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La Vie immobilière N° 12Paru le jeudi 1 novembre 2007 à 00h00

Pierre précieuse sur la Côte d'Emeraude


Entre Saint-Malo et Saint-Cast, les demeures les mieux situées sont de grandes maisons familiales que les propriétaires rechignent à céder.

La Côte d'Emeraude doit son nom à la couleur de la mer et les villes qui la bordent ont su trouver chacune son caractère : Saint-Malo, marquée par son passé de cité corsaire, Cancale, ville ostréicole depuis bien avant l'occupation romaine, et Dinard, découverte par les Britanniques et qui reste, avec Saint-Lunaire, Saint-Briac et Saint-Cast, le choix de l'aristocratie. Dans ce cadre de carte postale, le marché de l'immobilier est atypique. Les maisons offrant une vue sur mer sont rares et celles les pieds dans l'eau, exceptionnelles. Mais elles offrent des spectacles à couper le souffle : rochers déchiquetés, mers changeantes et, pour les plus chanceux, vue sur le Mont - Saint-Michel bien sûr - ou l'île de Bréhat.

« Un demi-million d'euros, ce n'est pas assez pour une propriété avec vue sur la mer, annonce d'emblée Richard Bryon, négociateur à l'agence Blot Immobilier de Saint-Malo. A ce prix-là, dans la cité malouine, on trouve plutôt des appartements ou des maisons situés à une centaine de mètres de la mer, dans les rues perpendiculaires à la chaussée du Sillon ou à l'avenue Pasteur, au niveau des Thermes marins ou de Rochebonne. Ce sont des maisons à étages de 150 m² habitables avec des séjours de 30 à 40 m², quatre ou cinq chambres et un jardin de 400 m² environ. »

Dix acheteurs pour des biens de 3 millions

Côté acquéreurs, les professionnels sont unanimes : ce sont des gens qui disposent d'un gros budget, le plus souvent des Parisiens, plutôt originaires de la région. « Il s'agit en général d'entrepreneurs ou de personnes bénéficiant d'un capital à la suite d'une succession ou de la vente d'un bien ou d'une entreprise », précise Me Laurent Cozic, notaire à Dinard. « Sur la Côte d'Emeraude, pour avoir une vue sur mer, il faut compter de 800 000 à 900 000 euros. Les produits sont de qualité inégale, mais les travaux n'effraient pas les acquéreurs de ce type de bien. » Le marché reste assez soutenu jusqu'à un montant de 700 000 euros. Il devient moins fluide à 1 million et confidentiel au-delà de 1,5 million. On trouve toutefois plus de dix acheteurs potentiels pour des biens exceptionnels supérieurs à 3 millions d'euros.

La clientèle comprend peu d'étrangers. « Des Britanniques, quelques Néerlandais et des Belges commencent pourtant à s'intéresser au marché », précise Richard Bryon, qui conseille aux personnes ne connaissant pas la région de prendre le temps de se promener et de chercher pour ne pas se tromper de site. « Nous sommes sur un marché difficile, les clients attendent pour effectuer le bon achat au bon emplacement et le conserver quelque temps. Acheté au juste prix, c'est un bien qui prendra forcément de la valeur. Il ne faut pas faire de spéculation. Ici, nous avons un marché familial fondé sur un esprit de tradition, pas sur du clinquant », conclut-il

Elizabeth Pantou-Vincent

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