combattant. » Décrocher son crédit n'est pas mission impossible. Mais mieux vaut ne pas cumuler trop de handicaps. « Dans l'euphorie, on s'est autorisé à financer à 110 % des emprunteurs dont l'emploi n'était pas stable, avec un taux d'endettement supérieur à 33 %. Cette période est révolue. Néanmoins, un jeune actif dont l'emploi est stable n'a pas de problème pour trouver un financement à 100 % », affirme Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier immobilier Cafpi.

Livrets d'épargne, plan d'épargne logement, déblocage anticipé de votre participation... c'est le moment de

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faire feu de tout bois. « Certains soldent même leurs positions en Bourse, quitte à subir une moins-value », observe Jean-Dominique Milelli, responsable de l'agence Laforêt d'Issy-les-Moulineaux. Une contribution significative de votre part rassure votre prêteur, a fortiori si vous ne bénéficiez pas de la revente de votre précédent logement. Au besoin, faites jouer la solidarité familiale : profitez de l'occasion pour rappeler à vos ascendants que les donations sont exonérées d'impôt jusqu'à 150 000 euros par parent et par enfant tous les six ans.

Dans le même temps, faites une estimation de votre capacité d'emprunt (voir tableau p. 23). Commencez par établir la mensualité maximale que vous pourrez supporter. Traditionnellement, la barre est fixée à un tiers des ressources du ménage. Cependant, ne vous focalisez pas sur ce ratio et raisonnez plutôt en « reste à vivre » : de combien avez-vous besoin pour assurer vos dépenses courantes, payer le téléphone, le gaz, l'électricité, les charges, les impôts et taxes, vos transports ? Vous en déduirez la somme que vous pouvez consacrer chaque mois au financement de votre logement. Parcourez les sites des courtiers en ligne pour avoir une idée de votre taux d'intérêt. Sur lavieimmo.com, une calculatrice financière vous permettra de mesurer votre capacité d'emprunt en fonction de la durée. Une mensualité de 1 200 euros, au taux de 4,9 % assurances incluses sur vingt ans, vous permet par exemple d'emprunter 183 360 euros. En allongeant la durée à vingt-cinq ans, vous pouvez décrocher 207 300 euros.

Petits prêts

En complément, renseignez-vous sur tous ces petits prêts qui peuvent faire la différence. Vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux dernières années ? Alors peut-être êtes-vous éligible au prêt à taux zéro (PTZ). Sans débourser le moindre euro d'intérêt, vous bénéficierez d'un crédit dont le montant est fonction de vos ressources déclarées l'an dernier ou l'année précédente (les plafonds sont consultables sur le site de l'Anil). Un célibataire parisien dont les revenus n'ont pas dépassé 31 250 euros durant l'année de référence peut par exemple bénéficier d'un prêt de 14 400 euros s'il acquiert un logement ancien. Les salariés des entreprises privées de plus de dix salariés peuvent quant à eux solliciter le prêt 1 % employeur, un financement au taux fort attrayant de 1,5 % hors assurances, sur une durée de cinq à quinze ans. Le montant de ce prêt varie selon les ressources de l'emprunteur. Pensez également à votre plan d'épargne logement : il vous donne droit à un crédit dont le montant dépend de la durée d'emprunt et des intérêts capitalisés durant la phase d'épargne. Etudiez attentivement votre contrat : si le taux d'intérêt en vigueur lors de l'ouverture de votre PEL est inférieur aux taux actuels, profitez-en. Les mutuelles et caisses de retraite proposent aussi des prêts : prenez contact avec l'organisme auquel vous êtes affilié pour en connaître les modalités.

Des frais pas si annexes

En élaborant votre budget, n'oubliez pas de prendre en compte dans vos calculs tous les frais inhérents à un achat immobilier, loin d'être négligeables :

Frais d'agence. Comptez en gros 6 % du prix du bien, généralement à la charge de l'acheteur. Sachez que certaines agences pratiquent des commissions moins élevées ou forfaitaires : 4 % Immobilier, L'Etude Immobilière ou encore Efficity ;

Droits de mutation (honoraires du notaire et taxes). Ils s'élèvent à environ 7 % dans l'ancien et à 2,5 % dans le neuf. « Tout notre apport y est passé », grimace Jean, nouveau propriétaire d'un trois-pièces de 350 000 euros à Paris. Bon à savoir : acheteur et vendeur peuvent conserver chacun leur notaire sans frais supplémentaires : les deux professionnels se partageront la note ;

Frais liés au traitement de votre dossier de prêt. Que vous passiez par une banque ou un courtier, la facture atteint en principe plusieurs centaines d'euros. N'hésitez pas à négocier la suppression de ces frais ;

Garantie. Elle est exigée par les prêteurs. Vous pensez rembourser votre emprunt de façon anticipée ? Faites le choix de la caution (comptez 1 900 euros pour un emprunt de 200 000 euros sur vingt ans), dont vous récupérerez une partie à la sortie. Si vous êtes certain d'aller au bout de votre crédit, optez pour l'hypothèque ;

Frais de déménagement. Faites jouer la concurrence ! Les devis peuvent facilement varier du simple au double. « Pour déménager de notre 70 m2, nous avons fait faire deux devis : le premier nous proposait 1 600 euros, et le second... 800 euros ! » raconte Pauline ;

Les travaux. Même un bien présenté comme « refait à neuf » peut réserver des surprises ! Vincent, 30 ans, a fait l'acquisition d'un 50 m2 annoncé comme rénové : « La peinture avait été refaite récemment. Malgré cela, une fois l'appartement vidé, nous avons constaté que les meubles et cadres avaient laissé des traces sur les murs. Il a fallu redonner un coup de pinceau, ce qui a rallongé la facture de plusieurs centaines d'euros. » C'est toutefois un avantage pour les investisseurs : le coût des travaux est déductible des revenus fonciers !

Taux variable à éviter

Au moment de solliciter un prêteur, n'hésitez pas à faire jouer la concurrence. Et préférez un financement à taux fixe.

Vous avez trouvé le logement qui vous convient, dans le budget fixé ? Une fois la promesse de vente signée, vous avez une semaine pour transformer l'essai ou exercer, sans aucuns frais, votre droit de rétractation (en envoyant une lettre recommandée au notaire ou au vendeur, selon les termes du contrat). Si vous ne changez pas d'avis, après le versement d'un premier acompte au notaire de 5 à 10 %, vous disposez de trente à quarante-cinq jours (la promesse de vente peut prévoir une durée plus longue) pour obtenir votre financement. Au cas où vous n'obtiendriez pas votre prêt, la clause suspensive prévue par la promesse de vente mettra un terme à la transaction.

Les prêts à taux fixe sont clairement à privilégier. Même s'ils ont augmenté d'environ 1 point durant l'année écoulée, « les conditions d'emprunt à taux fixe sont encore très favorables, assure Pierre Doré, directeur de l'agence In&Fi Crédits de Montparnasse, à Paris. A fortiori si l'inflation repart à la hausse, comme on l'observe en ce début d'année, car cela réduit le coût de l'emprunt en valeur réelle ». Les taux à quinze ans tournent actuellement autour de 4,5 %. Rappelons qu'en 2000 ils frôlaient 5,6 % ! Ne prenez pas le risque inutile d'opter pour un taux variable : ils sont sensiblement égaux aux taux fixes et rendront votre crédit

plus cher avec la hausse du taux de refinancement des banques, même si cette augmentation potentielle est plafonnée. Les taux variables ne représentent d'ailleurs qu'environ 7 % de la production de nouveaux crédits.

Les exigences des prêteurs varient selon les profils de clients qu'ils cherchent à capter. Frappez à plusieurs portes pour ouvrir la bonne ! Prenez rendez-vous avec votre banque et voyez ce qu'elle vous propose. Si vous n'avez pas le courage ou le temps de faire le tour de la concurrence, sollicitez les services d'un courtier qui défendra votre dossier. Une aide précieuse pour décrocher un prêt aux meilleures conditions possibles. « J'avais besoin d'un emprunt de 150 000 euros et ne souhaitais pas dépasser une durée de vingt ans. Sur cette base, mon taux d'effort atteignait 35 %, décrit Arnaud, contrôleur de gestion. Mon courtier a démarché trois banques : deux ont refusé, exigeant un allongement de la durée. La troisième a accepté. » Les sommes en jeu sont si importantes qu'il faut parfois se résigner à changer d'établissement pour un écart de taux de quelques dixièmes de points. Clément a emprunté 200 000 euros sur vingt ans. « Mon courtier a négocié en priorité avec ma banque, mais, avec un taux de 4,7 %, soit une mensualité de 1 287 euros par mois, son offre ne figurait même pas parmi les trois meilleures ! s'étonne-t-il. Un établissement concurrent m'a proposé 4,55 %, (1 271 euros mensuels), soit un écart, au terme du crédit, de près de 4 000 euros. »

Vous achetez votre nouveau logement avant d'avoir revendu l'ancien ? Sachez que les conditions sont un peu moins favorables qu'il y a quelques mois. « L'obtention d'un prêt relais devient plus délicate ; les banques sont plus défiantes et demandent une preuve qu'un acheteur montre son intérêt pour le bien », constate Pierre Doré. Lorsque le marché immobilier était dans une phase de forte croissance, les banques acceptaient de prêter 80 % de la valeur du bien à la vente. Elles reviennent désormais à une quotité plus habituelle de 70 %.

Tout prêt immobilier est couvert par une assurance emprunteur (qui remboursera tout ou partie du crédit en cas de décès ou d'invalidité). Vous aurez peut-être intérêt à ne pas souscrire un contrat chez votre prêteur mais dans un autre établissement : on parle de délégation d'assurance. En général, cette solution favorise les jeunes non fumeurs, mais pas seulement. « Je sollicitais un prêt de 250 000 euros sur quinze ans, raconte Alain, 48 ans. Je me suis vu proposer des taux allant de 0,25 à 0,48 % ! La différence est loin d'être négligeable : le coût final revient à 9 400 euros dans le premier cas, contre 18 000 euros dans le deuxième. » L'assurance perte d'emploi, elle, est facultative. Elle prend en charge tout ou partie des mensualités si l'emprunteur assuré se retrouve au chômage. Cette couverture est cependant peu souscrite à cause de son médiocre rapport qualité-prix : une grande banque française la propose moyennant 2,50 euros mensuels pour 10 000 euros empruntés (soit par exemple 50 euros par mois pour un crédit de 200 000 euros). Et à ce prix-là, l'assurance ne couvrira que la moitié de votre mensualité.

Une fois le prêt bouclé et l'acte de vente signé, pensez à la suite. Ne négligez pas les charges qu'implique la propriété d'un bien immobilier, des plus petits travaux quotidiens au ravalement d'envergure. Un bon entretien facilitera sa revente le moment voulu, avec une bonne plus-value à la clé !

impôts

Déduisez vos intérêts d'emprunt

Un couple marié ou pacsé emprunte 200 000 euros au taux de 4,65 % sur 20 ans

Cette année, tous les acquéreurs d'une résidence principale, primo-accédants ou non, quels que soient leurs revenus, peuvent profiter de la déductibilité d'une fraction de leurs intérêts d'emprunt. Une mesure portée par Nicolas Sarkozy. Les cinq premières années de remboursement, les emprunteurs bénéficient ainsi d'une réduction ou d'un crédit d'impôt plafonné en fonction de la situation familiale. Cet avantage se monte à 20 % de la somme des intérêts versés. La première année, il a même été porté à 40 %, et le plafond doublé. Au total, un célibataire pourra par exemple obtenir jusqu'à 4 500 euros de crédit d'impôt. Vous devez tenir à disposition de l'administration l'acte d'acquisition ainsi que les échéanciers de remboursement fournis par votre banque.

Rembourser plus vite pour payer moins cher

Pour maximiser ce cadeau fiscal, le courtier en crédit immobilier Cafpi propose aux emprunteurs un « prêt lissé ». Le principe : ajouter la réduction d'impôt anticipée aux mensualités dues par les acquéreurs et accélérer ainsi le remboursement de l'emprunt. Par exemple, un couple marié avec deux enfants à charge souscrivant un prêt de 180 000 euros sur vingt-cinq ans au taux de 4,9 % bénéficie d'un crédit d'impôt de 3 400 euros la première année, et de 1 700 euros les quatre années suivantes, soit 10 200 euros au total. En augmentant les échéances d'autant, c'est-à-dire en consacrant cette somme au remboursement du prêt, ce ménage peut raccourcir son emprunt de 27 mois et réaliser un gain de 23 974 euros !

coût de l'argent

Un niveau encore bas

Les emprunts à taux fixe se négocient aujourd'hui autour de 4,5 % sur quinze ans. Un niveau qui demeure raisonnable bien qu'en croissance constante depuis 2005. Surtout si l'inflation repart à la hausse.

Muriel Breiman

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