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La Vie immobilière N° 10Paru le samedi 1 septembre 2007 à 00h00

Mur végétal


Avec ses jardins suspendus, Végétalis est un concept étudié pour habiller des espaces publics et insérer des logements dans une nature hors-sol.

Une façade de fraisiers, de menthe ou de fleurs... Des murs verts, colorés et écolos pour améliorer les ambiances, isoler du bruit et servir d'écran thermique : Jean-François Daures est architecte à Montpellier et travaille sur un concept près d'éclore. Le mur végétal inventé par le botaniste Patrick Blanc il y a une vingtaine d'années fait des émules et se développe suivant des techniques plus simples et moins coûteuses que le système breveté de l'artiste : Greenwall, inventé par Jean-François Daures, Claude Maurette et René Lecoustre (un architecte, un ingénieur et un docteur en écologie), coûte environ 500 euros le mètre carré pour des plantations sans entretien qui ne fanent pas l'hiver.

Le système est breveté et utilisable pour doubler tous types de murs : façades d'immeubles d'habitation et de bureaux, de bâtiments publics, pignons aveugles, dents creuses... Il habille déjà l'une des entrées du zoo de Montpellier. Jean-François Daures a même imaginé une sorte de totem décoratif qu'il tente de vendre aux collectivités locales. Aussi persévérant que convaincant, l'architecte a réussi à intéresser quelques promoteurs qui tentent de mettre au point des programmes de logements ou de bureaux insérés dans cette nature hors-sol. Un immeuble est en projet à Rodez, dans l'Aveyron, avec le promoteur Kalelithos, ainsi qu'un lotissement de maisons à ossature de bois à Montpellier, dont le parement serait constitué de ces façades végétalisées « pas uniquement décoratives ».

Le procédé est simple : des paniers métalliques sont remplis d'un substrat végétal moins lourd que la terre. Les végétaux peuvent s'y développer en pépinière, à l'horizontale, en poussant à travers les mailles du grillage. Les paniers s'accrochent un à un sur une grille qui peut grimper sur plusieurs mètres. « On peut facilement habiller toute une façade, en laissant un vide de quelques millimètres pour permettre au mur de respirer. On fabrique avec cette double peau une inertie thermique et phonique qui peut rivaliser avec des systèmes bourrés de technologie et beaucoup plus coûteux », explique l'inventeur du système. Cette technique est tout de même cinq fois plus onéreuse qu'un enduit ou un revêtement classiques sans propriétés particulières de qualité environnementale. « Je ne suis pas sûr que les acquéreurs achèteront leur appartement plus cher, même s'ils trouvent l'immeuble plus beau ; il faut essayer de rester dans les prix du marché », explique Gilles Amblard, directeur général de Kalelithos. Jean-François Daures, lui, espère un jour installer ses murs sur des façades de grands ensembles en cours de rénovation. « Imaginez comme cela pourrait changer l'image et l'ambiance des quartiers difficiles », rêve-t-il

Catherine Sabbah

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