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La Vie immobilière N° 11Paru le lundi 1 octobre 2007 à 00h00

Mon château Mon entreprise


Deux mille hectares, un château, des communs, une chasse... la gestion d'un tel domaine exige travail, expérience et savoir-faire.

Au nord de la Bourgogne, à deux heures de Paris, entre Cosne-sur-Loire et Clamecy, la propriété du Réveillon recouvre plus de 2 000 hectares. Le château date du xixe siècle et appartient à la même famille depuis cinq générations. Son actuel propriétaire, Charles de Mortemart, a réussi en dix ans à rendre son domaine rentable, au travers d'activités agricoles, sylvicoles et cynégétiques.

1992

Propriétaire à 25 ans...

Le décès du père de Charles provoque un choc familial. Sur le plan affectif, bien sûr, mais également financier. Car Charles hérite, à 25 ans seulement, du domaine familial. A cette époque, il effectue son service militaire. C'est sa mère qui reprend seule les rênes de l'exploitation, qui compte alors une dizaine de salariés. L'année suivante, Charles épouse Diane et entre à la Banque du Louvre à Paris, pour débuter sa carrière dans la gestion de patrimoine. Diane quitte son job et épaule sa belle-mère dans la gestion du domaine. Jusqu'alors, le Réveillon était administré sans véritable souci de rentabilité, dans une tradition assez paternaliste. L'objectif est simple : il faut moderniser l'outil de travail pour que cet héritage soit rentable, productif, que ses revenus permettent de rénover le château et, surtout, pour éviter d'avoir à céder, comme beaucoup d'autres l'ont fait faute de moyens, le bastion familial.

1993

Un grand navire qui prend l'eau

Mais ce n'est pas une mince affaire ! Deux femmes dans un milieu d'hommes, face à « un grand navire qui commence à prendre l'eau ». La partie agricole de l'exploitation recouvre quelque 500 hectares de cultures et d'élevage de charolais. Comme c'est souvent le cas, l'arrivée de la nouvelle équipe dirigeante ne se fait pas sans heurts. Certains profitent de la situation des deux « néophytes » pour exiger toujours plus. Très vite, c'est le clash. Le chef de culture part, ainsi qu'une bonne partie des employés. Il a donc fallu embaucher une nouvelle équipe. « En moins de deux ans, nous sommes passés des années 1950 aux années 1990. La gestion du domaine a été totalement réorganisée et nous avons monté un réseau indépendant pour ne pas être tributaires de la coopérative », explique Diane. Charles, quant à lui, poursuit ses activités à Paris, puis au Luxembourg. Et en 1995, la famille s'installe dans le château familial.

1996

Une chasse privée pour plus de trésorerie

Le dossier agricole est désormais réglé. Mais le domaine, s'il est rentable aux beaux jours, manque cruellement de trésorerie l'hiver. Charles décide alors de créer une chasse commerciale à destination de groupes industriels qui cherchent un cadre unique pour inviter leurs VIP. Durant les mois d'hiver, les week-ends sont rythmés par la réception de groupes d'une dizaine de personnes pour une chasse en battue, dans la pure tradition anglaise, ouverte de mi-octobre à la fin de l'année. Une idée originale qui va permettre de résoudre le problème jusqu'en 2004.

1999

Cession de la moitié des bois

Le Réveillon compte pas moins de 2 000 hectares de forêt. Charles décide, en mars 1999, d'en céder la moitié à la Caisse des dépôts. Bien lui en a pris. Peu après, la tempête qui traverse la France en fin d'année met à terre six années de sa production. Il faut alors dresser rapidement un inventaire des parcelles sinistrées et vendre le bois avant que les cours ne s'écroulent davantage. C'est à cette époque que Charles met en place un outil de cartographie du domaine, indispensable pour gérer efficacement la forêt à distance, en respectant le plan simple de gestion*.

2002-2004

Arrêt des activités

Après dix bonnes années de « services », Diane et Charles changent de cap. Les terres agricoles sont mises en fermage dès 2002 et la chasse est louée en 2006 à un professionnel qui organise des chasses commerciales. « Au cours de la décennie qui vient de s'écouler, nous avons réussi à restructurer et à rendre rentables ces activités », explique Diane. Reste la forêt, que Charles gère avec son logiciel. Un secteur qui revient sur le devant de la scène. Le prix du chêne s'est apprécié de 50 % au cours des deux dernières années. « Politiquement, économiquement et écologiquement, le bois retrouve ses lettres de noblesse. C'est un placement plaisir qui peut générer des revenus et est surtout un outil idéal de transmission de patrimoine », conclut Charles.

2007

Un nouveau métier

Fort de son expérience de gestionnaire de fortunes et de propriétaire gérant, Charles connaît bien les problématiques foncières (gestion, rentabilité, réglementations agricoles et forestières, transmission...). Il a choisi, après toute cette période consacrée à la gestion de son domaine, de réorienter sa carrière vers le conseil foncier et a créé une structure indépendante. Basé à Paris, Foncier Conseil CDM (www.foncier-conseils.fr) accompagne les objectifs patrimoniaux de ses clients, à court, moyen ou long terme. Il s'agit, selon les cas, d'optimiser le développement, la transmission ou la défiscalisation du patrimoine concerné, et d'offrir une approche globale dans quatre grands secteurs d'activité : forestier, agricole, viticole, immobilier (avec le groupe Barnes)

* Le plan simple de gestion (PSG) est un document technique intégrant notamment le programme de coupes et de travaux envisagé par le propriétaire.

Sophie Liotier

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