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La Vie immobilière N° 5Paru le jeudi 1 mars 2007 à 00h00

Misez sur la rue Saint-Denis à Paris 2e


Peu à peu, la rue la plus chaude de la capitale se refait une virginité. Il est encore temps de profiter de tarifs inférieurs à ceux des rues avoisinantes.

Dans ce sex-shop séparé de l'extérieur par un rideau de velours rouge, Charles, gérant du magasin, n'est pas mécontent de fermer boutique : « Les affaires ne marchent plus comme avant, la rue a beaucoup changé, autant partir », soupire ce patron qui, comme certains de ses confrères, a préféré délaisser une activité de moins en moins rentable et vendre son fonds de commerce. Dans quelques mois, un restaurant de cuisine française doit venir occuper les lieux. A quelques mètres de là, un primeur bio l'a déjà précédé en juin 2006. L'arrivée de ces nouvelles boutiques rue Saint-Denis en lieu et place des anciens vidéoclubs témoigne des changements que connaît cette artère du Paris historique, aujourd'hui presque entièrement pavée. « Comme la mairie multiplie ses efforts pour préempter les locaux devenus vacants et y installer des commerces de proximité, la rue monte en gamme et intéresse de plus en plus les jeunes cadres pour une première acquisition », note Frédéric Orlicky, de l'agence Paris Immobilier.

10 à 20 % moins cher que dans le voisinage

Habiter ce secteur coûte il est vrai de 10 à 20 % moins cher qu'à quelques mètres de là, près des Halles ou dans le quartier de Montorgueil, très coté. Et au vu des évolutions en cours, le potentiel d'appréciation y est nettement plus important. « C'est un des endroits où l'on peut encore acheter à bon compte. Des produits datant des xviie et xviiie siècles trouvent preneurs pour des tarifs oscillant de 5 000 à 6 000 euros, alors qu'à deux rues de là les prix atteignent des sommets », remarque Valérie Naccache, de l'agence Fortis Immo Century 21. Un 20 m2 à refaire, à deux pas de la rue Tiquetonne, a été cédé 100 000 euros, soit 5 000 euros le mètre carré. Un prix imbattable dans le centre de la capitale. Pas très loin, à l'angle de la rue Etienne-Marcel, un 29 m2 doté d'une mezzanine et agrémenté d'une petite terrasse s'est négocié 156 000 euros, soit 5 400 euros le mètre carré.

Néanmoins, pour profiter pleinement de la transformation du quartier, il vaut mieux bien choisir son emplacement. Si la partie située entre la rue de Turbigo et la rue Réaumur a évolué positivement ces dernières années, des nuisances subsistent près des Halles. La prostitution a été, quant à elle, peu à peu repoussée à l'autre extrémité du 2e arrondissement, près des Grands Boulevards.

Un distinguo que ne font pas toujours certains acheteurs qui y voient un ensemble à la mauvaise réputation persistante. D'où cette pression sur les prix à la baisse dans toute la rue. « Il existe un véritable effet adresse pour les acheteurs. Un appartement donnant sur cette artère mais dont l'entrée se situe dans une rue attenante se vendra plus cher et beaucoup plus vite que le même bien domicilié rue Saint-Denis. Il s'agit pourtant du même produit », remarque Thibaut de Ponnat, de l'agence La Boutique de l'Immobilier. « Pour beaucoup, c'est un problème d'image. Certains propriétaires écrivent au maire pour demander de changer le nom de la rue car ils l'estiment connotée négativement. Ils ne songeraient pourtant pas une seconde à déménager », glisse un autre agent immobilier

Jorge Carasso

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