Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 4Paru le jeudi 1 février 2007 à 00h00

Osez la maison écologique


Réaliser des économies en utilisant des énergies renouvelables et des matériaux non polluants : l'écolo attitude va bientôt être rentable... Le tout est de savoir comment procéder.

Les projets de maisons « vertes » se multiplient. Ces habitations qui prennent en compte le développement durable sont maintenant pro-posées par des promoteurs, mais vous pouvez également faire construire ou rénover votre logement en adoptant des solutions écologiques. Et des incitations fiscales augmentent encore l'attrait des travaux qui économisent l'énergie.

Construire

Penser à tout

Avec deux autres familles, les Levet ont bâti en 1994 une maison bioclimatique commune à Saint-Martin-d'Hères, dans l'Isère. « Il faut être méthodique, assure Thomas Levet, et recourir dès que possible aux services d'un architecte pour n'oublier aucun détail. » Car il faut examiner en parallèle plusieurs points : l'orientation de la maison, les matériaux choisis, l'isolation, l'aération et le système de chauffage. Trouver le bon interlocuteur n'est pas un problème : de plus en plus de spécialistes connaissent les contraintes d'un bâtiment écologique.

D'abord, le positionnement de la maison. « Il faut prendre en compte le climat local et le terrain et maximiser l'exposition au soleil », explique John Danglish, de l'association Bâtir sain. A Bordeaux, Régis Daurel a adossé sa maison bioclimatique à un mur de pierre au nord pour la protéger du froid et a aménagé de grandes baies vitrées au sud.

Puis la sélection des matériaux de construction. « L'architecture traditionnelle est un bon exemple à suivre : elle est adaptée au climat et utilise des matériaux locaux, ce qui évite d'avoir à les transporter sur de longues distances. Les fermes en Auvergne ont des murs de pierre épais qui ont une bonne inertie thermique », souligne Hubert Despretz, de l'Ademe. Le bois agit comme un régulateur naturel d'humidité (comme la terre crue) et est un bon isolant ; la brique et la pierre sont mieux adaptées dans des régions au climat plus rude. « La brique garde mieux la chaleur que le bois pour la restituer le soir, explique René Bickel, qui a construit sa maison en Alsace. J'ai choisi de mélanger les deux : la charpente est en bois et les murs en brique. »

Le choix fait, il faut déterminer quel isolant sera utilisé. Liège, chanvre, laine de mouton, laine végétale, les possibilités sont nombreuses. Régis Daurel a retenu le liège pour aller avec ses murs en bois, non seulement pour son efficacité, mais aussi parce que c'est un matériau non inflammable disponible sur place. Pour les vitres, du double, voire du triple vitrage s'impose. L'aération, ensuite. Elle est essentielle pour la santé mais son fonctionnement est souvent gourmand en électricité. Yves Marchand, à Saint-Fulgent (Vendée), a décidé d'installer dans sa maison un puits canadien qui amène de l'air extérieur dans la maison par une tranchée dans le sol. « C'est un système qui, à la fois, renouvelle l'air intérieur et joue un rôle de climatisation naturelle », explique-t-il. Il reste à choisir le type de chauffage voulu, entre chaudière à bois, pompe à chaleur ou panneaux solaires. Ces derniers, installés sur la plupart des maisons bioclimatiques, servent d'appoint pour chauffer l'eau et la maison : chez les Levet, tout un plancher est chauffé par de l'eau portée à la température voulue par les panneaux solaires. Pour être efficaces, ils nécessitent d'être installés sur un pan de toit incliné exposé au sud. Autre élément dépendant de la pente du toit, l'installation d'une cuve pour récupérer l'eau de pluie. Une citerne extérieure suffit pour l'arrosage des jardins. Yves Marchand, lui, a opté pour une cuve de 5 000 litres enterrée et équipée de filtres, ce qui permet de réutiliser l'eau de pluie dans toute la maison.

Pour les finitions, il reste à choisir des produits non polluants (colle, enduit, peinture, traitement des bois...). Ces derniers coûtent souvent le double, voire le triple de leurs équivalents classiques.

Le chantier peut alors commencer, sous contrôle, car il doit avoir un impact limité sur l'environnement. « Il est encore difficile de trouver des artisans locaux qui acceptent de travailler avec ces contraintes. La demande augmentant, cela devrait changer », estime Hubert Despretz. Le surcoût par rapport à une construction classique est en moyenne de 8 à 10 %, mais peut atteindre 20 %. Les économies réalisées permettent un retour sur investissement à plus ou moins long terme. « Ce qui a trait à l'isolation s'amortit en sept à dix ans. Pour le chauffage, il faut compter au minimum de cinq à sept ans. Le plus long, c'est l'eau chaude : entre quinze et vingt ans, indique Hubert Despretz. L'installation de panneaux photovoltaïques se rentabilise, elle, entre trois et huit ans. Mais toutes ces durées ne sont qu'indicatives », conclut le représentant de l'Ademe.

Acheter du neuf

Choisir un label

Si vous préférez acheter, vérifiez que le programme ou le constructeur du bien a reçu une certification démarche HQE (haute qualité environnementale). Ils sont de plus en plus nombreux à sauter le pas. Bouygues Immobilier, par exemple, certifiera Habitat & Environnement (H&E) tous ses programmes à partir du 1er juillet 2007. Pour des raisons d'image, mais aussi parce que la clientèle, d'une part, et les élus locaux, d'autre part, sont de plus en plus intéressés par le sujet. La communauté d'agglomération Pau-Pyrénées a signé en novembre un accord avec Cerqual, l'organisme qui délivre la certification H&E. Objectif : la certification de tous les futurs programmes sur l'agglomération, y compris les logements sociaux.

Solution intermédiaire entre l'achat et la construction, certains architectes proposent des projets clés en main de maisons bioclimatiques. Ils intègrent souvent des concepts novateurs comme les toits végétaux ou les maisons rotatives qui peuvent suivre le rayonnement du soleil, à l'instar de celles, rondes, construites en bois par la société Domespace (voir notre page de couverture).

Rénover

Procéder par touches

Il faut d'abord réaliser un diagnostic performance énergétique (DPE), qui a d'ailleurs été rendu obligatoire le 1er novembre 2006 pour les logements mis en vente, ou un diagnostic thermique, qui se concentre sur le chauffage et l'isolation. Le DPE inclut un volet consacré aux travaux possibles, leur coût, les crédits d'impôt associés, ainsi qu'une estimation des économies d'énergie réalisables et du retour sur investissement. La TVA sur ces travaux n'est que de 5,5 %. Il existe des spécialistes dans le domaine, comme Geoxia Service. Sa filiale Phénix rénove et transforme depuis un an n'importe quel bien de type pavillonnaire, prenant en main le diagnostic et la réalisation des travaux.

Pour les copropriétés, certaines démarches telles que le diagnostic thermique ou le changement d'un système collectif de chauffage supposent l'accord et la participation financière de tous. Mais on peut poser des doubles vitrages, améliorer sa ventilation ou installer des réducteurs de débit d'eau sans consulter ses voisins. « Utiliser pour l'éclairage des ampoules fluocompactes avec des déclencheurs électroniques permet déjà de diminuer sa consommation d'électricité de façon substantielle », indique John Danglish. Dans une habitation écologique, le moindre détail a son importance

Jean-Marie Benoist

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...