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La Vie immobilière N° 11Paru le lundi 1 octobre 2007 à 00h00

Paris ne connaît pas la crise


Alors que l'onde de choc des subprimes traumatise les marchés financiers, les prix de l'immobilier américain enregistrent de nouveaux records dans le luxe.

Mieux vaut être riche et célèbre que... ». L'adage est plus que jamais d'actualité. La starlette Paris Hilton vient de s'offrir pour 5,9 millions de dollars (4,2 millions d'euros) une maison de style « méditerranéen » à Beverly Hills (Californie) : 700 mètres carrés au sol, cinq chambres, autant de salles de bains, et une salle de sport que l'héritière de la chaîne hôtelière a l'intention de transformer en placard à chaussures... L'info est officielle. Elle a été publiée par le Wall Street Journal, qui cite Mauricio Umansky, agent immobilier mais aussi oncle de la jeune femme. L'héritière avait récemment vendu son ancienne demeure sur les collines de Hollywood au prix de 4,25 millions de dollars (quatre chambres, dont une avait été transformée en « dressing de tous les dressings », et trois salles de bains seulement) en empochant 1,35 million de dollars de plus-value.

Tonton est manifestement un bon pro et la crise du marché immobilier américain ne touche pas les milliardaires de la côte Ouest. Plus flambeur encore que Paris Hilton, l'acteur Tobey Maguire (Spiderman) vient, lui, de faire un chèque de 9 millions de dollars pour une villa à Los Angeles, de style anglais, avec huit chambres. Ces dernières nouvelles de l'actualité immobilière heureuse sont particulièrement choquantes alors qu'environ 1 million d'Américains désargentés risquent cette année la saisie de leur logement et que 2 millions d'entre eux devraient être touchés en 2008 et 2009 par la crise des subprimes. Mais elles sont aussi rassurantes. Tout n'est pas perdu si les people continuent à faire valser les millions de dollars ou d'euros. Même si l'ancien patron de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, a comparé la tempête actuelle aux crises de 1987 et de 1998, nous n'en sommes pas encore au remake de 1929, quand les super-riches avaient été acculés au suicide. Malgré ou grâce à un petit séjour en prison qui a encore accru la notoriété de la « célèbre parce que célèbre » night-clubbeuse, Paris Hilton va bien, son chihuahua Tinkerbell aussi et son compte en banque continue de prospérer. Avec un trésor personnel estimé entre 30 et 50 millions de dollars, l'héritière est classée par Forbes au cinquante-sixième rang des célébrités les plus riches, compte non tenu de la cagnotte familiale qui s'est encore enrichie avec la cession cet été de la chaîne des hôtels Hilton pour 26 milliards de dollars.

Paris peut continuer à faire la fête, c'est bon pour la croissance de l'économie américaine et donc de l'économie mondiale. Compte tenu des talents qu'elle affiche, sa fortune peut paraître injuste et immorale. Célèbre parce que célèbre, elle ne fait rien. Mais elle le fait bien. Elle sait, par exemple, créer de la liquidité en monnayant de 150 000 à 200 000 dollars les vingt minutes de ses apparitions dans les fêtes de la jet-set. Ravissante pour certains, idiote pour beaucoup, la bimbo du bling-bling, avec son style sonnant et trébuchant, aurait peut-être des leçons à donner aux grands financiers de la planète. Nos experts ont perdu leurs repères et ne parviennent même pas à mesurer les conséquences du dysfonctionnement du marché du crédit outre-Atlantique. Ils ne savent plus où ils habitent. Même Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, cherche son chemin : « Il faut continuer à réfléchir sur l'attitude à avoir avec toutes les entités non régulées. Les soi-disant conduits et véhicules spéciaux ont été le principal vecteur des turbulences présentes », a-t-il par exemple dit sans proposer de solutions*. Dans le genre entité non régulée, je préfère les « soi-disant » frasques de la fille d'aubergiste aux jeux spéciaux et dangereux des golden boys des marchés financiers

* Le 11 septembre, devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Françoise Rey, rédactrice en chef

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