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La Vie immobilière N° 10Paru le samedi 1 septembre 2007 à 00h00

Pas de crise du logement en France


Les déboires du marché immobilier américain ont secoué cet été les Bourses. Ces turbulences peuvent-elles avoir des conséquences sur le secteur du logement en France ?

O. M. Les marchés américains et européens sont décorrélés. La crise américaine, qui a l'air très sévère, n'a pas d'impact direct de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais les remous financiers peuvent avoir des répercussions auprès des établissements bancaires européens et conduire à une prudence plus grande en matière de financement des projets. L'Amérique a toujours été sujette à des cycles immobiliers prononcés. Elle a connu une période de fort développement pendant une dizaine d'années, il n'est pas anormal que son marché résidentiel se contracte.

Comment analysez-vous la situation française ?

La demande est là, elle est très forte. Elle est due à l'évolution démographique et à l'allongement de la durée de vie. Encore faudrait-il fournir une offre adaptée et à des prix acceptables. De nombreux facteurs, notamment le foncier, renchérissent le coût des logements. Les mesures gouvernementales concernant la déductibilité des intérêts d'emprunt permettent d'absorber une hausse de 0,5 à 1 point des taux, dont la progression n'est d'ailleurs pas inéluctable. Même si l'allongement de la durée des crédits commence à trouver ses limites, les courbes de solvabilité de nos clients, que nous surveillons de près, restent stables. Avec un prix de vente moyen raisonnable, entre 225 000 et 230 000 euros TTC (soit 60 m2 à 3 500 euros plus un parking), je suis confiant pour les mois à venir. Après l'attentisme de la période électorale, l'activité a repris normalement, au même rythme que l'an dernier. Les délais de vente s'allongent toutefois un peu, la transaction se finalise à la troisième visite et non plus à la deuxième. Mais le marché reste sain.

Que faudrait-il pour améliorer la politique du logement ?

Rien n'est fait pour que le prix des logements baisse. L'empilement et la complexité des réglementations, la surenchère des normes techniques... tout concourt à l'inflation immobilière. Le gouvernement devrait simplifier la législation et faciliter la création de terrains à bâtir. Pour que tous les Français trouvent à se loger, il suffirait d'arrêter toute aide à la pierre pour renforcer le rôle d'une APL (aide personnalisée au logement) conséquente, personnalisée, décentralisée et étroitement gérée. Je suis favorable à un droit commun qui s'applique à tous et non à la multiplication des exceptions. En tant que promoteur, je n'ai pas intérêt à prôner la suppression des aides fiscales à l'investissement locatif tels les dispositifs Borloo ou Robien. J'estime néanmoins que l'argent dépensé à cet effet pourrait probablement être mieux utilisé au bénéfice de l'économie globale. Il n'existe pas de crise du logement mais une offre qui ne s'exprime pas, car on fait tout pour la juguler. On organise la pénurie en niant les lois du marché.

Vous êtes présent dans d'autres pays européens, notamment en Espagne, dont le secteur immobilier suscite des inquiétudes. Qu'en est-il ?

L'Espagne a connu une très forte demande qui a considérablement renchéri le prix de l'immobilier. Cette tendance est en train de s'assagir. La conjoncture n'est pas uniforme, des marchés différents cohabitent. Pour les résidences secondaires sur les côtes espagnoles où l'offre est abondante, les promoteurs doivent souffrir. Mais à Barcelone, Madrid et Valence, où nous sommes présents en résidence principale, il n'y a pas spécialement d'excédent. Entre la France, l'Espagne, l'Allemagne et dorénavant la Pologne, nous travaillons dans des marchés qui peuvent être complémentaires. Quand l'un ralentit, un autre redémarre. C'est le coeur de notre stratégie paneuropéenne. Le ralentissement espagnol sera ainsi compensé par le redressement allemand. Nous fondons aussi beaucoup d'espoir sur la Pologne, où les besoins sont énormes et où nous allons lancer en octobre, à Lodz, un programme de 330 logements

Propos recueillis par Françoise Rey

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