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La Vie immobilière N° 12Paru le jeudi 1 novembre 2007 à 00h00

Miser sur le renouveau de Bacalan à Bordeaux (33)


Grâce à l'arrivée du tramway, ce quartier, à l'origine populaire, change d'image et séduit de plus en plus de jeunes couples.

Le tramway bordelais poursuit sa route avec l'extension de la ligne B de la place des Quinconces à Bacalan, un quartier populaire au passé industriel qui commence à séduire de jeunes cadres. Cinq stations, 2,6 km supplémentaires : en juillet, c'est un nouveau tronçon qui a été mis en service, reliant l'hypercentre au quartier nord des bassins à flot, aux portes de Bacalan. Ici, les communautés étrangères, les gens du voyage, les Bacalanais de toujours se côtoient. Phénomène nouveau : de jeunes couples avec un bon pouvoir d'achat s'y risquent.

« Cette mixité nous plaît. Nous ne voulons pas être enfermés dans un milieu. Le quartier est chaleureux et on sent de la solidarité », lance Charles de Ravinel, cadre de 29 ans. En juin, il a flashé avec sa famille sur une échoppe en pierre de 110 m² (maison de plain-pied traditionnelle), avec garage et jardin de 200 m², près de la place René-Maran, négociée à 280 000 euros. Avantages ? Un axe facile pour sortir de Bordeaux (le couple travaille dans le Médoc) et des prix raisonnables. « Avec le même budget, dans un autre quartier, nous n'avions ni garage ni jardin », remarque t-il. De fait, il faut compter 3 500 euros le mètre carré si l'on veut s'ancrer vers le Jardin public ou à Saint-Genès. De même à la Bastide, rive droite, où les prix ont encore grimpé de 8 % en un an.

« Des gens mutés à Bordeaux ou des jeunes couples issus de la région n'ont pas d'a priori vis-à-vis de Bacalan, qui est en train de changer d'image », note Laurent Lagarde, gérant à Laforêt Immobilier. Et de citer, rue Arago, une maison des années 1920 de 80 m² en parfait état, avec un jardin de 150 m² et un garage, partie à 250 000 euros. Cours Edouard-Vaillant, un appartement de 55 m² dans une résidence des années 1970 se négocie 135 000 euros.

Mais attention, les prix vont s'envoler. Habiter Bacalan, c'est tabler sur l'avenir. Un port de plaisance avec des bassins à flot devrait voir le jour. Logements, bureaux, commerces sont au programme. En attendant, comment garder l'identité de ce quartier tout en se délestant de sa mauvaise image ? « Il faut le doter de commerces de proximité et offrir au tissu associatif des structures d'accueil », prône Yves Naudet. Ce Bacalanais, président du club de pétanque, attend toujours un local pour ses 150 adhérents.

Ceux qui rejettent le quartier filent vers le cours Saint-Louis. « Ici, on peut s'offrir une maison sans être dans une banlieue perdue. Et on est relié au centre-ville par le tram », observe Eymeric Bordes, de Petges et Dufranc, administrateur de biens. Une maison à rénover de 110 m² avec 100 m2 de jardin a été vendue 235 000 euros. Près des Quinconces, aux Chartrons, ancien fief des négociants en vins, les prix montent à la tête. Le mètre carré peut dépasser 3 700 euros. Face à la Garonne, un appartement de 105 m² dans un bel immeuble de pierre s'est vendu 398 000 euros

Colette Goinère

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