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La Vie immobilière N° 7Paru le mardi 1 mai 2007 à 00h00

Offrez-vous une piscine


La France compte plus d'1,2 million de piscines privées. Une amélioration du cadre de vie qui se double dans certaines régions d'un impact sur la valeur de la maison.

Canicule en 2003, fortes poussées de chaleur en 2005 et 2006 : les étés sont de plus en plus chauds et la tendance s'annonce durable. Comme la tentation de pouvoir piquer une tête dans la piscine de son jardin. En effet, entre 2000 et 2006, le parc français des bassins privés a augmenté de plus de 76 %.

Indispensable dans le Sud, appréciée dans le Centre

Parallèlement au plaisir de pouvoir se rafraîchir à l'envi, une piscine donne une valeur ajoutée à la maison. Un impact financier qui diffère selon les régions. Plus le climat est chaud, plus l'eau est appréciée. Ainsi, sur le pourtour de la Méditerranée, où les plages sont souvent bondées et difficiles d'accès tant la circulation est dense, une piscine est presque indispensable. Elle l'est en tout cas pour les maisons et villas d'un bon standing. « Pour des biens à partir de 600 000 euros, il doit y en avoir une, insiste Hervé Sayaque, de l'agence Laforêt Immobilier Cannes. A ce niveau de prix, le client attend une qualité irréprochable. » Pour les biens de moindre standing, un bassin constitue un gros plus à la vente. La revalorisation peut atteindre de 5 à 8 %, mais « il n'existe aucune règle d'évaluation », précise Hervé Sayaque. Près de la côte atlantique sud, même son de cloche. « A maisons identiques, entre celle qui est dotée d'une piscine et celle qui ne l'est pas, il y a une différence de prix qui dépasse le coût de la construction », constate Stéphane Meunier, de l'agence éponyme à Biarritz.

C'est dans le centre de la France, dans les régions Centre, Limousin, Auvergne et Bourgogne, que la piscine prend le plus de valeur et peut représenter une réelle plus-value. « C'est un véritable argument de vente, précise Hervé Conort, de l'agence Conort Immobilier à Nevers. C'est même souvent le facteur qui fera pencher la balance. » Pour peu que l'installation soit soignée, une maison avec piscine se vendra mieux et plus vite qu'un bien identique mais non équipé. « Un bassin de 8 m x 4 m, ce qui est la taille moyenne, dans un environnement correct, est évalué à environ 25 000 euros, estime Philippe Florent, de l'agence Century 21 Mazaudon à Périgueux. Il s'agit bien de l'évaluation, pas du coût de la piscine ! Cela peut monter jusqu'à 30 000 euros si le cadre est beau. » Mais attention : cela ne joue que si la vente a lieu au printemps ou en été. Sinon la bâche gâche le paysage et constitue un frein.

Dans la région parisienne, si les installations se multiplient, elles ne constituent pas encore un argument décisif de vente. « Il n'y a pas de demande pour des biens équipés, constate Bruno Weber, de l'agence Côté Jardin à Nogent-sur-Marne. Le temps n'est pas assez ensoleillé ou chaud pour ça. Et puis les clients trouvent que les prix sont déjà élevés. La piscine leur apparaît comme un surcoût inutile. Cependant, de plus en plus de gens prévoient d'en installer une sur leur terrain. »

Plus au nord, en Bretagne, Normandie et Nord - Pas-de-Calais, la présence d'un bassin peut constituer un plus, mais c'est loin d'être une règle. « On a deux mois de beau temps par an, alors une piscine dans la région, si elle n'est pas couverte, c'est ridicule, souligne Fanny Foucoin, de Alençon Immobilier. Comme elle augmente le prix de la maison, cela peut même poser un problème à la vente. » Qui plus est, les côtes de Normandie et de Bretagne regorgent de plages. « Elles sont grandes et nettoyées deux fois par jour par la marée, renchérit Xavier Etrave, de ERA Saint-Malo. D'ailleurs, on a très peu de demandes de biens avec cet équipement : les gens n'en ressentent pas le besoin. »

La situation est un peu différente dans l'est du pays. « Ce n'est pas toujours un produit intéressant dans la région, surtout à cause du temps, observe Pierre Costantini, de Century 21 Aubertin à Epinal. L'été dernier, par exemple, on a été obligé de remettre le chauffage en route... » De fait, une piscine peut constituer un vrai plus pour un bien, mais sous certaines conditions : elle doit être couverte - ou mieux, couvrable et découvrable à volonté -, chauffée et orientée plein sud. « La demande pour des biens équipés est vraiment faible, renchérit Pierre Costantini. Les gens n'ont pas l'occasion de se baigner assez souvent dans l'année pour en ressentir un véritable besoin. »

Les situations sont donc très diverses du nord au sud. Seule exigence commune : le bassin doit être en bon état et aux dernières normes de sécurité. Sinon, le futur acquéreur demandera une révision du prix à la baisse ou se désintéressera de l'affaire.

Choisir le modèle et l'emplacement appropriés

Il existe de nombreux types de piscine : couverte, découverte, enterrée, hors-sol, en béton ou en polyester, recouverte de carrelage, de pierre... Autant de produits différents, qui n'ont pas le même impact sur la valeur de la maison. Ainsi, « un modèle hors-sol constitue plus un frein à la vente qu'autre chose : c'est imposant et laid, constate Philippe Florent. C'est presque une moins-value... Quand on estime un bien avec une telle installation, on ne la prend même pas en compte. » De même, une piscine couvrable, à l'entretien plus aisé, aura toujours plus de valeur qu'un modèle ouvert. Pour un bassin sur mesure en béton - qui ne peut être réalisé que par un professionnel -, les prix démarrent à 25 000 euros. Ceux construits avec des panneaux en acier, en polymère ou en béton, qui peuvent être montés par des spécialistes ou soi-même, coûtent de 5 000 à 15 000 euros en kit et entre 10 000 et 45 000 euros en « prêt-à-plonger ». Vous paierez celles en coque de polyester, entièrement préfabriquées, installées, de 15 000 à 25 000 euros. Enfin, les modèles hors-sol couvrent une large gamme de prix allant de 700 à plus de 10 000 euros.

Concernant l'emplacement, son choix est prépondérant. La Fédération des professionnels de la piscine (FPP) recommande qu'il soit le plus ensoleillé possible, à l'abri des regards indiscrets, éloigné des arbres, orienté dans le sens des vents dominants et intégré harmonieusement dans le paysage. Ensuite, reste à se décider sur les accessoires. Du pratique - les robots de nettoyage, le traitement automatique de l'eau ou encore un système de chauffage du bassin - au purement esthétique - un système créant des vagues, des éclairages immergés à diodes qui changent de couleur...

Le seul accessoire presque indispensable est l'escalier, qui permet un accès plus facile et plus sûr que l'échelle classique.

Planifier la construction

Avant de commencer les travaux, qui durent environ trois mois, il faut prévenir la mairie. Une déclaration préalable est nécessaire pour une piscine hors-sol démontable si sa surface dépasse 20 m2 ou sa hauteur 1 m, ou si elle est semi-enterrée. C'est également le cas pour un bassin non couvert enterré ou semi-enterré. Mais un permis de construire est nécessaire pour une installation couverte. A noter qu'une piscine donne lieu au paiement de la taxe d'habitation - elle est considérée comme une dépendance -, voire de la taxe foncière si sa pose nécessite l'édification d'un cadre en maçonnerie. Les professionnels recommandent de faire construire entre l'automne et le printemps, l'idéal étant de prendre sa décision en hiver. Non seulement les travaux de terrassement sont plus faciles à réaliser entre septembre et décembre, mais, de plus, vous pourrez plonger dès les premiers beaux jours.

Respecter les règles de sécurité

Depuis le 1er janvier 2006, toutes les piscines (sauf celles couvertes ou entièrement hors-sol) doivent être équipées d'un système de sécurité, à choisir parmi les quatre types suivants (il est évidemment possible de les cumuler) : une barrière de protection, une alarme périphérique ou d'immersion (des capteurs disposés autour ou à l'intérieur de la piscine), une couverture rigide ou encore un abri de piscine. Ce dernier est de plus en plus populaire, car il permet à la fois de sécuriser son bassin, d'allonger la saison de baignade et de faciliter l'entretien. Il peut être bas (1,5 m de hauteur) ou haut. Il en existe différentes familles : les amovibles, à partir de 4 500 euros ; les souples, à partir de 5 000 euros ; les fixes, qui ressemblent à des vérandas et peuvent être reliés à l'habitation, à partir de 12 000 euros ; et enfin les télescopiques, qui permettent de couvrir ou de découvrir son bassin avec facilité, à partir de 7 500 euros pour un modèle bas et de 16 000 euros pour un modèle haut. A noter que la FPP met les consommateurs en garde contre l'arrivée sur le marché de produits de sécurité non conformes aux normes édictées par la loi : il faut donc vérifier ce point avec le revendeur.

Une fois ces précautions prises, vos enfants pourront s'entraîner pour gagner, à l'image de Laure Manaudou, quelques médailles d'or...

Jean-Marie Benoist

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